Cas et décès liés à la COVID-19 au Québec : comparaisons nord-américaines et internationales.

Voir également Surmortalité hebdomadaire en 2020 en lien avec la COVID-19 au Québec et ailleurs dans le monde.

1. Limites des données sur la COVID-19
2. Situation au Québec Mise à jour le 15 avril 2021.
3. Situation du Québec sur le plan nord-américain Mise à jour le 17 avril 2021.
4. Situation du Québec sur le plan international Mise à jour le 11 avril 2021.

En résumé

Au Québec, le nombre de nouveaux cas quotidiens continue d’augmenter.  Cette hausse touche toutes les régions et tous les groupes d’âge. Si la couverture vaccinale des personnes les plus âgées ne permet pas de limiter complètement la hausse des cas, les décès demeurent cependant stable à un niveau très bas.

Le début de la 3e vague s’observe à l’échelle de l’ensemble du Canada et des États-Unis. Au cours de la dernière semaine, le Québec a continué a enregistré un taux quotidien moyen de nouveaux cas inférieur à ceux des autres provinces et de la plupart des états américains. Cependant, le rythme de croissance des cas au Québec se situe parmi les plus élevés en Amérique du Nord. La troisième vague n’a pas entraîné pour le moment une hausse des décès. Les données des prochaines semaines nous permettront de voir si la vaccination a rejoint assez de personnes pour empêcher une hausse importante de la mortalité.

Sur le plan international, les données les plus récentes montrent que le Québec et le Canada, ont été rattrapés par la troisième vague et sont actuellement parmi les pays présentant les plus fortes hausses de nouveaux cas. La proportion de la population ayant reçu au moins une dose au Québec et au Canada se compare avantageusement à la plupart des autres pays mais accuse un retard important sur des pays comme Israël, le Chili, le Royaume-Uni et les États-Unis. La baisse des décès et des nouveaux cas observée en Israël et au Royaume-Uni, en parallèle avec une vaccination intense qui rejoint une majorité de la population, représente, sans aucun doute, l’espoir de jours meilleurs pour le Québec et le Canada d’ici l’été.

1. Limites des données sur la COVID-19

La comparaison des données sur la COVID-19 au Québec et ailleurs dans le monde nécessite de la prudence. Les cas détectés d’un pays à l’autre, la statistique la plus utilisée dans les médias, peuvent dépendre de l’intensité des tests et des critères utilisés pour retenir les cas. Les cas les plus graves, soient ceux menant à une hospitalisation en soins intensifs ou à un décès, sont mieux comptabilisés. En l’absence actuellement de données disponibles pour les hospitalisations dans les différents pays, la statistique la plus fiable pour comparer le Québec à d’autres états demeure les taux de mortalité.

Dans plusieurs des pays, les statistiques sous-estiment les décès par COVID-19. Une analyse complémentaire de la surmortalité pour l’année 2020 par rapport aux années précédentes permet d’obtenir une idée de l’ampleur de cette sous-estimation.  Ainsi, les statistiques sur les décès par COVID-19 au Québec seraient parmi les plus complètes au monde.. Cela pourrait expliquer en partie pourquoi les taux de mortalité par COVID-19 présentés ici pour le Québec peuvent sembler élevés dans les comparaisons internationales et nord-américaines. L’autre facteur principal à considérer dans les taux élevés du Québec est la proportion particulièrement élevée de personnes en établissement pour personnes âgées (CHSLD publics et privés, résidences pour personnes âgées) décédées de la COVID-19. Afin de réduire les variations quotidiennes des données dues à différents facteurs, jours fériés, fins de semaine, rattrapages ponctuels dans la compilation et l’enregistrement des décès, des moyennes mobiles sur 7 jours sont souvent utilisées.

Depuis le début de l’automne, les nouveaux cas confirmés de COVID-19 sont à la hausse tant au Québec que dans la plupart des pays. Des graphiques présentant les données les plus récentes sur les cas confirmés ont été ajoutés tant dans la section sur la situation au Québec que dans les autres relatives aux comparaisons nord-américaines et internationales.

