Comparaisons santé : le Québec et la France

Ce texte a pour objectif de comparer le Québec et la France à partir de 16 indicateurs couvrant quatre champs de la santé et de ses déterminants : les conditions démographiques, les conditions socioéconomiques, les habitudes de vie et l’environnement et enfin la mortalité. Cette comparaison entre le Québec et la France fait partie d’une série de comparaisons entre le Québec et des populations ciblées.

Les conditions démographiques

Entre 2013 et 2017, la population du Québec a connu une croissance démographique annuelle moyenne de 6,4 pour 1 000 et la France de 5 pour 1 000. Cette croissance plus élevée au Québec qu’en France s’explique essentiellement par l’immigration. Au Québec, les échanges migratoires avec le reste du monde se sont soldés par un taux d’accroissement migratoire annuel moyen de 3,8 pour 1 000. En comparaison, pour la même période, le taux d’accroissement migratoire n’a été que de 1,0 pour 1 000 en France. En ce qui concerne l’accroissement naturel, soit la différence entre les naissances et les décès, le taux a été de l’ordre de 3 pour 1 000 dans les deux territoires.

 

 

En 1971, la proportion de la population âgée de 65 ans et plus était beaucoup plus faible au Québec qu’en France. En 1994, la différence entre les deux états était réduite de plus de la moitié. En 2017, le Québec a presque rejoint la France. Le vieillissement rapide de la population québécoise est le résultat combiné du faible niveau de fécondité, qui perdure depuis les années soixante-dix, et l’arrivée massive, depuis 2011, des baby-boomers dans le groupe d’âge des 65 ans et plus.

La hausse de la fécondité qu’a connue le Québec au milieu des années 2000 a été de courte durée et n’a pas permis d’atteindre le niveau observé en France. Alors que l’on enregistre actuellement une fécondité de 1,59 enfant par femme au Québec, la France affiche un niveau d’au moins 1,9 enfant par femme depuis une quinzaine d’années.

La comparaison de l’espérance de vie à la naissance entre le Québec et la France présente des résultats différents pour les hommes et pour les femmes. D’un côté, les Québécois affichent une durée de vie moyenne supérieure de 1,1 an à celle des Français. De l’autre, les Françaises vivent 0,9 an de plus que les Québécoises. Entre 2001 et 2017, les écarts entre les deux états ont montré peu de variations.

Les conditions socioéconomiques

Au Québec, 25,0 % des hommes âgées de 25 à 64 ans et 30 % des femmes du même âge possèdent un grade universitaire, des proportion qui semble relativement faibles par rapport à la moyenne canadienne, mais qui dépassent largement les proportions observées en France, 20 % chez les hommes et 21 % chez les femmes.

En 2017, le taux de chômage de la France, de l’ordre de 9,5 % chez les deux sexes, dépassait nettement celui du Québec qui s’établissait à 6,4 % chez les hommes et à 5,7 % chez les femmes.

L’évolution du produit intérieur brut par habitant entre 2007 et 2016 a favorisé la France par rapport au Québec. En 2007, le PIB de la France dépassait celui du Québec de 1 400$ alors qu’en 2016 l’avance de la France passait à plus de 4 000$.

Enfin, le revenu disponible des ménages par habitant, après déduction des différents impôts et cotisations, se situait en 2015 à 19 202 dollars américains au Québec et à 20 480 $ en France. L’écart entre les deux états a diminué de près de moitié entre 2005 et 2015 passant de 3 500$ à 1 300$.

Les habitudes de vie et l’environnement

Tant chez les hommes que chez les femmes, l’on retrouve une proportion plus élevée de fumeurs en France qu’au Québec. Entre 2003 et 2017, chez les Françaises, la prévalence du tabagisme a diminué de seulement 1,6 point de pourcentage alors qu’elle a diminué de 6 points de pourcentage chez les Québécoises et les Français et de près de 8 points chez les Québécois. En France comme au Québec, le tabagisme est plus répandu chez les hommes que chez les femmes.

