Cas et décès liés à la COVID-19 au Québec : comparaisons nord-américaines et internationales.

Voir également Surmortalité hebdomadaire en 2020 en lien avec la COVID-19 au Québec et ailleurs dans le monde.

1. Limites des données sur la COVID-19
2. Situation au Québec  Mise à jour du 19 janvier.
3. Situation du Québec sur le plan canadien Mise à jour du 15 janvier 2021.
4. Situation du Québec sur le plan nord-américain Mise à jour du 17 janvier.
5. Situation du Québec sur le plan international Mise à jour du 17 janvier.

En résumé

Au Québec, certaines mesures comme le nombre de nouveaux cas et de cas actifs ainsi que le pourcentage de tests positifs montrent depuis plus d’une semaine une baisse importante. Par contre, les hospitalisations et les décès continuent d’afficher des niveaux élevés. Tous les groupes d’âge et la majorité des régions ont bénéficié de la baisse de nouveaux cas observées à l’échelle de l’ensemble du Québec.

Dans les comparaisons nord-américaines, le Québec et le Canada se comparent favorablement. On observe tout d’abord un clivage important entre les provinces canadiennes et les états américains qui avantage fortement les premières. La pandémie est beaucoup mieux contrôler au Canada qu’aux États-Unis. D’ailleurs au cours de la dernière semaine, le Québec, l’Alberta et la Colombie-Britannique ont vu leur taux de nouveaux cas diminuer de 10 %. Sur le plan international, depuis le début de la deuxième vague à la fin de l’été, le Québec se compare assez favorablement. Les données les plus récentes montrent que la situation s’améliore au Québec contrairement à bien des pays. Des pays européens peu touchés lors de la première vague, comme le Danemark ou l’Allemagne, se retrouvent dans une position plus fâcheuse que le Québec et le Canada. Cependant, d’autres pays semblent avoir atteint un sommet et commencent à montrer une diminution de la mortalité et des nouveaux cas. Le Québec et le Canada se comparent plutôt avantageusement en ce qui concerne la proportion de la population ayant reçu une dose d’un vaccin contre la COVID.

1. Limites des données sur les décès par COVID-19

La comparaison des données sur la COVID-19 au Québec et ailleurs dans le monde nécessite de la prudence. Les cas détectés d’un pays à l’autre, la statistique la plus utilisée dans les médias, peuvent dépendre de l’intensité des tests et des critères utilisés pour retenir les cas. Les cas les plus graves, soient ceux menant à une hospitalisation en soins intensifs ou à un décès, sont mieux comptabilisés. En l’absence actuellement de données disponibles pour les hospitalisations dans les différents pays, la statistique la plus fiable pour comparer le Québec à d’autres états demeure les taux de mortalité.

Dans plusieurs des pays, les statistiques sous-estiment les décès par COVID-19. Une analyse complémentaire de la surmortalité pour l’année 2020 par rapport aux années précédentes permet d’obtenir une idée de l’ampleur de cette sous-estimation.  Ainsi, les statistiques sur les décès par COVID-19 au Québec seraient parmi les plus complètes au monde.. Cela pourrait expliquer en partie pourquoi les taux de mortalité par COVID-19 présentés ici pour le Québec peuvent sembler élevés dans les comparaisons internationales et nord-américaines. L’autre facteur principal à considérer dans les taux élevés du Québec est la proportion particulièrement élevée de personnes en établissement pour personnes âgées (CHSLD publics et privés, résidences pour personnes âgées) décédées de la COVID-19. Afin de réduire les variations quotidiennes des données dues à différents facteurs, jours fériés, fins de semaine, rattrapages ponctuels dans la compilation et l’enregistrement des décès, des moyennes mobiles sur 7 jours sont souvent utilisées.

Depuis le début de l’automne, les nouveaux cas confirmés de COVID-19 sont à la hausse tant au Québec que dans la plupart des pays. Des graphiques présentant les données les plus récentes sur les cas confirmés ont été ajoutés tant dans la section sur la situation au Québec que dans les autres relatives aux comparaisons nord-américaines et internationales.

