Comparaisons santé : le Québec et la France

Ce texte a pour objectif de comparer le Québec et la France à partir de 16 indicateurs couvrant quatre champs de la santé et de ses déterminants : les conditions démographiques, les conditions socioéconomiques, les habitudes de vie et l’environnement et enfin la mortalité. Cette comparaison entre le Québec et la France fait partie d’une série de comparaisons entre le Québec et des populations ciblées.

Les conditions démographiques

Entre 2007 et 2013, la population du Québec a connu une croissance démographique annuelle moyenne de 9,7 pour 1 000 et la France de 5 pour 1 000. Cette croissance plus élevée au Québec qu’en France s’explique essentiellement par l’immigration. Au Québec, les échanges migratoires avec le reste du monde se sont soldés par un taux d’accroissement migratoire annuel moyen de 4,7 pour 1 000. En comparaison, pour la même période, le taux d’accroissement migratoire n’a été que de 0,8 pour 1 000 en France. En ce qui concerne l’accroissement naturel, soit la différence entre les naissances et les décès, le taux a été d’un peu moins de 4 pour 1 000 dans les deux territoires.

Quebec-France 1

En 2001, la proportion de la population âgée de 65 ans et plus était beaucoup plus faible au Québec qu’en France. En 2015, la différence entre les deux régions était réduite de plus de la moitié. Les prévisions pour 2030 annoncent un revirement de situation où le Québec présentera une proportion plus élevée que la France. Le vieillissement rapide de la population québécoise est le résultat combiné du faible niveau de fécondité, qui perdure depuis les années soixante-dix, et l’arrivée massive, depuis 2011, des baby-boomers dans le groupe d’âge des 65 ans et plus.

La hausse de la fécondité qu’a connue le Québec au cours des dernières années ne permet pas d’assurer le remplacement des générations. Alors que l’on enregistre actuellement une fécondité de 1,65 enfant par femme au Québec, la France affiche un niveau de 2 enfants par femme depuis une dizaine d’années.

La comparaison de l’espérance de vie à la naissance entre le Québec et la France présente des résultats différents pour les hommes et pour les femmes. D’un côté, les Québécois affichent une durée de vie moyenne supérieure de 1,0 an à celle des Français. De l’autre, les Françaises vivent 1,6 an de plus que les Québécoises. L’écart s’est accentué entre 2001 et 2012.

Les conditions socioéconomiques

Au Québec, 26,5 % des personnes âgées de 25 à 64 ans possèdent un grade universitaire, une proportion qui semble relativement faible par rapport à la moyenne canadienne, mais qui dépasse largement celle observée en France, 18 %.

Quebec-France 2

En 2005, la France affichait un taux de chômage de 8,9 % alors que celui du Québec se situait à 8,2 %. En 2014, le Québec, avec un taux de 7,7 %, se retrouve en bien meilleure position que la France avec un chômage atteignant la barre des 10 %.

L’évolution produit intérieur brut par habitant entre 2005 et 2014 a favorisé la France par rapport au Québec. En 2005, le PIB des deux états était identique alors qu’en 2014, celui de la France dépasse par 2700$ le PIB du Québec.

Enfin, le revenu disponible des ménages par habitant, après déduction des différents impôts et cotisations, avoisine au Québec et en France les 19 000$ US.

Les habitudes de vie et l’environnement

Tant chez les hommes que chez les femmes, l’on retrouve une proportion plus élevée de fumeurs en France qu’au Québec. Entre 2003 et 2013, chez les Françaises, la prévalence du tabagisme est restée stable alors qu’elle a diminué de 6 points de pourcentages chez les Québécoises, de près de 3 points de pourcentage chez les Français et de 6 points chez les Québécois.

Quebec-France 3

Il se vend plus de litres d’alcool par habitant en France qu’au Québec. Cependant, l’écart entre les deux pays a diminué considérablement entre 2001 et 2014, la surconsommation d’alcool des Français par rapport au Québécois passant de 86 % à 34 %.

La prévalence de l’obésité est à la hausse en France et au Québec. Mais le Québec est beaucoup plus touché par ce problème. En 2013, 20 % des Québécois et 16 % des Québécoises souffraient d’obésité comparativement à 15 % des Français et des Françaises.

Les émissions de gaz à effet de serre par habitant sont plus élevées au Québec qu’en France. Les deux territoires ont vu leurs émissions par habitant diminuer de l’ordre de 20 % entre 1990 et 2012. En ce qui concerne les émissions totales, sans égard à l’évolution de la population, la France a enregistré une diminution de 11 % et le Québec de 7 %.

Les causes de mortalité

Le Québec et la France enregistrent des taux élevés de mortalité par tumeurs. Chez les hommes, le taux est légèrement plus élevé en France qu’au Québec. Chez les femmes, c’est le Québec qui enregistre une surmortalité de l’ordre de 30 %. Entre 2001 et 2011, la France et le Québec ont enregistré des diminutions similaires de la mortalité : de l’ordre 18 % chez les hommes et de 8 % chez les femmes de sorte que les écarts sont demeurés semblables entre les territoires.

Quebec-France 4

Dans les comparaisons internationales, la France et le Québec se situent parmi les pays de l’OCDE ayant les taux les plus faibles de mortalité par maladies de l’appareil circulatoire. Les écarts entre les deux territoires, en 2001 et en 2011, tant chez les hommes que chez les femmes, ne dépassent pas 10 %. Entre 2001 et 2011, les réductions de la mortalité par maladies de l’appareil circulatoire, tant au Québec qu’en France, se situent entre 35 et 40 %.

En 2011, le Québec montre, comparativement à la France, une surmortalité par maladies de l’appareil respiratoire de l’ordre de 43 % chez les hommes et de 91 % chez les femmes. Alors qu’entre 2001 et 2011, le taux a diminué de l’ordre de 17 % à 23 % chez les Québécois, les Français et les Françaises, il a augmenté de 6 % chez les Québécoises.

En 2001, la mortalité par suicide se situait au même niveau au Québec et en France. Cependant, comme le Québec a fait meilleure figure dans la réduction des taux de suicide, il se retrouve en 2011 avec une mortalité bien inférieure à celle de la France. Chez les femmes, la France présentent, tant en 2001 qu’en 2011, une surmortalité de l’ordre de 25 % par rapport aux Québécoises.

En conclusion

Il existe de nombreux champs de coopération privilégies entre le Québec et la France, comme la culture, l’éducation, les échanges universitaires, la jeunesse, la science et les technologies. Dans ce contexte, il est intéressant de comparer ces deux territoires sous l’angle de la santé.

La comparaison montre ainsi des similitudes en ce qui concerne le revenu disponible par habitant de même que pour la mortalité par tumeurs et par maladies de l’appareil circulatoire.

Le Québec se compare avantageusement à la France en ce qui concerne la croissance démographique, l’espérance de vie chez les hommes, la scolarité universitaire, le chômage, le tabagisme, la consommation d’alcool et le suicide.

À l’inverse, la France présente une situation plus favorable en ce qui a trait au vieillissement de la population, à la fécondité, à l’espérance de vie chez les femmes, à la prévalence de l’obésité, aux émissions de gaz à effet de serre, à la mortalité par maladies de l’appareil respiratoire et à celle par tumeurs chez les femmes.

Mais globalement, entre le Québec et la France, aucun des deux territoires ne semblent se démarquer avantageusement de l’autre.

Pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.