L’espérance de vie au Québec : une richesse collective

Pour quantifier le niveau de vie des Québécois, des mesures telles que le produit intérieur brut ou le revenu disponible par habitant sont régulièrement utilisées. Cependant, la richesse matérielle ne constitue qu’un élément parmi d’autres pour évaluer le niveau de vie d’une population. La culture, le climat social, l’éducation et surtout la santé sont d’autres dimensions importantes à prendre compte.

Le Québec au premier rang en Amérique du Nord

À ce titre, l’espérance de vie à la naissance est un indicateur largement répandu pour apprécier l’état de santé d’une population. Les données les plus récentes, publiées par Statistique Canada à fin du mois de mai, montrent que l’espérance de vie des Québécois atteint 80,6 ans et celle des Québécoises, 84,2 ans. Ainsi, le Québec se classe, parmi les provinces canadiennes, au premier rang chez les hommes et au troisième rang chez les femmes pour la longévité de sa population. Pour la première fois depuis que les statistiques sont disponibles, le Québec dépasse l’Ontario chez les hommes. De plus, le Québec continue d’augmenter son avance par rapport à la moyenne canadienne.

À l’échelle de l’Amérique du Nord, c’est au Québec où l’on vit le plus longtemps, 82,5 ans, pour la population de sexes réunis, mais c’est aussi l’endroit où le revenu disponible par habitant est le plus bas, après déductions des différents impôts et cotisations. Il n’y a aucun état américain ou province canadienne où la population vit plus longtemps qu’au Québec, même dans les états ayant un revenu disponible de plus du double de celui du Québec. L’état qui se rapproche le plus du Québec est Hawaï où la durée de vie est de 81,3 ans.

Et parmi les premiers au sein de l’OCDE

Lorsque le Québec est comparé aux pays de l’OCDE, celui-ci se retrouve au 5e rang pour ce qui est de l’espérance de vie mais au 19e rang pour le produit intérieur brut (PIB) par habitant. À l’opposé, les États-Unis se positionnent au 3e rang pour le PIB par habitant mais au dernier rang pour l’espérance de vie à la naissance. Parmi les 5 états ayant les espérances de vie les plus élevées, il y en 4 qui se classent parmi les PIB les plus bas. Ceci montre bien qu’à partir d’un certain seuil de richesse matérielle, un PIB ou un revenu par habitant plus élevé ne garantit pas automatiquement une longévité plus grande de la population.

On peut toujours reprocher à l’espérance de vie d’être une mesure de quantité plutôt que de qualité de la vie. C’est pourquoi afin de comptabiliser uniquement les années vécues en bonne santé, plusieurs indicateurs regroupés sous le terme d’espérance de santé ont été développés. Les données les plus récentes montrent que parmi les provinces canadiennes, c’est au Québec que les gens vivent le plus longtemps en santé.

Si le Québec semble présenter un portrait désavantageux en ce qui concerne les principaux indicateurs économiques, sa population se compare favorablement aux sociétés les mieux nantis du globe en ce qui a trait à son état de santé. Ainsi, le niveau de vie d’une population ne se mesure pas seulement en dollars mais aussi en années vécues.

Une espérance de vie élevée pour tous

Cependant, des écarts importants d’espérance de vie et d’espérance de santé subsistent au sein de la population québécoise selon le lieu de résidence et le niveau socioéconomique. Ces écarts peuvent être de l’ordre de 10 ans d’espérance de vie à la naissance entre milieux favorisés et défavorisés. Un cas extrême d’inégalités qui persistent au Québec concerne les populations autochtones. Ainsi, au Nunavik, cette région du Québec peuplée majoritairement de personnes d’origine inuite, l’espérance de vie à la naissance stagne depuis plusieurs décennies à moins de 70 ans alors que celle de l’ensemble du Québec atteint 82,5 ans. Notre défi collectif consiste à réduire ces inégalités afin que le fait de vivre longtemps et en santé soit accessible à tous les résidants du Québec.

Pour marque-pages : Permaliens.

Les commentaires sont fermés