Gaz à effet de serre et polluants atmosphériques, Québec et Canada, séries chronologiques

1. Gaz à effet de serre
2. Polluants atmosphériques

2.1 Particules fines
2.2 Dioxyde de soufre
2.3 Oxydes d’azote
2.4 Composés organiques volatils
2.5 Monoxyde de carbone

1. Gaz à effet de serre

En 2016, le Québec produisait par habitant 50 % moins de gaz à effet de serre (GES) que le Canada. Depuis 2005, les émissions de gaz à effet de serre sont demeurées relativement stables au Canada alors qu’elles ont diminué de 13 % au Québec..

 

Au cours des ans, le Québec s’est donné plusieurs cibles de réduction des gaz à effet de serre. La première cible consistait à diminuer les émissions de GES en 2012 à 10 % sous le niveau de 1990. La deuxième, établie pour 2020, vise à limiter les émissions de GES à 20 % sous le niveau de 1990. La troisième cible, identifiée dans le cadre des accords de Paris de 2015,  vise à réduire les émissions de 37,5 % par rapport au niveau de 1990. De son côté, le Canada souhaite réduire les émissions de GES en 2030 à 30 % sous le niveau de 2005. Antérieurement, le Canada s’était engagé dans le cadre du Protocole de Kyoto de limiter les émissions de GES à 6 % en dessous des niveaux de 1990 pour la période de 2008 à 2012.

 

Au Québec, au cours des 25 dernières années, les émissions de GES ont dépassé le niveau de 1990 uniquement en 2003 et 2004. Par contre, si l’objectif de réduction de 6 % des GES en 2012 par rapport à 1990 a été atteint, les autres objectifs ne semblent pas en voie d’être accompli. De 2005 à 2010, les émissions de GES ont diminué de 8 % alors que de 2010 à 2016, la réduction n’a été que 3 %.  Au Canada, la situation est encore plus préoccupante. Les valeurs observées en 2016 se situent à 17 % au-dessus de celles de 1990 et sont au même niveau qu’en 2012.

Le bilan peu reluisant du Canada en matière de réduction des GES s’explique en grande partie par l’exploitation du pétrole en Alberta. Au Canada, le quart des émissions de GES est causé par l’exploitation pétrolière et gazière. Au Québec, le transport compte pour 41 % des émissions de GES.

 

2. Polluants atmosphériques

Les principaux contaminants atmosphériques qui sont suivis à l’échelle du Canada et des provinces sont les particules fines (PM2,5), le dioxyde de soufre (SOX), les oxydes d’azote (NOX), les composés organiques volatils (COV) et le monoxyde de carbone (CO). À chaque année, Environnement Canada met à jour l’inventaire des émissions des polluants atmosphériques pour les années 1990 à la plus récente selon les méthodes et les données d’estimation méthodologique les plus actuelles. Ainsi, pour une même année, les données ne sont pas comparables d’une mise à jour à l’autre.

2.1 Particules fines

En 2016, le Québec a émis 25 kilogrammes de particules fines par habitant comparativement à 44 kilogrammes par habitant pour le Canada. Depuis 2006, les émissions de particules fines sont demeurées relativement stables au Québec et au Canada. Les données disponibles remontent à 1990, année où les émissions par habitant étaient à leur plus haut niveau, 36 kilogrammes par habitant au Québec et 71 kilogrammes par habitant au Canada.

2.2 Dioxyde de soufre

Les émissions atmosphériques de dioxyde de soufre par habitant sont beaucoup plus faibles au Québec qu’au Canada. En 2016, on enregistrait en moyenne des émissions de 14 kilogrammes par habitant au Québec et de 29 kilogrammes par habitant au Canada. Aux deux endroits, les valeurs pour l’année la plus récente représentent un plancher depuis que les données sont observées. Depuis 1995, les émissions d’oxydes de soufre n’ont cessé de diminuer d’une année à l’autre. De 1995 à 2016, les émissions par habitant ont enregistré une chute de 75 % au Québec et de 67 % au Canada.

 

Entre 1994 et 1995, les émissions d’oxyde de soufre par habitant ont bondi de 62 % au Québec. Cette hausse est essentiellement due à une hausse des émissions liées au secteur de la fonte et de l’affinage des métaux non ferreux. En 1995, ce secteur représentait 55 % de l’ensemble des émissions d’oxyde de soufre alors qu’en 2016, il ne compte que pour 18 %.

2.3 Oxydes d’azote

Au Québec, le taux d’émissions atmosphériques d’oxydes d’azote par habitant, 25 kilogrammes, ne représentent que la moitié du taux canadien, 50 kilogrammes. Dans les deux régions, les émissions par habitant, après avoir augmenté durant les années 90, ont diminué constamment jusqu’à nos jours. Depuis 2000, elles ont diminué de 47 % au Canada et de 50 % au Québec.

 

La concentration en Alberta du secteur des industries pétrolières explique en grande partie les émissions plus élevées par habitant au Canada qu’au Québec.

2.4 Composés organiques volatils

Au Québec et dans l’ensemble du Canada, les émissions atmosphériques de composés organiques volatils (COV) par habitant affichent une baisse importante depuis 1990, de plus de 50 %. En 2016, le taux d’émission était de 50 kilogrammes par habitant au Canada et de 35 kilogrammes par habitant au Québec.

 

Au Québec, les émissions de composés organiques volatils proviennent de diverses sources : combustion résidentielle du bois de chauffage (37 %), produits solvants (23 %) et transport (17 %). Au Canada,  l’industrie pétrolière est responsable de 35 % des émissions de ce polluant.

2.5 Monoxyde de carbone

Depuis 2007, le Québec émet plus de monoxyde carbone par habitant que le Canada. En 2016, les quantités émises étaient de 187 kilogrammes par habitant au Québec et de 159 kilogrammes par habitant au Canada. De plus, la chute des émissions de monoxyde de carbone par habitant entre 1990 et 2016 a été beaucoup plus prononcée au Canada, 65 %, qu’au Québec, 51 %.

Au Québec, les émissions de monoxyde de carbone proviennent à 36 % du bois de chauffage résidentiel, à 34 % du transport et à 24 % de l’industrie de l’aluminium. Les émissions québécoises de monoxyde carbones liées à l’aluminium comptent pour près de 90 % des émissions canadiennes alors que celles relatives à la combustion résidentielle du bois de chauffage représentent 47 % des émissions canadiennes. Du côté du transport, les émissions québécoises de monoxyde carbone constituent moins de 20 % des émissions canadiennes.

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