Les données les plus récentes couvrent le début du congé des fêtes. Elles décrivent moins précisément la réalité puisque durant cette période, les tests offerts sont moins nombreux et les personnes sont moins portées à ce faire tester. De plus, pour les journées entourant Noël et le jour de l’an, les informations ne sont pas rapportées par les autorités gouvernementales. Ces facteurs affectent les comparaisons dans le temps et entre territoires. Les données sur les nouveaux cas sont plus touchées car elles dépendant beaucoup du nombre tests de dépistage. Celles sur les décès devraient être plus précises.

2. Situation au Québec

Lorsqu’un décès survient par COVID-19, celui-ci est l’aboutissement d’une série d’événements qui peuvent s’étendre sur plusieurs semaines. Le suivi de la mortalité ne constitue donc pas une mesure permettant de détecter rapidement une reprise de la COVID-19 dans la population, ni une diminution. Il est donc nécessaire de suivre les événements en amont qui mènent dans les cas les plus sévères aux décès, en commençant tout d’abord par les cas confirmés puis après les admissions à l’hôpital et celles en soins intensifs.

Le graphique suivant présente l’évolution des nombres quotidiens liés à ces événements depuis le 25 mars 2020. À noter que les nombres de nouveaux cas confirmés et d’hospitalisations en cours sont présentés sur une échelle secondaire située à la droite du graphique alors que les décès et les soins intensifs en cours se rapportent à l’échelle de gauche. L’évolution des différentes courbes montrent bien les deux vagues de la pandémie et le début de la troisième vague. La première a débuté au mois de mars et s’est terminée au mois de juillet alors que la deuxième est apparue au début de septembre et s’est étendue jusqu’à la fin mars 2021. Dans la deuxième vague, les nouveaux cas quotidiens ont dépassé au mois de décembre le sommet atteint durant le pic du printemps en avril et mai 2020.

Depuis le 20 mars 2021, les cas quotidiens ainsi que les hospitalisations en soins intensifs ont recommencé à augmenter et le Québec est passé dans la troisième vague. Cette augmentation ne s’est pas encore étendue aux décès.

 

Le graphique suivant permet de suivre l’évolution de la proportion de tests positifs depuis le début de la pandémie. Cette information permet de mesurer l’ampleur de la contagion dans la population. Durant la première vague de la pandémie, le niveau de positivité a atteint un sommet de 14 % à la fin avril pour diminuer rapidement. Le niveau de positivité a recommencé à grimper en septembre pour plafonner à près de 10 % au début de janvier 2021. Par la suite, il a fortement diminué pour atteindre un plancher de 2,5 %. Depuis le début de la troisième vague, autour du 20 mars, le taux de positivité est passé de 2,5 % à plus de 4 %.

 

Les deux graphiques ci-dessous décrivent la répartition selon l’âge des cas confirmés et des décès, durant la première vague, avant le 1er septembre, durant la deuxième vague, du 1er septembre au 19 mars, et durant la troisième vague, depuis le 20 mars. Il est ainsi possible de comparer la distribution selon l’âge entre les trois vagues. Dans le graphique de gauche qui porte sur les cas confirmés, l’on peut voir un déplacement des cas dans les groupes les plus jeunes. L’importance relative des moins de 20 ans est passée de 9 % lors de la première vague, à 22 % pour la deuxième vague et à 27 % pour la troisième. À l’inverse, chez les 80 ans et plus, la proportion a diminué d’une vague à l’autre, de 19 %, à 6 %, puis à 2 %.

Dans le cas des décès, la répartition selon l’âge a surtout varié entre la deuxième et la troisième vague alors que la proportion a diminué chez les 80 ans et plus et augmenté chez les 60 à 79 ans.

