Gaz à effet de serre et polluants atmosphériques, Québec et comparaisons canadiennes

1. Gaz à effet de serre
2. Polluants atmosphériques

2.1 Particules fines
2.2 Dioxyde de soufre
2.3 Oxydes d’azote
2.4 Composés organiques volatils
2.5 Monoxyde de carbone

Voir également Gaz à effet de serre et polluants atmosphériques, Québec et Canada, séries chronologiques.

1. Gaz à effet de serre

Les estimations de l’inventaire de GES portent sur le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), l’oxyde nitreux (N2O), les perfluorocarbures (PFC), les hydrofluorocarbures (HFC), l’hexafluorure de soufre (SF6) et le trifluorure d’azote (NF3) dans les cinq secteurs suivants définis par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) : énergie; procédés industriels et utilisation des produits; agriculture; déchets; affectation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie (ATCATF). Les méthodes servant à estimer les émissions sont révisées à chaque année, les émissions totales font donc l’objet de changements à mesure que ces données et méthodes s’améliorent.

En 2018, au Québec, les émissions de gaz à effet de serre (GES) se sont soldées à 83 millions de tonnes, ce qui représente 11 % de l’ensemble des émissions de GES au Canada . L’Alberta, à elle seule, est responsable de près de 40 % des GES produits au Canada. Parmi les quatre provinces comparées, le Québec émet le moins de GES par habitant, 10 tonnes par habitant. En comparaison, le niveau des émissions a été le double pour le Canada dans son ensemble. En Ontario et en Colombie-Britannique, les émissions ont été respectivement de 11 et de 13 tonnes par habitant. En Alberta, elles ont été plus de 6 fois celles enregistrées au Québec.

Au cours des ans, le Québec s’est donné plusieurs cibles de réduction des gaz à effet de serre. La première cible consistait à diminuer les émissions de GES en 2012 à 10 % sous le niveau de 1990. La deuxième, établie pour 2020, vise à limiter les émissions de GES à 20 % sous le niveau de 1990. La troisième cible, identifiée dans le cadre des accords de Paris de 2015,  vise à réduire d’ici 2030 les émissions de 37,5 % par rapport au niveau de 1990. De son côté, le Canada souhaite réduire les émissions de GES en 2030 à 30 % sous le niveau de 2005. Antérieurement, le Canada s’était engagé dans le cadre du Protocole de Kyoto de limiter les émissions de GES à 6 % en dessous des niveaux de 1990 pour la période de 2008 à 2012.

De 1990 à 2018, le Québec a enregistré une diminution de 5 % et l’Ontario de 10 % alors que les émissions ont augmenté de 21 % au Canada, dans son ensemble, de 27 % en Colombie-Britannique et de 58 % en Alberta. Depuis 2015 c’est l’Ontario qui présente la plus forte diminution, près de 20 %. Les émissions sont demeurés stables à l’échelle de l’ensemble du Canada et ont baissé de 4 % au Québec. L’Alberta et la Colombie-Britannique ont vu leurs émissions augmenté. Ces données montrent que les objectifs établis par le Québec et le Canada ne seront probablement pas atteints tant pour 2020 que pour 2030.

2. Polluants atmosphériques

Les principaux contaminants atmosphériques qui sont suivis à l’échelle canadienne et des provinces sont les particules totales, et plus spécifiquement les particules fines (PM2,5), les oxydes de soufre (SOX), les oxydes d’azote (NOX), les composés organiques volatils (COV) et le monoxyde de carbone (CO). À chaque année, Environnement Canada met à jour l’inventaire des émissions de polluants atmosphériques pour les années 1990 à la plus récente selon les méthodes et les données d’estimation méthodologique les plus actuelles. Ainsi, pour une même année, les données ne sont pas comparables d’une mise à jour à l’autre.

2.1 Particules fines

En 2018, les émissions de particules fines par habitant observées en Alberta, 124 kg par habitant, représentent plus de 8 fois les niveaux enregistrés en Ontario et en Colombie-Britannique.  Le Québec se classe au 3ième rang.

