Gaz à effet de serre et polluants atmosphériques, Québec et comparaisons canadiennes

1. Gaz à effet de serre
2. Polluants atmosphériques

2.1 Particules fines
2.2 Dioxyde de soufre
2.3 Oxydes d’azote
2.4 Composés organiques volatils
2.5 Monoxyde de carbone

Voir également Gaz à effet de serre et polluants atmosphériques, Québec et Canada, séries chronologiques.

1. Gaz à effet de serre

Les estimations de l’inventaire de GES portent sur le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), l’oxyde nitreux (N2O), les perfluorocarbures (PFC), les hydrofluorocarbures (HFC), l’hexafluorure de soufre (SF6) et le trifluorure d’azote (NF3) dans les cinq secteurs suivants définis par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) : énergie; procédés industriels et utilisation des produits; agriculture; déchets; affectation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie (ATCATF). Les méthodes servant à estimer les émissions sont révisées à chaque année, les émissions totales font donc l’objet de changements à mesure que ces données et méthodes s’améliorent.

En 2016, au Québec, les émissions de gaz à effet de serre (GES) se sont soldées à 77,3 millions de tonnes, ce qui représente 11 % de l’ensemble des émissions de GES au Canada . L’Alberta, à elle seule, est responsable de plus du tiers des GES produits au Canada. Parmi les quatre provinces comparées, le Québec émet le moins de GES par habitant, 9 tonnes par habitant. En comparaison, le niveau des émissions a été le double pour le Canada dans son ensemble. En Ontario et en Colombie-Britannique, les émissions ont été respectivement de 12 et de 13 tonnes par habitant. En Alberta, elles ont été plus de 6 fois celles enregistrées au Québec.

Au cours des ans, le Québec s’est donné plusieurs cibles de réduction des gaz à effet de serre. La première cible consistait à diminuer les émissions de GES en 2012 à 10 % sous le niveau de 1990. La deuxième, établie pour 2020, vise à limiter les émissions de GES à 20 % sous le niveau de 1990. La troisième cible, identifiée dans le cadre des accords de Paris de 2015,  vise à réduire les émissions de 37,5 % par rapport au niveau de 1990. De son côté, le Canada souhaite réduire les émissions de GES en 2030 à 30 % sous le niveau de 2005. Antérieurement, le Canada s’était engagé dans le cadre du Protocole de Kyoto de limiter les émissions de GES à 6 % en dessous des niveaux de 1990 pour la période de 2008 à 2012.

De 1990 à 2016, le Québec et l’Ontario ont enregistré des baisses de l’ordre de 10 % alors que les émissions ont augmenté de 17 % au Canada, dans son ensemble, de 18 % en Colombie-Britannique et de plus de 50 % en Alberta. Au cours des dix dernières années, c’est l’Ontario qui présente la plus forte diminution, près de 20 %. Seule l’Alberta a vu ses émissions augmenté. La baisse observée au Canada, 4 %, montre que l’objectif de réduction de 30 % de 2005 à 2030 sera difficile à atteindre.

2. Polluants atmosphériques

Les principaux contaminants atmosphériques qui sont suivis à l’échelle canadienne et des provinces sont les particules totales, et plus spécifiquement les particules fines (PM2,5), les oxydes de soufre (SOX), les oxydes d’azote (NOX), les composés organiques volatils (COV) et le monoxyde de carbone (CO). À chaque année, Environnement Canada met à jour l’inventaire des émissions de polluants atmosphériques pour les années 1990 à la plus récente selon les méthodes et les données d’estimation méthodologique les plus actuelles. Ainsi, pour une même année, les données ne sont pas comparables d’une mise à jour à l’autre.

2.1 Particules fines

En 2016, les émissions de particules fines par habitant observées en Alberta, 134 kg par habitant, représentent plus de 5 fois les niveaux enregistrés en Ontario, en Colombie-Britannique et au Québec.