Les données les plus récentes couvrent le début du congé des fêtes. Elles décrivent moins précisément la réalité puisque durant cette période, les tests offerts sont moins nombreux et les personnes sont moins portées à ce faire tester. De plus, pour les journées entourant Noël et le jour de l’an, les informations ne sont pas rapportées par les autorités gouvernementales. Ces facteurs affectent les comparaisons dans le temps et entre territoires. Les données sur les nouveaux cas sont plus touchées car elles dépendant beaucoup du nombre tests de dépistage. Celles sur les décès devraient être plus précises.

2. Situation au Québec

Lorsqu’un décès survient par COVID-19, celui-ci est l’aboutissement d’une série d’événements qui peuvent s’étendre sur plusieurs semaines. Le suivi de la mortalité ne constitue donc pas une mesure permettant de détecter rapidement une reprise de la COVID-19 dans la population, ni une diminution. Il est donc nécessaire de suivre les événements en amont qui mènent dans les cas les plus sévères aux décès, en commençant tout d’abord par les cas confirmés puis après les admissions à l’hôpital et celles en soins intensifs.

Le graphique suivant présente l’évolution des nombres quotidiens liés à ces événements depuis le 25 mars. À noter que les nombres de nouveaux cas confirmés ainsi que des hospitalisations totales en cours et en soins intensifs sont présentés sur une échelle secondaire située à la droite du graphique. L’évolution des différentes courbes montrent bien les deux vagues de la pandémie. La première a débuté au mois de mars et s’est terminée au mois de juillet alors que la deuxième sévit depuis le début de septembre. Dans la deuxième vague, les nouveaux cas quotidiens ont dépassé au mois de décembre le sommet atteint durant le pic du printemps en avril et mai.

Depuis le début de septembre, l’évolution des cas quotidiens s’est faite en quatre temps : une première hause rapide en septembre, suivie de deux plateaux en octobre et en novembre, d’une hausse importante en décembre et au début janvier et, enfin, d’une baisse rapide depuis une dizaine de jours.  D’un autre côté, les hospitalisations, totales et en soins intensifs, ainsi que les décès affichent une hausse assez régulière depuis la fin de septembre. Alors que le nombre actuel de décès est encore loin des niveaux observés au printemps, le nombre d’hospitalisations s’en rapproche rapidement.

 

Le graphique suivant permet d’examiner l’évolution des nouveaux cas quotidiens en parallèle avec la proportion de tests positifs. Lors de la première vague, de mars jusqu’à la fin du mois d’août, les deux courbes évoluent de façon similaire. À partir du mois de septembre, avec la hausse du nombre de tests quotidiens, les nouveaux cas augmentent beaucoup plus rapidement que la proportion de tests positifs. Malgré tout, ce pourcentage est passé de 1 % au début de septembre à plus de 9 % au début janvier 2021. Depuis le début de la deuxième semaine de janvier, le pourcentage de tests positifs, comme le nombre quotidiens de cas, a chuté et se situe actuellement au niveau observé à la mi-décembre.

 

 

Les deux graphiques ci-dessous décrivent la répartition selon l’âge des cas confirmés et des décès, durant la première vague, avant le 1er septembre et durant la deuxième vague, depuis le 1er septembre. Il est ainsi possible de comparer la distribution selon l’âge entre les deux vagues. Dans le graphique de gauche qui porte sur les cas confirmés, l’on peut voir un déplacement des cas dans les groupes les plus jeunes. L’importance relative des moins de 20 ans est passé de 9 % avant le 1er septembre à 21 % depuis. À l’inverse, chez les 80 ans et plus, la proportion a diminué de 19 % à 8 %.

Dans le cas des décès, la répartition selon l’âge a peu varié d’une vague à l’autre.

