Données sur la COVID-19 au Québec selon l’âge et la région

Mise à jour du 8 septembre 2021

Voir également

Situation du Québec sur le plan nord-américain
Situation du Québec sur le plan international

Surmortalité hebdomadaire en 2020 et 2021 en lien avec la COVID-19 au Québec et ailleurs dans le monde.

En résumé

Depuis quelques semaines, le taux de positivité et le nombre de nouveaux cas quotidiens sont à la hausse. Cette hausse ne s’est pas traduite pour le moment par une croissance des décès. Par contre, les hospitalisations affichent une hausse continue. En parallèle, la proportion de la population de 12 ans et plus ayant reçu au moins une dose atteint 88 % et celle adéquatement vaccinée, 82 %. Au cours de la dernière semaine, les taux les plus élevés de nouveaux cas ont été observés chez les personnes de 20-29 ans et dans les régions de Laval et de Montréal. Enfin, la vaccination permet de diminuer fortement le risque de contracter le virus et d’être hospitalisé.

Le constat que l’on peut tirer de l’évolution récente de la COVID, c’est que si la vaccination a permis jusqu’à maintenant d’éradiquer pratiquement les décès par COVID, elle ne semble pas aussi efficace pour contenir les hospitalisations et la hausse des cas. Nous sommes encore loin d’une levée complète des mesures barrières.


Lorsqu’un décès survient par COVID-19, celui-ci est l’aboutissement d’une série d’événements qui peuvent s’étendre sur plusieurs semaines. Le suivi de la mortalité ne constitue donc pas une mesure permettant de détecter rapidement une reprise de la COVID-19 dans la population, ni une diminution. Il est donc nécessaire de suivre les événements en amont qui mènent dans les cas les plus sévères aux décès, en commençant tout d’abord par les cas confirmés puis après les admissions à l’hôpital et celles en soins intensifs.

Le graphique suivant présente l’évolution des nombres quotidiens liés à ces événements depuis le 25 mars 2020. À noter que les nombres de nouveaux cas confirmés et d’hospitalisations en cours sont présentés sur une échelle secondaire située à la droite du graphique alors que les décès et les soins intensifs en cours se rapportent à l’échelle de gauche. L’évolution des différentes courbes montrent bien les trois vagues de la pandémie et le début de la quatrième vague. La première a débuté au mois de mars et s’est terminée au mois de juillet alors que la deuxième est apparue au début de septembre et s’est étendue jusqu’à la fin mars 2021. Dans la deuxième vague, les nouveaux cas quotidiens ont dépassé au mois de décembre le sommet atteint durant le pic du printemps en avril et mai 2020.

À la mi-mars 2021, les cas quotidiens,  les hospitalisations totales ainsi qu’en soins intensifs ont recommencé à augmenter et le Québec est passé dans la troisième vague. Les décès n’ont cependant pas augmenter de façon tangible. Au début d’avril, a débuté une diminution des cas quotidiens qui s’est étendue dans les semaines suivantes aux hospitalisations totales et en soins intensifs. Cette diminution des différents événements associés à la COVID s’est prolongée jusqu’au début juillet.  Cela a entraîné la mise en place, par le gouvernement, d’un plan de déconfinement, en plusieurs étapes qui devait s’étendre sur plusieurs mois.

Depuis la deuxième semaine de juillet, le nombre de nouveaux cas quotidiens a recommencé à grimper et l’on se retrouve actuellement avec une quatrième vague reliée celle-ci au variant delta. Les décès quotidiens demeurent pratiquement nuls alors que les hospitalisations totales et en soins intensifs montent lentement mais régulièrement depuis plusieurs semaines.

 

Le graphique suivant permet de suivre l’évolution de la proportion de tests positifs depuis le début de la pandémie. Cette information permet de mesurer l’ampleur de la contagion dans la population. Durant la première vague de la pandémie, le niveau de positivité a atteint un sommet de 14 % à la fin avril pour diminuer rapidement. Le niveau de positivité a recommencé à grimper en septembre pour plafonner à près de 10 % au début de janvier 2021. Par la suite, il a fortement diminué pour atteindre un plancher de 2,5 %. Durant la troisième vague, le taux de positivité est passé de 2,5 % à plus de 4 % pour redescendre pendant trois mois et atteindre 0,5 % au début juillet. Au cours des dernières semaines, le taux a recommencé à monter et illustre bien la présence d’une quatrième vague pour se situer actuellement à 3,2 %.

 

Le graphique suivant permet de comparer les taux de nouveaux cas moyens selon le groupe d’âge des 7 derniers jours en date du 6 septembre 2021. Pour l’ensemble de la population, le taux s’établit à 76 cas par million d’habitants. Dans tous les groupes d’âge de moins de 40 ans, le taux dépasse la moyenne générale. Le groupe des 20-29 ans se démarque avec un taux de 150 cas par million d’habitants. Au cours de la dernière semaine, le taux de nouveaux cas a augmenté de 17 %. La hausse des cas touche tous les groupes d’âge à l’exception des 90 ans et plus.

 

Le taux quotidien moyen de nouveaux cas est de 76 par million de personnes à l’échelle du Québec durant la dernière semaine. Deux régions dépassent le seuil des 100 cas par million : Montréal et surtout Laval.