Les émissions de particules fines ont augmenté entre 1990 et 2016 de 12 % en Alberta alors qu’elles ont diminué de l’ordre de 17 % en Ontario, au Québec ainsi qu’au Canada, dans son ensemble, et de plus de 50 % en Colombie-Britannique.

Au Québec, près de 50 % des particules fines proviennent des activités de la construction et de la poussière de routes et le tiers de la combustion résidentielle du bois de chauffage. En Alberta, près de 80 % des particules fines sont émises par des des sources à ciel ouvert reliées principalement aux activités de la construction et aux routes non revêtues.

2.2 Dioxyde de soufre

Les émissions par habitant de dioxyde de soufre observées en Alberta en 2016 représentent près de 4 fois les niveaux enregistrés dans les 3 autres provinces. L’Ontario enregistre la diminution la plus forte d’émissions de dioxyde de soufre entre 1990 et 2016.

Au Québec, le secteur industriel produit 81 % des émissions de dioxyde de soufre. À elle seule, l’industrie de l’aluminium est responsable de 48 % de l’ensemble des émissions. La quantité importante de dioxyde de soufre par habitant en Alberta s’explique principalement par les rejets de l’industrie pétrolière et gazière (53 %) et par la production d’électricité (41 %) qui repose principalement sur les combustibles fossiles.

2.3 Oxydes d’azote

En ce qui concerne les oxydes d’azote, le Québec et l’Ontario affichent les taux par habitant les plus faibles, moins de 30 kilogramme par habitant. En comparaison, le taux est de 61 kilogrammes par habitant en Colombie-Britannique et de 148 kilogrammes par habitant en Alberta.

Alors qu’entre 1990 et 2016, les émissions d’oxydes d’azote ont enregistré des baisses de 51 % en Ontario et de 38 % au Québec, elles n’ont été que de 9 % en Colombie-Britannique et de 3 % en Alberta. À l’échelle de l’ensemble du Canada, les émissions ont diminué de 25 %.

Au Québec, les sources mobiles (transports routiers, maritimes et ferroviaires) comptent pour les trois quarts des émissions d’oxydes d’azote. En Alberta, les sources mobiles  sont responsables  de 25 % des émissions  alors que près de 60 % proviennent de l’industrie pétrolière et gazière.

2.4 Composés organiques volatils

Au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique, la quantité de composés organiques volatils par habitant en 2016 oscille entre 27 et 35 kilogrammes par habitant. En Alberta, cette quantité atteint 134 kilogrammes par habitant.

Entre 1990 et 2016, les émissions de ce polluant ont diminué de seulement 17% en Alberta alors que la baisse a été de plus de 50 % en Ontario, en Colombie-Britannique et au Québec.

Au Québec, les émissions de composés organiques volatils proviennent de diverses sources : combustion résidentielle du bois de chauffage (37 %), produits solvants (23 %) et transport (17 %). En Alberta, l’industrie pétrolière est responsable de 71 % des émissions de ce polluant.

2.5 Monoxyde de carbone

Au Québec, la quantité de monoxyde de carbone émise par habitant, 187 kilogrammes, est nettement supérieure à celles observées en Ontario, 104 kilogrammes, et en Colombie-Britannique, 155 kilogrammes. L’Alberta se situe au sommet avec plus de 230 kilogrammes par habitant.

Les émissions totales annuelles émises par les quatre provinces ont enregistré une baisse importante entre 1990 et 2016. Le Québec affiche la diminution la moins forte, 42 %, une baisse nettement inférieure à celle observées pour le Canada, dans son ensemble, 54 %.

Au Québec, les émissions de monoxyde de carbone proviennent à 36 % de la combustion résidentielle du bois de chauffage, à 34 % du transport et à 24% de l’industrie de l’aluminium. Les émissions québécoises de monoxyde carbones liées à l’aluminium comptent pour près de 90 % des émissions canadiennes alors que celles relatives à la combustion résidentielle du bois de chauffage représentent 47 % des émissions canadiennes.

En Alberta, le niveau élevé d’émissions de monoxide de carbone est causé principalement par le transport (45 %) et l’industrie pétrolière (42 %).

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