La situation de la COVID-19 au Québec et comparaisons nord-américaines et internationales

Mise à jour du 25 novembre 2021

Voir également

Surmortalité hebdomadaire en 2020 et 2021 en lien avec la COVID-19 au Québec et ailleurs dans le monde.

En résumé

Au cours de la dernière semaine, le nombre quotidien moyen de nouveau cas a augmenté de 18 %. Les taux les plus élevés de nouveaux cas ont été observés chez les personnes de moins de 20 ans.  L’augmentation des taux de nouveaux cas s’observe dans la majorité des groupes d’âge À l’échelle des régions, le Nunavik, l’Estrie, Chaudière-Appalaches, les Laurentides et Montréal rapportent les taux les plus élevés. Les taux d’hospitalisations sont demeurés stables au cours de la dernière semaine. Enfin, la vaccination permet de diminuer fortement le risque de contracter le virus et d’être hospitalisé.

Les comparaisons internationales montrent que le taux de nouveaux cas atteint des sommets dans des pays européens moins touchés jusqu’à tout récemment par la pandémie. En Norvège, au Danemark ou en Allemagne, le taux  quotidien moyen dépasse les 300 cas par million, comparativement à 75 cas par million au Québec.

1. La situation au Québec
2. Comparaisons nord-américaines
3. Comparaisons internationales


1. La situation au Québec

Lorsqu’un décès survient par COVID-19, celui-ci est l’aboutissement d’une série d’événements qui peuvent s’étendre sur plusieurs semaines. Le suivi de la mortalité ne constitue donc pas une mesure permettant de détecter rapidement une reprise de la COVID-19 dans la population, ni une diminution. Il est donc nécessaire de suivre les événements en amont qui mènent dans les cas les plus sévères aux décès, en commençant tout d’abord par les cas confirmés puis après les admissions à l’hôpital et celles en soins intensifs.

Le graphique suivant présente l’évolution des nombres quotidiens moyens liés à ces événements depuis le 25 mars 2020. À noter que les nombres de nouveaux cas confirmés et d’hospitalisations en cours sont présentés sur une échelle secondaire située à la droite du graphique alors que les décès et les soins intensifs en cours se rapportent à l’échelle de gauche. L’évolution des différentes courbes montrent bien les quatre vagues de la pandémie. La première a débuté au mois de mars 2020 et s’est terminée au mois de juillet alors que la deuxième est apparue au début de septembre 2020 et s’est étendue jusqu’à la fin mars 2021. Lors de la deuxième vague, les nouveaux cas quotidiens ont dépassé au mois de décembre le sommet atteint durant le pic du printemps en avril et mai 2020.

À la mi-mars 2021, les cas quotidiens,  les hospitalisations totales ainsi qu’en soins intensifs ont recommencé à augmenter et le Québec est passé dans la troisième vague. Les décès n’ont cependant pas augmenter de façon tangible. Au début d’avril, a débuté une diminution des cas quotidiens qui s’est étendue dans les semaines suivantes aux hospitalisations totales et en soins intensifs. Cette diminution des différents événements associés à la COVID s’est prolongée jusqu’au début juillet. Cela a entraîné la mise en place, par le gouvernement, d’un plan de déconfinement, en plusieurs étapes qui devait s’étendre sur plusieurs mois.

Entre la deuxième semaine de juillet et la troisième semaine de septembre, le nombre de nouveaux cas quotidiens a, pour une quatrième fois, amorcé une remontée. S’en est suivie une hausse des hospitalisations et des décès.  À la fin de septembre, les cas ont tout d’abord diminué pour atteindre, par la suite, un plateau et finalement remonter au cours des quatre dernières semaines. Les hospitalisations totales et en soins intensifs ainsi que les décès semblent avoir atteint un sommet après une diminution de plusieurs semaines.

En date du 23 novembre 2021, on dénombrait une moyenne quotidienne de 757 nouveaux cas, 203 hospitalisations totales, 45 en soins intensifs, 31 décès et un taux de positivité de 4,4 %. En comparaison, on enregistrait, un an auparavant, en date du 23 novembre 2020, 1175 nouveaux cas, 645 hospitalisations totales, 94 en soins intensifs, 31 décès et un taux de positivité de 2,6 %.

 

Le graphique suivant permet de suivre l’évolution de la proportion de tests positifs depuis le début de la pandémie. Cette information permet de mesurer l’ampleur de la contagion dans la population. Durant la première vague de la pandémie, le niveau de positivité a atteint un sommet de 14 % à la fin avril pour diminuer rapidement. Le niveau de positivité a recommencé à grimper en septembre pour plafonner à près de 10 % au début de janvier 2021. Par la suite, il a fortement diminué pour atteindre un plancher de 2,5 %. Durant la troisième vague, le taux de positivité est passé de 2,5 % à plus de 4 % pour redescendre pendant trois mois et atteindre 0,5 % au début juillet. Depuis le début de la quatrième vague, le taux de positivité a atteint un sommet de 3,2 % au début du mois de septembre. Depuis ce temps, il a tout d’abord baissé à 1,51 pour ensuite remonter et se situer à 2,32 %.