 

À partir du 1er septembre, le taux quotidien moyen de nouveaux cas s’est accentué rapidement dans les différents groupes d’âge. Jusqu’à la fin de la première semaine d’octobre, les 10-19 ans et les 20-29 ans suivaient une progression identique et se démarquaient des autres groupes d’âge. Par la suite, le taux chez les 80 ans et plus s’est mis à monter et à dépasser les autres groupes d’âge. En décembre et dans la première semaine de janvier, tous les groupes d’âges ont vu leur taux augmenter considérablement. Dans les dix derniers jours, tous les groupes d’âge ont bénéficié d’une baisse sensible. Les enfants de 0-9 ans et les adultes de 60-79 ans affichent les taux les plus faibles.

 

Le graphique suivant permet de comparer les taux de nouveaux cas selon le groupe d’âge pour la période du 11 au 17 janvier. Les personnes de 90 ans et plus présentent le taux le plus élevé suivi de loin par les 80-89 ans et les 20-29 ans. Les enfants de 0-9 ans ainsi que les personnes de 60-69 ans et de 70-79 ans affichent les taux les plus faibles.

Par rapport à la période précédente de 7 jours, le taux a diminué de 25 % dans l’ensemble de la population. Tous les groupes d’âge ont bénéficié d’une baisse. Dans la majorité des groupes d’âge, la baisse a été de plus de 20 %. Trois groupes d’âge font exception, les personnes de 80 ans et plus et les enfants de 0-9 ans.

 

Le graphique suivant présente les taux quotidiens de nouveaux cas par région pour la même période. Le taux de l’ensemble du Québec est de 223 cas par million. Deux régions affichent un taux supérieur : Laval et Montréal.

Par rapport à la semaine précédente, toutes les régions, sauf celles peu touchées jusqu’à tout récemment par la pandémie, affichent une baisse importante de nouveaux cas.

 

La proportion de tests positifs permet d’avoir une mesure plus précise du niveau d’infection de la population des différentes régions. Le taux à l’échelle du Québec est de 6 %. Il varie de 0,4 % en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine à 9,2 % à Montréal.

 

En date du 1er septembre, le taux de décès de l’ensemble du Québec est de 679 décès par million d’habitants. Les régions de Laval et de Montréal présentent les taux les plus élevés, dépassant 1 500 décès par million.  Quatre autres régions présentent des taux relativement élevés, elles sont dans l’ordre, Montérégie, Laurentides, Lanaudière et Mauricie-Centre-du-Québec.

Lors de la deuxième vague, depuis le 1er septembre, l’ordre des régions les plus touchées par la mortalité par COVID-19 s’est modifié. Ce sont la Capitale-Nationale, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et Chaudière-Appalaches qui affichent les niveaux de mortalité les plus forts. Montréal et Laval se retrouvent sous la moyenne québécoise.

 

Pour les 17 premiers jours de 2021,  quatre régions montrent un taux de mortalité supérieur à celui du Québec, dans son ensemble, qui est de 85 pour 1 million :  Capitale-Nationale, Estrie, Montréal et Montérégie.

Le nombre de décès a augmenté de 7 % au Québec par rapport au 17 derniers jours de 2020. Dans quatre régions, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Laurentides, Montréal et Laval,  le nombre de décès s’est accru de plus de 30 %. Deux régions ont enregistré une baisse importante : le Saguenay-Lac-St-Jean et l’Estrie.

 

On observe des modifications dans la répartition des décès selon le milieu de vie entre les deux vagues de la pandémie. Avant le 1er septembre, les CHSLD regroupaient plus des deux tiers des décès alors que depuis le 1er septembre, 40 % des décès sont survenus dans ce milieu. Dans les trois autres milieux, les domiciles, les résidences privées pour aînés (RPA), les ressources intermédiaires (RI) et autres, les proportions ont augmenté, notamment chez les personnes à domicile où la proportion de décès a presque triplé.

 

Depuis le 14 décembre le Québec a commencé à administrer des doses de vaccins contre la COVID. Jusqu’à maintenant plus de 160 000 doses ont été données. Fait encourageant, cette mesure importante de lutte contre la contagion de la COVID se fait pendant que le nombre de cas actifs est passé de 27 000 à moins de 20 000 en une semaine.

