Comparaisons santé : le Québec et les pays scandinaves

Ce texte a pour objectif de comparer le Québec aux pays scandinaves à partir de 16 indicateurs couvrant quatre champs de la santé et de ses déterminants : les conditions démographiques, les conditions socioéconomiques, les habitudes de vie et l’environnement et enfin la mortalité. Les pays scandinaves qui sont comparés au Québec sont le Danemark, la Norvège, la Suède et la Finlande.

Cette comparaison entre le Québec et les pays scandinaves constitue la première d’une série de comparaisons entre le Québec et des populations ciblées.

Les conditions démographiques

Le Québec comprend une population de 8,4 millions d’habitants. Seule la Suède est plus nombreuse, avec 10 millions de personnes, alors qu’au Danemark, en Norvège et en Finlande, la taille de la population est de l’ordre de 5 à 6 millions d’habitants.

Au Québec, en 1971, la proportion de la population âgée de 65 ans et plus était de 7 %, une proportion beaucoup plus faible que celles observées dans les 4 pays scandinaves. En 2017, l’importance des personnes de 65 ans et plus au Québec a dépassé celle de la Norvège et se rapproche des niveaux observés au Danemark et en Suède..

Bien qu’au cours des dernières années, la fécondité au Québec ait retrouvé les niveaux observés au milieu des années 70, le nombre moyen d’enfant par femme demeure plus faible que dans trois des quatre pays scandinaves comparés. Cette situation peut être le reflet des régimes parentaux très généreux dans ces pays.

L’espérance de vie des hommes et des femmes du Québec se compare à celles des pays scandinaves. Chez les hommes, à 80,5 ans, l’espérance de vie des Québécois est légèrement inférieure à celle des Suédois et des Norvégiens mais surpasse largement celle des Danois et des Finlandais. Chez les femmes, avec une durée de vie de 84,4 ans, les Québécoises surclassent légèrement les Danoises, les Suédoises et les Norvégiennes et ne sont égalées que par les Finlandaises.

Les conditions socioéconomiques

En 2016, 27,4 % des personnes âgées de 25 à 64 ans détiennent un grade universitaire au Québec. Cette proportion est nettement inférieure à celles observées dans les quatre pays scandinaves.

En 2017, le Québec, la Suède et le Danemark affichent des taux de chômages comparables, de l’ordre de 6 à 7 %. La Norvège affiche le taux le plus faible, 4,2 %, et la Finlande, le plus élevé, 8,6 %.

En matière de produit intérieur brut par habitant, le Québec se démarque défavorablement des quatre pays scandinaves. L’écart avec le pays affichant la valeur la plus près de celle du Québec, la Finlande, est de 5 200$. La Norvège trône au premier rang avec un PIB de 66 % supérieur à celui du Québec.

Cependant, les niveaux élevés de taxation en Scandinavie font en sorte que seule la Norvège et la Suède dépassent le Québec pour le revenu disponible des ménages par habitant après déduction des différentes catégories d’impôt. Cela ne signifie pas pour autant que les Québécois ont plus d’argent à leur disponibilité. Les impôts prélevés en Scandinavie peuvent couvrir des services pour lesquels les gens du Québec doivent débourser. Par exemple, les études universitaires sont gratuites dans les quatre pays scandinaves.

Les habitudes de vie et l’environnement

La proportion de fumeurs quotidiens est de 13 % au Québec. Dans les pays scandinaves, le pourcentage de fumeurs varie entre 11 %, en Suède et en Norvège, et 17 % au Danemark.

 

Comme pour le tabac, le nombre de litres d’alcool vendus au Québec se situe à la médiane des valeurs observées dans les pays scandinaves.

Le pourcentage de personnes obèses au Québec, 25 %, est plus élevé que dans les quatre pays scandinaves. En Norvège, la proportion observée est la moitié de celle du Québec. Il faut cependant noter que les valeurs pour le Québec ont été corrigées afin de tenir compte de la sous-estimation de la prévalence de l’obésité à partir des données autodéclarées  par les répondants. Ce qui n’est pas le cas pour les valeurs des 4 pays scandinaves.

En ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre (GES) par habitant, la Suède montre, de loin, le meilleur bilan avec des valeurs de l’ordre de 5,5 tonnes par habitant. Le Québec et les trois autres pays scandinaves présentent des émissions comparables qui varient entre 9 et 11 tonnes par habitant.

Les causes de mortalité

Plusieurs études montrent que le Québec affiche depuis plusieurs décennies une mortalité par tumeurs particulièrement élevée par rapport aux autres provinces canadiennes et aux pays de l’OCDE. Ainsi, parmi les pays scandinaves, seul le Danemark présente une mortalité par tumeurs malignes supérieure à celle du Québec.

À l’inverse, la mortalité par maladies de l’appareil circulatoire observée au Québec est nettement plus faible que dans les pays scandinaves.

En ce qui concerne les maladies de l’appareil respiratoire, le Québec occupe une position médiane par rapport aux quatre pays scandinaves. On remarque des variations importantes entre les pays scandinaves. Le taux observé au Danemark est le triple de celui enregistré en Finlande.

Ensemble, les tumeurs, les maladies de l’appareil circulatoires et les maladies de l’appareil respiratoire représentent les deux tiers des décès. Le Québec affiche, pour ces trois causes de maladies chroniques réunies, un taux plus faible que ceux des quatre pays scandinaves. Ceci explique en partie pourquoi l’espérance de vie au Québec se compare favorablement à celles des pays scandinaves.

Bien qu’elle demeure à un niveau élevé, la mortalité par suicide diminue depuis plusieurs années au Québec. Cependant, comparativement aux pays scandinaves, seule la Finlande affiche un taux aussi élevé que celui du Québec.

En conclusion

Les pays scandinaves sont souvent perçus comme un modèle de société égalitaire où l’on retrouve à la fois une gestion efficace des finances publiques et une large gamme de programmes sociaux.

Les comparaisons présentées plus haut montrent que pour certains aspects, le Québec se positionne relativement bien par rapport aux pays scandinaves.

Ainsi, le Québec se compare favorablement pour l’espérance de vie à la naissance, le revenu disponible des ménages par habitant et la mortalité par maladies de l’appareil circulatoire.

Par contre, le Québec montre un portrait désavantageux en ce qui concerne les valeurs relativement faibles de sa fécondité, de son PIB par habitant et du pourcentage de gradués universitaires ainsi que ses niveaux élevés d’obésité et de mortalité par tumeurs malignes.

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