Comparaisons santé : le Québec et l’Écosse

Ce texte a pour objectif de comparer le Québec et l’Écosse à partir de 16 indicateurs couvrant quatre champs de la santé et de ses déterminants : les conditions démographiques, les conditions socioéconomiques, les habitudes de vie et l’environnement et enfin les causes de décès. Cette comparaison entre le Québec et l’Écosse fait partie d’une série de comparaisons entre le Québec et des populations ciblées.

Les conditions démographiques

En 2015, la population du Québec s’établissait à 8,3 millions d’habitants et celle de l’Écosse à 5,4 millions. Entre 2010 et 2015, le rythme de croissance de la population québécoise, 4,2 %, a été le double de celui de la population écossaise, 2,1 %. Durant la période précédente, l’accroissement de la population a aussi été plus soutenu au Québec qu’en Écosse. En 2000, on compte 13 % de personnes âgées de 65 ans et plus au Québec, comparativement à 16 % en Écosse. Cet écart de 3 % entre les deux régions est réduit à moins de 1 % en 2015. Les prévisions pour 2034 établissent la part des personnes de 65 ans et plus à 25 % pour les deux populations. Le vieillissement plus rapide la population québécoise s’explique par l’arrivée massive dans le groupe des personnes de 65 ans et plus, à partir de 2011, des enfants nés durant le baby-boom des années 1946 à 1966.

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Si la fécondité a été nettement plus élevée au Québec qu’en Écosse durant les années d’après-guerre, les données plus récentes montrent une similarité dans l’évolution du nombre moyen d’enfants par femme qui se situait à moins de 1,5 en 2000 et à 1,6 en 2014. Les données sur l’espérance de vie à la naissance montrent un avantage marqué pour le Québec par rapport à l’Écosse. Tant en 2000 qu’en 2013, les hommes vivaient près de 3 ans de plus au Québec qu’en Écosse alors que chez les femmes, l’écart en faveur du Québec s’est rétréci passant de 3,4 ans à 2,9 ans.

Les conditions socioéconomiques

En 2014, la proportion de la population active ayant au moins un diplôme du secondaire était de 88 % au Québec et de 83 % en Écosse. En 2000, les proportions étaient respectivement de 80 % au Québec et de 72 % en Écosse. Tant en 2005 qu’en 2014, l’Écosse affiche un taux de chômage plus faible que le Québec. Dans les deux régions, le taux est plus bas en 2014 qu’en 2005.

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Le produit intérieur brut par habitant présente peu de différence entre le Québec et l’Écosse. En 2005, le PIB de l’Écosse était légèrement supérieur à celui du Québec alors qu’en 2013, c’est l’inverse qui se produit. Le PIB courant, qui ne tient pas compte de l’augmentation du coût de la vie, a augmenté de 17 % au Québec et de 11 % en Écosse. Le PIB constant, ajusté pour les variations du coût de la vie, a augmenté de 2 % au Québec alors qu’il a diminué de 3 % en Écosse. Les comparaisons du revenu disponible des ménages par habitant favorisent l’Écosse par rapport au Québec. L’écart a cependant diminué dans le temps. En 2005, le revenu courant était supérieur de 20 % en Écosse par rapport au Québec et le revenu constant de 17 %. En 2013, l’avantage de l’Écosse est de 7 % pour le revenu constant et de 4 % pour le revenu courant. De 2005 à 2013, l’évolution du revenu constant, qui tient compte de l’augmentation du coût de la vie, a fait augmenter le pouvoir d’achat des ménages de 13 % au Québec mais de seulement 3 % en Écosse.

Les habitudes de vie et l’environnement

En ce qui concerne les habitudes de vie, le tabagisme est beaucoup plus répandu en Écosse qu’au Québec. En 2014, 25 % des hommes écossais et 22 % des femmes écossaises fumaient à tous les jours comparativement à 16 % des Québécois et 14 % des Québécoises. Dans les deux régions, le tabagisme a diminué au cours des dix dernières années. La diminution a été plus importante au Québec de sorte que l’écart entre les deux régions s’est accru.

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L’Écosse affiche également des taux d’obésité plus élevés que le Québec, surtout chez les femmes. Chez celles-ci, en 2014, la prévalence de l’obésité est de 29 % en Écosse comparativement à 16 % au Québec. Chez les hommes, la différence est moins grande, 25 % en Écosse comparativement à 20 % au Québec. Dans les deux régions, le phénomène de l’obésité à pris de l ‘ampleur au cours des dix dernières années. La hausse a été plus marquée au Québec.

Les causes de mortalité

Le Québec affiche, comparativement aux pays les plus développés et autres provinces canadiennes, un des taux les plus élevés de mortalité par tumeurs. Cependant, l’Écosse affiche un taux encore plus élevé. De plus, la surmortalité de l’Écosse par rapport à celle du Québec s’est accentuée entre 2001 et 2012 passant de 4 % à 10 % chez les hommes et de 11 % à 17 % chez les femmes.

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La surmortalité de l’Écosse par rapport à celle du Québec est encore plus forte pour les maladies de l’appareil circulatoire. Elle se situe autour de 50 % chez les hommes et de 60 % chez les femmes. L’Écosse est également défavorisée en ce qui concerne les maladies de l’appareil respiratoire. En 2012, les taux écossais dépassent ceux du Québec de 60 % chez les hommes et de 90 % chez les femmes. Enfin, pour le suicide, le Québec enregistre des taux supérieurs à ceux de l’Écosse. La surmortalité Québécoise est de l’ordre de 30 % chez les hommes et de 20 % chez les femmes.

En conclusion

La comparaison entre le Québec et l’Écosse relativement aux indicateurs reliés à la santé favorisent majoritairement le Québec. Les deux régions montrent des situations similaires en ce qui concerne le vieillissement prévu de la population et le niveau de la fécondité. mais le Québec est nettement avantagée pour l’espérance de vie à la naissance.

En matière de conditions socioéconomiques, le Québec présente une proportion plus élevée de personnes ayant un diplôme du secondaire, alors que l’Écosse est mieux positionnée relativement aux taux de chômage et aux revenus disponibles des ménages.

Le Québec devance nettement l’Écosse en ce qui concerne les saines habitudes de vie tandis que du côté de l’environnement, aucune des deux régions se démarque.

Enfin, en ce qui concerne les causes de mortalité, sauf pour le suicide, les taux québécois sont nettement plus faibles que ceux de l’Écosse.

 

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