 

Le graphique suivant permet de comparer les taux de nouveaux cas moyens selon le groupe d’âge des 7 derniers jours en date du 23 novembre 2021. Pour l’ensemble de la population, le taux s’établit à 88 cas par million d’habitants.  Les 0-9 ans et les 10-19 ans rapportent les taux les plus élevés avec des valeurs supérieures à 150 cas par million. Suivent les 30-39 ans et les 40-49 ans avec des taux de l’ordre de 100 cas par million. Chez les 60 ans et plus, les taux sont inférieurs à 40 cas par million.

Au cours de la dernière semaine, le taux de nouveaux cas a augmenté de 18 % dans l’ensemble de la population. Les taux ont augmenté dans tous les groupes d’âge sauf chez les 90 ans et plus, qui ont commencé à recevoir une troisième dose depuis plusieurs semaines.

 

Le taux quotidien moyen de nouveaux cas est de 88 par million de personnes à l’échelle du Québec durant la dernière semaine. Cinq régions dépassent le seuil des 100 cas par million : Nunavik, Estrie, Chaudière-Appalaches, Laurentides et Montréal. La majorité des régions a enregistré une hausse au cours de la dernière semaine. Dans 4 régions la hausse dépasse les 30 % : Abitibi-Témiscamingue, Bas St-Laurent, Lanaudière et Estrie.

 

En date du 23 novembre, le taux quotidien moyen d’hospitalisation en cours est de 24 par million. IL augmente rapidement avec l’âge pour passer de 1 par million chez les 10-19 ans à 168 par million chez les 90 ans et plus. Au cours de la dernière semaine, le taux est demeuré stable. Mais il a augmenté de plus de 70 % dans le groupe des 30-39 ans.

 

À l’échelle des régions du Québec, le taux d’hospitalisation atteint les valeurs les plus élevées au Nunavik, puis à Montréal et sur la Côte-Nord.

 

Au cours des 7 derniers jours, la proportion de tests positifs a été de 2,7 % pour l’ensemble de la population. La proportion atteint un maximum de 4,1 % dans le groupe des 10-19 ans. Sauf chez les 90 ans et plus, dans tous les groupes d’âge, le taux de positivité a légèrement augmenté.

 

Le Nunavik, avec un taux de positivité de 8 %, constitue la région la plus touchée suivie de l’Estrie et de Chaudière-Appalaches. Au cours de la dernière semaine, le taux a augmenté dans la plupart des régions et à l’échelle de l’ensemble du Québec, il est passé de 2,3 % à 2,7 %.

 

En date du 1er novembre, 80 % de la population totale a reçu une première dose du vaccin. Chez les personnes de 50 ans et plus, plus de 95 % de la population a reçu une première dose. Dans les groupes les plus jeunes, la proportion se situe autour de 85 %.

En ce qui concerne la population ayant reçu deux doses les proportions sont de 77 % pour l’ensemble de la population et de 88 % chez les 12 ans et plus. Plus de 94 % des personnes sont complètement vaccinées chez les 50 ans et plus.

 

D’une région à l’autre, la proportion de la population totale ayant reçu au moins un vaccin varie entre 62 % et 83 %.  En ce qui concerne la population adéquatement vaccinée, le pourcentage fluctue entre 52 % et 81 %.

 

Depuis le mois de juillet, le gouvernement du Québec diffuse des données sur la COVID selon trois catégories de statut vaccinal des personnes concernées  :

  • Non vaccinées ou ayant eu une première dose depuis moins de 14 jours (non protégées)
  • Ayant reçu une première dose depuis 14 jours ou plus et n’ayant pas eu une deuxième dose depuis plus de 6 jours (partiellement protégées)
  • Ayant reçu une deuxième dose depuis 7 jours ou plus (adéquatement protégées).

Afin de simplifier ces catégories, les appellations non protégées, partiellement protégées et adéquatement protégées ont été retenues.

Les données rendues disponibles fournissent, entre autre, le risque de contracter un infection ou d’être hospitalisé, chez les personnes non protégées ou partiellement protégées, par rapport aux personnes qui sont adéquatement protégées. Ces risques sont calculés à partir des taux ajustés selon l’âge des nouveaux cas et des hospitalisations pour chacun des trois statuts vaccinaux. L’ajustement des taux selon l’âge permet ainsi d’éliminer l’effet des différences dans la structure par âge des trois catégories comparées. Ainsi la population adéquatement protégée présente une structure par âge beaucoup plus vieille que les deux autres catégories car le taux de vaccination augmente avec l’âge et atteint plus de 90 % de la population dans les groupes les plus vieux. De plus, les enfants de moins de 12 ans se concentrent essentiellement dans la catégorie des personnes non protégées.

Le graphique suivant présente les risques relatifs d’être infectés et d’être hospitalisés calculés pour les 28 derniers jours en date du 24 novembre 2021. Si on établit le risque à 1 pour les personnes adéquatement protégées, il passe à 1,8 fois dans le groupe des partiellement protégées et à 3,8 fois dans celui des non protégées.