 

Au cours des 7 derniers jours, la proportion de tests positifs a été de 3,2 % pour l’ensemble de la population. La proportion atteint plus de 5 % dans le groupe des 20-29 ans et 4 % chez les 10-19 ans et les 30-39 ans.

 

Les régions qui rapportent les taux de positivité les plus élevés sont celles de Laval et de l’Outaouais.

 

En date du septembre, 87,8 % de la population âgée de 12 ans et plus, soit celle visée par la vaccination, a reçu une première dose du vaccin. Chez les personnes de 50 ans et plus, plus de 90 % de la population a reçu une première dose. Dans les groupes les plus jeunes, elle se situe autour de 80 %.  À l’échelle de l’ensemble de la population, la proportion de personnes vaccinées est de 77 %.

En ce qui concerne population ayant une couverture vaccinale adéquate, soit celle ayant reçu deux doses ou ayant reçu une dose après avoir été infectée par le virus, les proportions sont de 72 % pour l’ensemble de la population et de 82 % chez les 12 ans et plus. Plus de 9 personnes sur 10 sont complètement vaccinées chez les 50 ans et plus.

 

D’une région à l’autre, en excluant le Nunavik, la proportion de la population de 12 ans et plus ayant reçu au moins un vaccin varie entre 84 % et 94 %.  En ce qui concerne la population adéquatement vaccinée, le pourcentage fluctue entre 76 % et 88 %.

 

Depuis quelques jours, le gouvernement du Québec a commencé à diffuser des données sur la COVID selon trois catégories de statut vaccinal des personnes concernées  :

  • Non vaccinées ou ayant eu une première dose depuis moins de 14 jours (non protégées)
  • Ayant reçu une première dose depuis 14 jours ou plus et n’ayant pas eu une deuxième dose depuis plus de 6 jours (partiellement protégées)
  • Ayant reçu une deuxième dose depuis 7 jours ou plus (adéquatement protégées).

Afin de simplifier ces catégories, les appellations non protégées, partiellement protégées et adéquatement protégées ont été retenues.

Ces informations sont actuellement disponibles pour les nouveaux cas et les nouvelles hospitalisations survenus au cours des quatre dernières semaines. Les effectifs sont actuellement trop faibles pour croiser les données pour les hospitalisations en soins intensifs et les décès. En date du 7 septembre, pour les 4 dernières semaines, l’on compte au Québec, 13 221 nouveaux cas et 377 hospitalisations. Les données rendues disponibles fournissent, entre autre, le risque de contracter un infection ou d’être hospitalisé, chez les personnes non protégées ou partiellement protégées, par rapport aux personnes qui sont adéquatement protégées. Ces risques sont calculés à partir des taux ajustés selon l’âge des nouveaux cas et des hospitalisations pour chacun des trois statuts vaccinaux. L’ajustement des taux selon l’âge permet ainsi d’éliminer l’effet des différences dans la structure par âge des trois catégories comparées. Ainsi la population adéquatement protégée présente une structure par âge beaucoup plus vieille que les deux autres catégories car le taux de vaccination augmente avec l’âge et atteint plus de 90 % de la population dans les groupes les plus vieux. De plus, les enfants de moins de 12 ans se concentrent essentiellement dans la catégorie des personnes non protégées.

À la lumière de ces chiffres, le risque de contracter le virus serait donc chez les non protégées 9 fois celui des personnes adéquatement vaccinées et chez les personnes partiellement vaccinées 4,4 fois.

Dans le cas des hospitalisations, le risque d’être hospitalisé chez les personnes non protégées est 33 fois celui des personnes adéquatement protégées. Pour les personnes partiellement protégées, le risque relatif d’être hospitalisé est de 5,2 fois.

 

Statistique Canada a publié des données sur les causes de décès selon la semaine, par province, depuis 2010 jusqu’au début de mars 2021. Les données semblent relativement complètes jusqu’à la semaine du 27 février 2021. Par la suite, les données sont plus partielles et les nombres chutent drastiquement.

Ces données permettent ainsi de comparer l’évolution des différentes causes de décès en 2019, 2020 et 2021 et de voir l’importance relative des décès par COVID.  Ainsi le graphique suivant montre bien que lors de la première vague de la pandémie, au printemps 2020, ainsi que durant la deuxième vague, jusqu’à la fin de février, les décès par COVID (en rouge sur le graphique) se sont ajoutés aux autres décès et ont entraîné une forte surmortalité. Bien que les décès par COVID ont précipité la mort de nombreuses personnes en fin de vie en CHSLD, les décès des deux premières causes de décès, les tumeurs et les maladies du cœur n’ont diminué que légèrement pendant les semaines où la pandémie était à son pic.

 

Les données de Statistique Canada permettent également de voir la répartition pour l’ensemble de l’année 2020 et du 1er janvier jusqu’à la fin d’avril pour 2021, des différentes causes de décès. Les catégories retenues par Statistique Canada  ne sont pas très détaillées et ne permettent pas de comparer des causes importantes comme les tumeurs malignes du poumon. En 2020, parmi les causes retenues, la COVID-19 constitue, avec 11 % des décès, la troisième cause de décès après les tumeurs, 29 % et les maladies du cœur, 16 %. Pour les quatre premiers mois de 2021, la COVID-19 représente 10 % des décès alors que les tumeurs et les maladies du cœur rapportent les mêmes pourcentages qu’en 2020.

 

 

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