 

À l’échelle du Québec, le taux de doses administrées est de 1,9 %. Dans la région crie, ce taux approche les 25 % alors qu’il est de 1 % dans le Nord-du-Québec et de 0 % au Nunavik. Dans les autres régions, il varie entre 4 % en Gaspésie-îles-de-la-Madeleine et 1,5 % dans les Laurentides, Lanaudière et l’Outaouais.

 

Statistique Canada a récemment publié des données sur les causes de décès selon la semaine, par province, pour l’année en cours jusqu’à la fin octobre. Les données semblent relativement complètes jusqu’à la semaine du 19 septembre. Par la suite, les données sont plus partielles et les nombres chutent drastiquement.

Ces données permettent ainsi de comparer l’évolution des différentes causes de décès en 2019 et 2020 jusqu’à l’apparition des décès par COVID-19. Ainsi le graphique suivant montre bien que lors de la première vague de la pandémie, les décès par COVID (en rouge sur le graphique) se sont ajoutés aux autres décès et ont entraîné une forte surmortalité. Bien que les décès par COVID ont précipité la mort de nombreuses personnes en fin de vie en CHSLD, les décès des deux premières causes de décès, les tumeurs et les maladies du cœur n’ont pas diminué pendant les semaines où la pandémie était à son pic.

 

Les données de Statistique Canada permettent également de voir la répartition en 2020, jusqu’à la mi-septembre, des différentes causes de décès. Les catégories retenues par Statistique Canada  ne sont pas très détaillées et ne permettent pas de comparer des causes importantes comme les tumeurs malignes du poumon. Parmi les causes retenues, la COVID-19 constitue, avec 12 % des décès, la troisième cause de décès après les tumeurs, 29 % et les maladies du cœur, 16 %.

3. Situation du Québec sur le plan canadien

L’Agence de la santé publique du Canada diffuse quotidiennement des données sur la COVID-19 pour l’ensemble du Canada et les différentes provinces. Contrairement aux données fournies par l’Institut national de santé publique du Québec, celles-ci sont présentées selon la date rapportée des événements plutôt que la date de survenue. Ce type de données est soumis aux variations dans la cueillette et la transmission des informations, entre autres, lors des jours féries et des fins de semaine. Ceci a pour effet d’entrainer parfois des brisures notables dans l’évolution des courbes dans le temps, par exemple lors de l’Action de grâce, de la Fête du travail et des vacances de Noël. Afin d’éliminer l’effet de ces brisures ainsi que faciliter la comparaison entre les provinces les taux ont été calculés sur une base mensuelle.  Pour le dernier mois disponible, lorsqu’il n’est pas complet, les données sont ramenées sur 31 jours.

Le premier graphique présente l’évolution du taux quotidien moyen de nouveaux cas pour le Québec, l’Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta, la Colombie-Britannique et le Canada, dans son ensemble, pour les mois de mars 2020 à janvier 2021. On remarque ainsi que lors de la première vague, au printemps, ainsi que lors du début de la deuxième vague, en septembre et en octobre, le Québec se démarquait par des taux nettement plus élevés que les cinq autres provinces, et l’ensemble du Canada. Toutes les provinces affichent depuis novembre des taux plus élevés que durant le pic du printemps, en avril et mai.

En novembre, les taux quotidiens du Manitoba, de l’Alberta et de la Saskatchewan ont explosé et ont surpassé le taux du Québec. Pour les 14 premiers jours de janvier, les nouveaux cas sont à la baisse en Alberta, au Manitoba et en Colombie-Britannique, alors qu’ailleurs, il continue d’augmenter. Le Québec se retrouve à nouveau avec le taux le plus élevé.

 

Pour les 7 jours les plus récents, du 8 au 14 janvier, le Québec continue d’afficher le plus haut taux. Cependant, si l’on compare la situation avec les 7 premiers de l’année, on observe pour la première fois depuis plusieurs semaines, une baisse de 9 %. Deux autres provinces affichent une baisse, du même ordre, la Colombie-Britannique et l’Alberta. L’Ontario enregistre une hausse de 6 % tandis qu’au Manitoba et et en Saskatchewan, elle dépasse les 15 %.