 

Le graphique suivant permet de comparer les taux de nouveaux cas moyens selon le groupe d’âge des 7 derniers jours en date du 13 avril. Les taux les plus élevés sont observés chez les 10-19 ans et les 20-29 ans. On peut observer une démarcation nette entre les taux des 60 ans et plus et ceux des autres groupes d’âge. Le taux de l’ensemble de la population a augmenté de 26 % au cours de la dernière semaine. Tous les groupes d’âge ont été touchés par la recrudescence des nouveaux cas, sauf celui des 90 ans et plus. Le groupe le plus fortement affecté est celui des 80-89 ans, malgré la forte proportion de personnes vaccinées depuis plusieurs semaines. Il s’agit cependant d’un des deux groupes d’âge présentant le plus faible taux de nouveau cas. Dans le groupe des 90 ans et plus, le taux de nouveaux cas est demeuré stable.

 

L’Institut national de santé publique du Québec diffuse maintenant les données sur les hospitalisations courantes selon le groupe d’âge. En date du 13 avril, 82 % des hospitalisations en cours se concentrent chez les 50 à 89 ans. Par contre, les groupes d’âge plus jeunes affichent les hausses les plus fortes au cours de la dernière semaine.

 

Le taux de tests positifs se situe actuellement à 4,1 %. D’un groupe d’âge à l’autre, il varie de 1 % chez les 90 ans et plus à 6 % ou plus chez les 20-29 ans.

 

En date du 14 avril, 25 % de la population a reçu une première dose du vaccin. Cette proportion atteint 89 % chez les 80 ans et plus, 85 % chez les 70-79 ans et un peu plus de 50 % chez les 60-69 ans.

 

Le graphique suivant présente les taux quotidiens de nouveaux cas pour les 7 derniers jours au 13 avril 2021. Le taux de l’ensemble du Québec est de 189 cas par million. Trois régions se démarquent avec des taux supérieurs à 400 cas par million, Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches et Outaouais. À l’échelle de l’ensemble du Québec, le taux de nouveaux cas a augmenté de 26 %. Les régions qui affichent les hausses les plus fortes sont la Gaspésie-îles-de-la-Madeleine, la Côte-Nord, Chaudière-Appalaches, l’Outaouais et l’Estrie.

 

En date du 13 avril 2021, les régions qui présentaient les taux les plus élevés d’hospitalisations en cours sont l’Outaouais, Montréal et la Capitale-Nationale. Au cours de la dernière semaine, les hospitalisations courantes ont augmenté de 22 %. Les hausses les plus fortes ont été enregistrées dans le Bas St-Laurent, dans Chaudière-Appalaches et dans la Capitale-Nationale.

 

La proportion de tests positifs permet d’avoir une mesure plus précise du niveau d’infection de la population des différentes régions. Le taux à l’échelle du Québec est de 4,1 %. Il varie de moins de 1 % dans les régions les plus éloignées à 11 % en Outaouais.

 

En date du 1er septembre, le taux de décès de l’ensemble du Québec est de 675 décès par million d’habitants. Les régions de Laval et de Montréal présentent les taux les plus élevés, dépassant 1 500 décès par million.  Quatre autres régions présentent des taux relativement élevés, elles sont dans l’ordre, Montérégie, Laurentides, Lanaudière et Mauricie-Centre-du-Québec.

Lors de la deuxième vague, du 1er septembre 2020 à la fin de mars 2021, l’ordre des régions les plus touchées par la mortalité par COVID-19 s’est modifié. Ce sont la Capitale-Nationale, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et Chaudière-Appalaches qui affichent les niveaux de mortalité les plus forts. Montréal et Laval se retrouvent sous la moyenne québécoise. Enfin, depuis le début de la troisième vague, autour du 20 mars 2021, la Capitale-Nationale et l’Outaouais rapportent les taux les plus élevés.