Dans le cas des hospitalisations,  le risque d’être hospitalisé chez les personnes non protégées est 16 fois celui des personnes adéquatement protégées. Pour les personnes partiellement protégées, le risque relatif d’être hospitalisé est de 3 fois.

 

Statistique Canada a publié des données sur les causes de décès selon la semaine, par province, depuis 2010 jusqu’au début de mars 2021. Les données semblent relativement complètes jusqu’à la semaine du 17 juillet 2021. Par la suite, les données sont plus partielles et les nombres chutent drastiquement.

Ces données permettent ainsi de comparer l’évolution des différentes causes de décès en 2019, 2020 et 2021 et de voir l’importance relative des décès par COVID.  Ainsi le graphique suivant montre bien que lors de la première vague de la pandémie, au printemps 2020, ainsi que durant la deuxième vague, de novembre 2020 jusqu’à la fin de février 2021, les décès par COVID (en rouge sur le graphique) se sont ajoutés aux autres décès et ont entraîné une forte surmortalité. Bien que les décès par COVID ont précipité la mort de nombreuses personnes en fin de vie en CHSLD, les décès des deux premières causes de décès, les tumeurs et les maladies du cœur n’ont diminué que légèrement pendant les semaines où la pandémie était à son pic. Lors de la troisième vague, au printemps 2021, le nombre de décès par COVID a été très faible.

 

Les données de Statistique Canada permettent également de voir la répartition pour l’ensemble de l’année 2020 et du 1er janvier au 17 juillet pour 2021, des différentes causes de décès. Les catégories retenues par Statistique Canada  ne sont pas très détaillées et ne permettent pas de comparer des causes importantes comme les tumeurs malignes du poumon. En 2020, parmi les causes retenues, la COVID-19 constitue, avec 11 % des décès, la troisième cause de décès après les tumeurs, 28 % et les maladies du cœur, 16 %. Pour la première moitié de 2021, la COVID-19 représente 6 % des décès alors que les tumeurs et les maladies du cœur rapportent sensiblement les mêmes pourcentages qu’en 2020.

2. Comparaison nord-américaines

Les trois graphiques suivants mis en parallèle permettent de résumer la situation actuelle de la COVID-19 entre les provinces canadiennes et les états américains de plus de 4 millions d’habitants. On peut ainsi voir le classement de ces territoires selon la proportion de personnes doublement vaccinés, le taux quotidien moyen de nouveau cas et le taux de mortalité.

On peut ainsi observer que grâce à leur niveau élevé de double vaccination, le Québec et l’Ontario présentent des taux parmi les plus faibles de mortalité et de nouveaux cas. À l’échelle des pays, le taux de mortalité des États-Unis représente 4 fois celui du Canada. L’Alberta et la Colombie-Britannique affichent les taux les plus élevés de mortalité parmi les territoires canadiens comparés.

3. Comparaison internationales

L’Europe connaît actuellement une flambée des nouveaux cas de COVID-19. Quatre pays affichent des taux de plus de 1000 nouveaux cas par million d’habitant, la République tchèque, l’Autriche, la Belgique et les Pays-Bas. En comparaison, le Canada et le Québec présentent des taux de moins de 100 cas par million. Les pays de l’Amérique du Sud, l’Argentine, le Pérou, le Brésil et la Colombie semblent bénéficier d’une accalmie avec des valeurs de moins de 50 par million. Pour certains pays comme l’Autriche, le taux élevé d’infection est plus associé au nombre de tests effectués qu’au niveau de positivité. C’est l’inverse pour le Brésil et la Colombie qui effectuent peu de tests par habitant. On peut noter que l’Autriche avec un taux de positivité comparable à celui du Québec enregistre un taux de nouveaux cas 17 fois celui du Québec.

Le prochain graphique présente deux mesures plus robustes pour décrire le niveau de sévérité de la pandémie dans un pays : le taux d’hospitalisation et le taux de mortalité. À ces deux mesures, s’ajoute le pourcentage de personnes doublement vaccinées. Ces trois données nous permettent de voir que le Québec et le Canada se positionnent favorablement avec des taux d’hospitalisation et de mortalité parmi les plus bas et des pourcentages de personnes doublement vaccinées parmi les plus élevés. À l’opposé, des pays comme la Russie, la République Tchèque et  les États-Unis se classent désavantageusement pour les trois mesures.

Cependant, les taux d’hospitalisation et de mortalité par COVID-19 dans une population ne dépendent pas seulement du taux de vaccination mais également d’autres facteurs comme les mesures de distanciation sociale, l’intervalle entre les différentes doses administrées et le temps écoulé depuis la dernière vaccination.   Certains pays européens, comme l’Allemagne ou la Norvège, qui avaient été relativement peu touchés depuis le début de la pandémie affichent pour la première fois des taux de mortalité très élevés. À l’opposé, à d’autres endroits, dont Israël, après avoir atteint des sommets records, le taux a enregistré un plongeon remarquable.

Les commentaires sont fermés