 

Les données diffusées quotidiennement sur le site de Radio-Canada permettent de comparer les taux d’hospitalisations en cours entre les provinces. Au Québec, depuis plusieurs semaines, l’on commence à s’inquiéter de la hausse des hospitalisations en cours qui s’approchent du niveau de débordement. La comparaison avec les autres provinces montre que la situation est pire au Manitoba et en Alberta. Même si l’Ontario semble mieux s’en tirer que le Québec, le taux, en décembre, dépasse pour la première fois le niveau atteint en mai lors de la première vague. En janvier, le taux d’hospitalisation continue sa progression sauf au Manitoba et en Colombie-Britannique où l’on dénote une stabilisation du taux.

 

En raffinant l’analyse sur les 7 jours les plus récents, compris du 8 au 15 janvier, il est possible de voir que les hospitalisations quotidiennes moyennes  ont augmenté, par rapport à la première semaine de janvier, de 16 % au Québec, de 18 % en Saskatchewan et de 27 % en Ontario.

 

L’augmentation marquée des taux de nouveaux cas et d’hospitalisation à entrainer une hausse des taux de mortalité. Au Québec, le niveau de la mortalité au début janvier est comparable à celui observé en juin. Au Manitoba, le taux qui est demeuré à un niveau très bas durant la première vague, se retrouve en novembre et décembre au-dessus de ceux de toutes les autres provinces comparées. Le taux du Québec continue de se maintenir au-dessus de celui du Canada, dans son ensemble et se compare en janvier à celui de l’Alberta. Au Manitoba et en Colombie-Britannique, la mortalité par COVID-19 a atteint un sommet en décembre pour redescendre en janvier. Trois provinces enregistrent une hausse continue de la mortalité depuis septembre, l’Alberta, l’Ontario et le Québec.

 

Le graphique suivant permet de connaître la variation de la mortalité dans les provinces entre les 14 premiers jours de 2021 et les 14 derniers jours de 2020. Le taux de mortalité s’est accru de 10 % au Québec et de plus de 30 % en Alberta et en Ontario. À l’inverse, le Manitoba et la Colombie-Britannique enregistrent une baisse de plus de 25 %.

 

Depuis quelques semaines, le site de Radio-Canada a ajouté à ses données sur la COVID le nombre de vaccins administrés dans les provinces. Il est ainsi possible de voir que la vaccination au Québec se compare favorablement à la moyenne canadienne. Le taux du Québec est semblable à celui de la Colombie-Britannique et n’est devancé que par l’Alberta.

 

 4. Situation du Québec sur le plan nord-américain

Les prochains graphiques permettent de comparer les taux de nouveaux cas et de décès par COVID-19 des états américains et des provinces canadiennes ayant plus de 4 millions d’habitants. Le premier graphique présente le taux cumulé de cas de COVID-19 en date du 31 août, soit tout juste avant le début de la deuxième vague de la pandémie de COVID-19 au Québec. La Colombie-Britannique, l’Ontario, l’Alberta et le Canada, dans son ensemble, montrent les taux cumulés les plus bas. Le Québec, malgré un taux cumulatif de plus du double de celui des autres provinces, présente une situation plus favorable que tous les états américains sauf l’Orégon. Cette situation s’explique par le fait que la période de pointe de la première vague de la pandémie, survenue au printemps, a duré moins longtemps au Canada qu’aux États-Unis. En fait, globalement, les États-Unis n’ont jamais eu de période de répit depuis le début de la pandémie. Cependant, les états du nord-est, à l’image de  l’Ontario et du Québec, ont connu, une accalmie, au cours de l’été, après une période de pointe au printemps. Par la suite, le virus s’est propagé dans les états du sud et du Midwest.

Depuis le début de la deuxième vague, le 1er septembre, les provinces canadiennes sont moins touchées que tous les états américains.  Le taux global des États-Unis représente plus de trois fois celui du Canada. Les taux les plus élevés prévalent dans les états du Midwest. Au Canada, l’Alberta affiche le taux le plus élevé. Tous les états et les provinces comparés ont enregistrées plus de cas durant la deuxième vague que durant la première. Au Québec, la première vague a commencé à la mi-mars et les cas sont devenus peu fréquents en juillet en en août alors que la deuxième vague sévit depuis le début de septembre.