 

On observe des modifications dans la répartition des décès selon le milieu de vie entre les trois vagues de la pandémie. Avant le 1er septembre, les CHSLD regroupaient plus des deux tiers des décès alors que durant la deuxième, 35 % des décès sont survenus dans ce milieu. Dans les trois autres milieux, les domiciles, les résidences privées pour aînés (RPA), les ressources intermédiaires (RI) et autres, les proportions ont augmenté, notamment chez les personnes à domicile où la proportion de décès a triplé. Depuis le début de la troisième vague, ce sont chez les personnes vivant à domicile que se concentre la majorité des décès alors que les CHSLD comptent pour un décès sur 10.

 

À l’échelle du Québec, la proportion de la population ayant reçu une première dose est de 25 %. Dans les trois régions les plus éloignées, les proportions vont de 46 % au Nunavik à 68 % dans le Nord-du-Québec et à plus de 85 % dans les Terres-Cries-de-la-Baie-James. Quatre autres régions présentent des proportions supérieures à la moyenne québécoise : Gaspésie-îles-de-la-Madeleine, Côte-Nord, Montréal et Bas St-Laurent. Dans les autres régions, les proportions varient entre 21 % et 25 %.

 

La campagne de vaccination a rejoint pratiquement toutes les personnes vivant en CHSLD et en résidences privées pour aînés (RPA). Sur le graphique suivant, il est possible de voir que le nombre de décès a diminué drastiquement dans les trois principaux milieux de vie. La vaccination a certainement été un facteur important dans la diminution observée pour les décès en CHSLD qui sont passés d’une moyenne de 17 par jour à la fin janvier à une moyenne quotidienne de 1 décès actuellement. Les RPA ont aussi connu une baisse importante alors que les domiciles montrent une augmentation des décès dans les deux dernières semaines.

Le prochain graphique présente l’évolution des cas quotidiens et des décès en parallèle avec la proportion de la population vaccinée chez les personnes de 70-79 ans et de 80 ans et plus depuis le 1er février 2021. Chez les 80 ans et plus, la hausse de la vaccination s’est soldée par une diminution importante des cas quotidiens et des décès en mars. Chez les 70-79 ans, où la couverture vaccinale est moins complète, la diminution des cas a été moins importante en mars. Cependant, les décès ont presque été éliminés. Pour les deux groupes d’âge, l’on observe une hausse des cas au cours des deux dernières semaines, mais le nombre de décès demeure stable.

 

Statistique Canada a publié des données sur les causes de décès selon la semaine, par province, pour l’année en cours jusqu’au début décembre. Les données semblent relativement complètes jusqu’à la semaine du 28 novembre. Par la suite, les données sont plus partielles et les nombres chutent drastiquement.

Ces données permettent ainsi de comparer l’évolution des différentes causes de décès en 2019 et 2020 jusqu’à l’apparition des décès par COVID-19. Ainsi le graphique suivant montre bien que lors de la première vague de la pandémie, au printemps 2020, ainsi que durant la deuxième vague, en novembre et décembre, les décès par COVID (en rouge sur le graphique) se sont ajoutés aux autres décès et ont entraîné une forte surmortalité. Bien que les décès par COVID ont précipité la mort de nombreuses personnes en fin de vie en CHSLD, les décès des deux premières causes de décès, les tumeurs et les maladies du cœur n’ont diminué que légèrement pendant les semaines où la pandémie était à son pic.

 

Les données de Statistique Canada permettent également de voir la répartition pour l’ensemble de l’année 2020,  des différentes causes de décès. Les catégories retenues par Statistique Canada  ne sont pas très détaillées et ne permettent pas de comparer des causes importantes comme les tumeurs malignes du poumon. Parmi les causes retenues, la COVID-19 constitue, avec 11 % des décès, la troisième cause de décès après les tumeurs, 29 % et les maladies du cœur, 16 %.

 

 3. Situation du Québec sur le plan nord-américain

Les prochains graphiques permettent de comparer les taux de nouveaux cas et de décès par COVID-19 des états américains et des provinces canadiennes ayant plus de 4 millions d’habitants.