Il se vend plus de litres d’alcool par habitant en France qu’au Québec. Cependant, l’écart entre les deux pays a diminué considérablement entre 2006 et 2016, la surconsommation d’alcool des Français par rapport au Québécois passant de 65 % à 41 %.

La prévalence de l’obésité est à la hausse en France et au Québec. Mais le Québec est beaucoup plus touché par ce problème. En 2015, 23 % des Québécois et 17 % des Québécoises souffraient d’obésité comparativement à 17 % des Français et des Françaises. Dans les deux états, les proportions sont légèrement plus élevées chez les femmes que chez les femmes.

Les émissions de gaz à effet de serre par habitant sont plus élevées au Québec qu’en France. Les deux territoires ont vu leurs émissions par habitant diminuer de l’ordre de 25 % entre 1990 et 2016. En ce qui concerne les émissions totales, sans égard à l’évolution de la population, entre 2005 et 2015, la France a enregistré une diminution de 17 % mais le Québec de seulement 2 %.

Les causes de mortalité

Le Québec et la France enregistrent des taux élevés de mortalité par tumeurs malignes. Chez les hommes, le taux est légèrement plus élevé en France qu’au Québec. Chez les femmes, c’est le Québec qui enregistre une surmortalité de l’ordre de 30 %. Entre 2000 et 2015, la diminution de la mortalité par tumeurs malignes a été plus forte au Québec qu’en France chez les hommes et en France qu’au Québec chez les femmes.

Dans les comparaisons internationales, la France et le Québec se situent parmi les pays de l’OCDE ayant les taux les plus faibles de mortalité par maladies de l’appareil circulatoire. Les écarts entre les deux territoires, en 2000 et en 2015, tant chez les hommes que chez les femmes, ne dépassent pas 12 %. Entre 2005 et 2015, les réductions de la mortalité par maladies de l’appareil circulatoire selon le sexe, tant au Québec qu’en France, se situent entre 45 et 50 %.

En 2015, le Québec montre, comparativement à la France, une surmortalité par maladies de l’appareil respiratoire de l’ordre de 60 % chez les hommes et de 110 % chez les femmes. Alors qu’entre 2000 et 2015, le taux a enregistré une diminution se situant entre 23 % et 34 % chez les hommes du Québec et les hommes et les femmes de la France,  il a augmenté de 17 % chez les Québécoises.

Tant en 2000 qu’en 2015, le taux de mortalité par suicide chez les hommes est légèrement plus faible au Québec qu’en France. Chez les femmes, le taux était plus élevé en France en 2000 et au Québec en 2015. Entre 2000 et 2015, le taux de suicide a chuté de l’ordre de 30 % chez les hommes du Québec et de la France et chez les femmes de la France. Il est demeuré stable chez les femmes du Québec.

En conclusion

Il existe de nombreux champs de coopération privilégies entre le Québec et la France, comme la culture, l’éducation, les échanges universitaires, la jeunesse, la science et les technologies. Dans ce contexte, il est intéressant de comparer ces deux territoires sous l’angle de la santé.

La comparaison montre des similitudes en ce qui concerne le revenu disponible par habitant de même que pour la mortalité par tumeurs et par maladies de l’appareil circulatoire.

Le Québec se compare avantageusement à la France en ce qui concerne la croissance démographique, l’espérance de vie chez les hommes, la scolarité universitaire, le chômage, le tabagisme et la consommation d’alcool et le suicide.

À l’inverse, la France présente une situation plus favorable en ce qui a trait au vieillissement de la population, à la fécondité, à l’espérance de vie chez les femmes, à la prévalence de l’obésité, aux émissions de gaz à effet de serre, à la mortalité par maladies de l’appareil respiratoire et à celle par tumeurs chez les femmes.

Mais globalement, entre le Québec et la France, aucun des deux territoires ne semblent se démarquer avantageusement de l’autre.

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