 

Le graphique suivant permet de comparer les taux des différents états et provinces pour la période du 8 au 15 janvier. Durant cette période, les quatre provinces canadiennes affichent des taux plus faibles que tous les états américains comparés. Le taux global des États-Unis est plus de trois fois celui du Canada. Ces résultats illustrent bien le bénéfice qu’apportent les mesures plus sévères mises en place au Canada.

Par rapport à la période couvrant le début de l’année, du 1er au 7 janvier, le taux global des États-Unis s’est accru de 19 % alors que celui du Canada a diminué de 3 %. Le Québec, la Colombie-Britannique et l’Alberta montrent des baisses d’un peu plus de 10 % tandis que l’Ontario présente une légère hausse de 5 %. Quelques états enregistrent également des diminutions du taux quotidien moyen de nouveaux cas.

 

En date du 31 août, le Québec montre un taux cumulé de mortalité de l’ordre de 679 par million et se compare au Michigan et à l’Arizona. Le Québec se retrouve dans le bas du classement pour la mortalité alors que pour le taux de cas, il se classe au haut du classement. Cette situation peut s’expliquer par deux facteurs, la létalité particulièrement élevée de la COVID au Québec qui a touché les personnes en CHSLD et le peu de tests de dépistage effectués au Québec au printemps.

Quatre états, New Jersey, New York, Massachusetts et Louisiane, montrent des taux de plus de 1 000 décès par million d’habitants.  La Colombie-Britannique et l’Alberta enregistrent les taux les plus bas. Le taux observé à l’échelle de l’ensemble des États-Unis est plus du double de celui du Canada.

La deuxième vague de la pandémie a débuté au Canada et dans les états du nord-est le 1er septembre 2020 et se poursuit toujours. L’Ontario, la Colombie-Britannique et le Canada affichent les taux de mortalité les plus faibles. Même si le Québec enregistre un taux supérieur de plus de 60 % à celui Canada, il se compare favorablement à la plupart des états américains. Les taux les plus élevés se concentrent principalement dans le Midwest. Depuis le début de la deuxième vague, le taux des États-Unis est près de trois fois celui du Canada. Sur les 32 états et provinces comparés, il y en a seulement huit qui enregistrent une mortalité plus faible durant la deuxième vague que lors de la première. Le Québec et l’Ontario font partie de ce groupe ainsi que plusieurs états du Nord-Est des États-Unis. Certains états comme l’Arizona et le Michigan se sont retrouvés dans l’épicentre de la pandémie lors des deux vagues.

 

Le graphique suivant compare les taux de mortalité des états américains et des provinces canadiennes pour la période du 1er au 15 janvier 2021. Les taux les plus élevés sont observés en Arizona, en Alabama, en Pennsylvanie et au Tennessee. L’Ontario, la Colombie-Britannique, le Canada, dans son ensemble ainsi que l’état de Washington enregistrent les taux les plus faibles. Le Québec et l’Alberta, malgré des taux plus élevés que les autres provinces, se comparent favorablement à la la plupart des états américains.

Par rapport à la période précédente de 15 jours, du 17 au 31 décembre, la Colombie-Britannique ainsi que quelques états américains affichent une diminution de la mortalité. Le Québec et le Canada enregistrent une hausse de l’ordre de 15 % et l’Ontario de 45 %. L’Alabama, la Californie et la Géorgie montrent des augmentations de plus de 70 %.

 5. Situation du Québec sur le plan international

Sur le plan international, parmi les pays comparés avec le Québec, ceux qui montraient les taux cumulés de cas de COVID-19 les plus élevés avant le début de la deuxième vague, à la fin août, sont le Chili, le Pérou, le Brésil et les États-Unis avec des taux de plus de 18 000 par million d’habitants. Le Québec se positionne au bas du 2e tercile alors que le Canada fait beaucoup mieux avec un 8e rang. Le Japon et la Finlande occupent les deux premières places.