Tant pour l’année 2020 que pour la période couverte depuis le début de 2021, les provinces canadiennes enregistrent des taux de cas quotidiens inférieurs à ceux de tous les états américains comparés, à l’exception de l’Orégon. D’une année à l’autre, l’écart s’est resserré entre les provinces. À l’échelle des deux pays, les États-Unis présentent un taux supérieur de plus de 200 % à celui du Canada depuis le début de la pandémie.

 

Le graphique suivant permet de comparer les taux quotidiens moyens des 7 derniers jours. Durant cette période,  le taux du Québec est le plus bas parmi les provinces canadiennes comparées, mais il dépasse les taux de plus de la moitié des états américains comparés. Le taux global des États-Unis est inférieur à celui du Canada pour la première fois depuis le début de la pandémie. Les taux les plus élevés sont observés dans quatre états du nord-est des États-Unis, Michigan, New Jersey, Pennsylvanie et New York ainsi qu’au Minnesota. Les taux les plus faibles sont enregistrés en Californie et en Arizona.

Les provinces canadiennes sont parmi les endroits les plus touchés en Amérique du Nord par la hausse hebdomadaire des cas. L’Ontario affiche l’augmentation la plus forte après l’Alabama. À l’échelle de l’ensemble des deux pays comparés, les États-Unis présentent une hausse de 4 % et le Canada de 21 %. Le Québec, de son côté, se retrouve avec une hausse de 17 %.

 

À la fin de l’année 2020, le Québec rapporte un taux cumulé de mortalité de 959 décès par million et se compare au Minnesota et au Michigan. La Colombie-Britannique et l’Alberta enregistrent les taux les plus bas. Le taux observé à l’échelle de l’ensemble des États-Unis est plus du double de celui du Canada.

Depuis le début de l’année 2021, la Colombie-Britannique, l’Ontario et le Canada, dans son ensemble, affichent les taux de mortalité les plus faibles. Même si le Québec enregistre un taux supérieur de près de 50 % à celui Canada, il se compare favorablement à la plupart des états américains. Les taux les plus élevés sont enregistrés en Alabama et en Arizona,

Sur l’ensemble de la période depuis le début de la pandémie, le Québec se positionne relativement bien comparativement à la plupart des états américains. Les trois autres provinces canadiennes présentent un bilan beaucoup plus reluisant en se positionnant au sommet du classement. Les états affichant globalement les pires résultats sont ceux de New York, de la Caroline du Nord et du Maryland.

 

Le graphique suivant compare les taux de mortalité des états américains et des provinces canadiennes pour la période de 14 jours se terminant le 16 avril 2021. Des taux supérieurs à 50 décès par million d’habitants sont observés dans l’état de New York, en Caroline du Nord et en Géorgie. Les provinces canadiennes affichent les taux parmi les plus bas en Amérique du Nord. L’Ontario se démarque quelque peu des autres provinces avec des taux plus élevés.

Par rapport à la période précédente de 14 jours, se terminant le 2 avril, le taux de mortalité a augmenté dans les quatre les provinces comparées, mais d’en moins de la moitié des états comparés. Au Québec, la hausse a été de 10 %, en Ontario, de 26 % et en Colombie-Britannique, de 59 %. À l’échelle des deux pays, les États-Unis montrent une baisse de 8 % alors que le Canada rapporte une hausse de 23 %.

 

La comparaison entre les provinces et les états montrent que la vaccination est beaucoup plus avancée aux États-Unis, tant pour la première dose que pour la deuxième. Aux États-Unis, d’un état à l’autre, la proportion de personnes ayant reçu au moins une dose varie de 30 % à 47 % alors qu’au Canada, le pourcentage, varie, d’une province à l’autre, entre 19 % et 26 %. Pour l’ensemble des États-Unis, la proportion des personnes ayant reçu au moins une dose est de 39 %, comparativement à 23 % au Canada. Au Québec, 26 % de la population a reçu au moins une dose, ce qui représente la proportion la plus élevée parmi les provinces comparées.

Pour la deuxième dose, les proportions observées au Canada sont très faibles, 5 % ou moins, alors qu’aux États-Unis, elles varient de 18 % à 29 %, d’un état à l’autre.