Les émissions de particules fines ont augmenté entre 1990 et 2018 de 21 % en Alberta alors qu’elles ont diminué de l’ordre de 20 % en Ontario et au Québec et de plus de 50 % en Colombie-Britannique.

Au Québec, près de 50 % des particules fines proviennent des activités de la construction et de la poussière de routes et le tiers de la combustion résidentielle du bois de chauffage. En Alberta, près de 80 % des particules fines sont émises par des des sources à ciel ouvert reliées principalement aux activités de la construction et aux routes non revêtues.

2.2 Dioxyde de soufre

Les émissions par habitant de dioxyde de soufre observées en Alberta en 2018 représentent près de 4 fois les niveaux enregistrés dans les 3 autres provinces. L’Ontario enregistre la diminution la plus forte d’émissions de dioxyde de soufre entre 1990 et 2018.

Au Québec, le secteur industriel produit 81 % des émissions de dioxyde de soufre. À elle seule, l’industrie de l’aluminium est responsable de 48 % de l’ensemble des émissions. La quantité importante de dioxyde de soufre par habitant en Alberta s’explique principalement par les rejets de l’industrie pétrolière et gazière (53 %) et par la production d’électricité (41 %) qui repose principalement sur les combustibles fossiles.

2.3 Oxydes d’azote

En ce qui concerne les oxydes d’azote, le Québec et l’Ontario affichent les taux par habitant les plus faibles, moins de 30 kilogramme par habitant. En comparaison, le taux est de 56 kilogrammes par habitant en Colombie-Britannique et de 148 kilogrammes par habitant en Alberta.

Entre 1990 et 2018, les émissions d’oxydes d’azote ont enregistré des baisses de 53 % en Ontario et de 37 % au Québec. Durant la même période, elles n’ont été que de 8 % en Colombie-Britannique et de 1 % en Alberta. À l’échelle de l’ensemble du Canada, les émissions ont diminué de 25 %.

Au Québec, les sources mobiles (transports routiers, maritimes et ferroviaires) comptent pour les trois quarts des émissions d’oxydes d’azote. En Alberta, les sources mobiles  sont responsables  de 25 % des émissions  alors que près de 60 % proviennent de l’industrie pétrolière et gazière.

2.4 Composés organiques volatils

Au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique, la quantité de composés organiques volatils par habitant en 2018 oscille entre 28 et 37 kilogrammes par habitant. En Alberta, cette quantité atteint 138 kilogrammes par habitant.

Entre 1990 et 2018, les émissions de ce polluant ont diminué de seulement 10 % en Alberta alors que la baisse a été d’un peu plus de 55 % ou plus en Ontario et en Colombie-Britannique et de 46 % au Québec.

Au Québec, les émissions de composés organiques volatils proviennent de diverses sources : combustion résidentielle du bois de chauffage (37 %), produits solvants (23 %) et transport (17 %). En Alberta, l’industrie pétrolière est responsable de 71 % des émissions de ce polluant.

2.5 Monoxyde de carbone

Au Québec, la quantité de monoxyde de carbone émise par habitant, 191 kilogrammes, est nettement supérieure à celle observée en Ontario, 98 kilogrammes, et en Colombie-Britannique, 150 kilogrammes. L’Alberta se situe au sommet avec plus de 240 kilogrammes par habitant.

Les émissions totales annuelles émises par les quatre provinces ont enregistré une baisse importante entre 1990 et 2018. Le Québec affiche la diminution la plus faible, 40 %, une baisse nettement inférieure à celle observées pour le Canada, dans son ensemble, 54 %.

Au Québec, les émissions de monoxyde de carbone proviennent à 36 % de la combustion résidentielle du bois de chauffage, à 34 % du transport et à 24 % de l’industrie de l’aluminium. Les émissions québécoises de monoxyde carbones liées à l’aluminium comptent pour près de 90 % des émissions canadiennes alors que celles relatives à la combustion résidentielle du bois de chauffage représentent 47 % des émissions canadiennes.

En Alberta, le niveau élevé d’émissions de monoxide de carbone est causé principalement par le transport (45 %) et l’industrie pétrolière (42 %).

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