Depuis le 1er septembre, date approximative du début de la deuxième vague au Canada, le Québec présente avec le Canada un taux relativement faible. D’une vague à l’autre, la République Tchèque est passée d’un taux très favorable au taux le plus défavorable.

 

Le graphique suivant permet de comparer les taux pour les jours les plus récents.  La figure de gauche présente le taux quotidien moyen des différentes populations comparées au Québec pour la période du 8 au 15 janvier 2021. Le taux du Québec se situe au milieu du classement et se compare au taux de l’Italie. Le Canada présente une situation plus avantageuse. Huit pays affichent des taux quotidiens moyens supérieurs à 500 cas par million : la République Tchèque, Israël, le Portugal, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Espagne et la Suède. Des pays de l’Amérique du Sud très affectés durant la première vague, tels le Pérou et le Mexique se retrouvent au haut du classement avec la Finlande, le Japon et la Norvège.

La figure de droite permet de voir la variation du taux par rapport aux premiers jours de l’année, s’étendant du 1er au 7 janvier. Le Canada montre une baisse de 3 % et le Québec de 11 %. Des pays peu touché par la deuxième vague, comme le Pérou, le Mexique et le Japon montrent des hausses importantes.

 

Comme il a été mentionné au début de ce texte, la statistique la plus fiable pour comparer le Québec à d’autres pays demeure les taux de mortalité. Le graphique ci-dessous présente le taux cumulatif de mortalité au 31 août et permet d’illustrer l’impact démographique de la COVID-19 dans les différents pays avant la deuxième vague de la pandémie. Le Pérou et la Belgique représentent les pays les plus touchés par la première vague, avec des taux supérieurs à 800 décès par 1 million d’habitants suivis de loin par le Québec, l’Espagne et le Royaume-Uni. La Suède, qui a appliqué un confinement très partiel, montre un taux qui est plus de 5 fois celui de ses pays voisins. Le Canada se positionne relativement bien.

Depuis le début de la deuxième vague, qui a commencé en début septembre, le Québec se compare plus favorablement que lors de la vague précédente. Il affiche une mortalité nettement plus faible que bien des pays européens et des États-Unis. Il continue cependant à présenter des taux nettement plus élevés que le Canada. Les pays les plus touchés sont la République Tchèque, la Belgique et l’Argentine. La mortalité par COVID observée au États-Unis est trois fois celle du Canada.

 

Le graphique suivant présente, dans la section de gauche, le taux de mortalité par COVID-19 pour les 15 premiers jours de 2021 Le Québec se positionne au milieu du classement. La République Tchèque, le Royaume-Uni, le Portugal, la Suède, l’Allemagne et les États-Unis sont actuellement les pays les plus touchés par la mortalité. À l’opposé, le Japon, la Finlande et la Norvège affichent les taux les plus faibles.

Par rapport au 15 derniers jours de l’année 2020, seulement cinq pays ont vu leur taux de mortalité diminuer : l’Autriche, la Finlande, la Belgique, la Suisse et l’Italie. Le Québec et le Canada affichent une hausse de l’ordre de 15 %. Parmi les pays affichant les progression les plus fortes, on retrouve l’Irlande, la Norvège, Israël, le Royaume-Uni et la Suède.

 

Plusieurs pays ont intensifié depuis le début de l’année la vaccination de leur population pour combattre la COVID-19. Le graphique suivant présente la proportion de la population ayant reçu une dose du vaccin. Israël, qui a une entente particulière avec la firme Pfizer, se classe au premier rang avec le quart de sa population qui a été vaccinée. Loin au deuxième rang, se situe le Royaume-Uni qui a commencé le premier a vacciné et qui est le seul pays a avoir approuvé trois vaccins différents. Malgré le fait que le rythme de vaccination est critiqué aux États-Unis, la proportion de personnes vaccinées y est plus élevée que dans la plupart des autres pays. Le Québec et le Canada se comparent relativement bien avec des taux respectifs de 1,5 % et de 1,3 %.

 

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