 

En lien avec la campagne de vaccination qui est beaucoup plus avancée aux États-Unis qu’au Canada, la graphique suivant permet de comparer l’évolution quotidienne des taux moyens de nouveaux cas depuis le 1er février 2021 au Québec, en Ontario, au Canada, aux États-Unis, en Californie et en Floride. On peut voir tout d’abord, la baisse des taux en février et la remontée qui suit à partir du milieu de mars. La Californie, fait exception, avec une stabilisation depuis la mi-mars. Les populations comparées sont touchées différemment et plusieurs courbes se croisent. Ainsi, à partir de la mi-mars, le taux de l’Ontario dépasse celui du Québec et l’écart s’accentue d’une semaine à l’autre

À l’échelle des deux pays comparés, la hausse des dernières semaines est plus accentuée au Canada qu’aux États-Unis de sorte que le taux canadien dépasse celui de son voisin pour la première fois depuis le début de la pandémie.  En fin de période, l’Ontario rejoint la Floride. Le plus haut pourcentage de personnes vaccinées aux États-Unis par rapport au Canada peut expliquer cette évolution différenciée des taux entre les états et les provinces canadiennes.

 

Enfin, le graphique 7 présente, pour les mêmes territoires l’évolution du taux hebdomadaire moyen de mortalité depuis le 1er février. D’un côté, on observe une diminution, sur l’ensemble de la période, des taux des trois territoires américains, de l’autre, une stabilisation, à partir de la mi-mars, des trois régions canadiennes. L’avancement de la vaccination, semble avoir eu, pour effet de diminuer la mortalité aux États-Unis et de la stabiliser au Canada.

 4. Situation du Québec sur le plan international

Sur le plan international, parmi les pays comparés avec le Québec, ceux qui montraient les taux cumulés de cas de COVID-19 les plus élevés à la fin de 2020, sont la République Tchèque, les États-Unis, la Belgique et la Suisse  avec des taux de plus de 50 000 cas par million d’habitants. Le Québec se positionne au 8e rang sur 27 territoires alors que le Canada fait un peu mieux avec une 5e position. Le Japon et la Finlande occupent les deux premières places.

Depuis le début de l’année 2021, le Québec présente avec le Canada un taux relativement faible. Sur l’ensemble de la période pandémique, de mars 2020 jusqu’au 10 avril 2021, le Québec et le Canada cumulent des taux de cas par COVID-19 qui se situent parmi les plus bas. Cette situation peut dépendre en partie du taux de dépistage qui peut varier fortement, dans le temps, et d’un pays à l’autre. Les taux les plus élevés sont rapportés par la République Tchèque, Israël et les États-Unis.

 

Le graphique suivant permet de comparer les taux pour les jours les plus récents.  La figure de gauche présente le taux quotidien moyen des différentes populations comparées au Québec pour les 7 derniers jours en date du 10 avril. Le Québec présente un taux inférieur à celui du Canada. Les taux québécois et canadiens se situent au milieu du classement. Quatre pays affichent des taux quotidiens moyens supérieurs à 400 cas par million : la Suède, l’Argentine, la France et les Pays-Bas. En comparaison, le plus haut taux quotidien enregistré au Québec depuis le tout début de la pandémie est de 313 par million observé au début de janvier 2021. Israël et le Royaume-Uni, qui dominent le classement pour la proportion de personnes vaccinées, se retrouvent maintenant parmi les pays rapportant les taux les plus faibles.

La figure de droite permet de voir la variation du taux par rapport à la semaine précédente. La moitié des pays est prise avec une hausse de nouveaux cas. Le Québec et le Canada font partie maintenant des endroits les plus touchés avec des hausses respectives de 31 % et 39 %. Signe encourageant, les campagnes intensives de vaccination en Israël et au Royaume-Uni atteignent leur objectif alors que ces pays rapportent les diminutions les plus importantes au cours de la dernière semaine.

 

Le graphique de gauche présente le taux cumulatif de mortalité au 31 décembre 2020 et permet d’illustrer l’impact démographique de la COVID-19 dans les différents pays sur l’ensemble de l’année 2020. Sept pays rapportent des taux supérieurs à 1 000 décès par million d’habitants : la Belgique, l’Italie, le Pérou, l’Espagne, le Royaume-Uni, la République Tchèque et les États-Unis. Le Québec suit de près avec un taux de 959 par million. Le Canada se positionne relativement bien avec un taux de 418 par million.

Le graphique du centre montre que depuis le début de 2021, le Québec se compare plus favorablement que lors de la vague précédente. Il affiche une mortalité nettement plus faible que bien des pays européens et des États-Unis. Il enregistre cependant un taux qui est 47 % supérieur à celui du Canada. Les pays les plus touchés sont la République Tchèque, le Portugal, le Royaume-Uni et le Brésil. La mortalité par COVID observée au États-Unis est presque trois fois celle du Canada.

Enfin, le graphique de droite, illustre le bilan global après plus d’un an de pandémie. Le Québec se positionne au milieu du classement avec un taux inférieur à la Suède qui a appliqué un confinement très partiel et qui a été rattrapée par cette stratégie. Le Canada se situe parmi les endroits les moins touchés devancés seulement par trois pays scandinaves et le Japon. Au bas du classement, l’on retrouve la République Tchèque, la Belgique, l’Italie et le Royaume-Uni.

 

Le graphique suivant présente, dans la section de gauche, le taux de mortalité par COVID-19 pour la période de sept jours allant du 4 au 10 avril 2021. Le Québec et le Canada se classent très favorablement avec des taux de 6 décès par million d’habitants. Le Brésil et la République Tchèque constituent présentement les deux pays les plus touchés par la mortalité par COVID. À l’opposé, le Japon, le Danemark et la Norvège affichent les taux les plus faibles.

Par rapport au sept jours précédents, le Québec rapporte une hausse du taux de mortalité de 38 % et le Canada une hausse de 12 %. La Suisse ainsi que quatre pays de l’Amérique latine enregistrent les hausses les plus fortes.

 

Le graphique suivant présente la proportion de la population qui a reçu au moins une dose ainsi que celle qui a reçu deux doses et qui bénéficie d’une immunisation complète. Israël, qui a une entente particulière avec la firme Pfizer, se classe au premier rang avec 61 % de la population qui a reçu au moins une dose. Suivent le Royaume-Uni, le Chili et les États-Unis avec des proportions variant entre 34 % et 47 %.  Le Québec et le Canada se situent loin derrière avec des pourcentages respectifs de 21 % et 18 %. Il est à noter que le Canada et le Québec ont administré sensiblement le même nombre de doses par habitant, mais le Québec a choisi de concentrer ses efforts à vacciner le plus grand nombre de personnes avec une seule dose. Au Canada, 2,1 % de la population a reçu deux doses.

 

En parallèle à l’évolution de la vaccination en Israël et au Royaume-Uni, il est intéressant d’y suivre la progression quotidienne des nouveaux cas et des décès par COVID. En Israël, le taux de nouveaux cas et de décès s’est mis à baisser lorsque le pourcentage de personnes ayant reçu au moins une dose a atteint 40 %. En près de trois mois, le taux de nouveaux cas a chuté de 97 % et le taux de mortalité de 86 %.

Au Royaume-Uni, le taux de nouveaux cas a commencé à diminuer avant que la vaccination rejoigne une proportion significative de la population. La vaccination semble avoir permis au pays de présenter une baisse continue des décès et des nouveaux pendant que les autres pays européens enchaînaient les hausses et les baisses. La vaccination prioritaire des personnes âgées a eu un impact plus direct sur la mortalité qui a presque disparu en deux mois. Il est à noter que le Royaume-Uni a préconisé, comme le Québec, une vaccination élargie de la population avec une première dose.

Les commentaires sont fermés