Comparaisons santé : les régions métropolitaines de Montréal, Toronto et Vancouver

Ce texte vise à comparer les trois plus grandes régions métropolitaines de recensement du Canada, Montréal, Toronto et Vancouver, à partir de 20 indicateurs couvrant cinq champs de la santé et de ses déterminants : les conditions démographiques, les conditions socioéconomiques, les facteurs de risque, l’état de santé et les causes de mortalité.

Les conditions démographiques

Les régions métropolitaines de recensement représentent des entités territoriales comprenant au moins 100 000 habitants constituées d’une ou de plusieurs municipalités adjacentes situées autour d’une grande région urbaine. Les trois régions métropolitaines retenues ici comprennent chacune plus de 2 millions d’habitants en 2017, Toronto, 6,3 millions, Montréal, 4,1 millions et Vancouver, 2,6 millions.

Entre 2013 et 2017, le taux de croissance de la population a été un peu plus élevé à Toronto, 6 %, qu’à Vancouver, 5 % et Montréal, 4 %. En 2017, la proportion de personnes âgées de 65 ans et plus s’établit à 16,3 % à Montréal, 15,7 % à Vancouver et 14,5 % à Toronto. La part des immigrants dans l’ensemble de la population atteint en 2016, 46 % à Toronto, 41 % à Vancouver et 23 % à Montréal.

Les conditions socioéconomiques

En 2016, le pourcentage de personnes âgées de 20-64 ans ayant un grade universitaire est plus faible à Montréal, 32 %, qu’à Vancouver, 38 % et à Toronto, 41 %.

Les données sur le chômage pour l’ensemble de l’année 2017 indiquent des taux comparables de l’ordre de 6,5 % pour les régions métropolitaine de Montréal et de Toronto. La région de Vancouver se démarque avec un taux inférieur à 5 %.

En 2015, le revenu médian après impôt des ménages privés est de seulement 53 700$ à Montréal, comparativement à 63 400$ à Vancouver et de 68 600$ à Toronto.

La mesure du panier de consommation constitue une mesure de faible revenu basée sur le coût d’un panier de biens et de services correspondant à un niveau de vie de base. Cette mesure est plus précise que les autres mesures de faible revenu puisqu’elle tient compte des différences géographiques dans le coût du panier. Selon cette mesure, Montréal se démarque en 2015 avec un pourcentage de personnes à faible revenu de 12,5 %, un niveau nettement plus bas qu’à Toronto et à Vancouver, ou  le pourcentage est de 17 %.

Les facteurs de risque

Quatre indicateurs ont été choisis pour comparer les facteurs risques à la santé dans les trois plus grandes régions métropolitaines du Canada : les fumeurs quotidiens, les personnes actives physiquement, les personnes ayant un fort sentiment d’appartenance à leur communauté locale et les personnes ayant accès régulièrement à un professionnel de la santé. Ces indicateurs se rapportent ainsi aux habitudes de vie, au réseau social et à l’accès au réseau de santé.

En 2015-2016, la proportion de personnes qui fument tous les jours dans la région de Montréal, bien qu’étant relativement faible, 12 %, dépasse nettement celles observées à Toronto, 9 %, et à Vancouver, 7 %.

Vancouver se démarque avec un pourcentage de personnes actives physiquement de 65 %, comparativement à 57 % de la population à Montréal et à 55 % à Toronto.

L’importance relative de la population ayant un fort sentiment d’appartenance à sa communauté locale avoisine 70 % à Toronto et Vancouver alors qu’elle est inférieure à 60 % à Montréal.

Moins de 70 % de la population a accès régulièrement à un professionnel de la santé à Montréal alors que le pourcentage dépasse 80 % à Vancouver et atteint 90 % à Toronto.

L’état de santé

En 2015-2016, la proportion de personnes ne se percevant pas en bonne santé est plus faible à Montréal, 9 %, qu’à Toronto et Vancouver, 11 %.

La proportion de personnes obèses est de 23 % à Montréal,  de 21 % à Toronto et de 17 % à Vancouver. L’importance des personnes ne se percevant pas en bonne santé mentale est plus élevée à Vancouver, 7,5 %, qu’à Toronto, 6,2 % et Montréal, 7,1 %. Dans la grande région de Montréal, plus de personnes perçoivent un stress intense, 25 %, qu’à Toronto, 23 % ou Vancouver, 20 %.

Les causes de mortalité

En 2010-2012, la mortalité par tumeurs malignes est beaucoup plus élevée à Montréal qu’à Toronto ou Vancouver.

Montreal-Toronto-Vancouver 5

Toronto se démarque de Vancouver et Montréal par des taux de mortalité par maladies de l’appareil circulatoire et par maladies l’appareil respiratoire sensiblement plus bas.

Le taux de mortalité par suicide est plus important à Montréal que dans les deux autres régions.

En conclusion

Pour la plupart des 20 indicateurs examinés, Montréal se compare défavorablement à Toronto et Vancouver. Tout d’abord, en ce qui concerne la démographie, Montréal affiche, par rapport aux deux autres régions, une croissance de la population plus faible, un vieillissement de la structure par âge plus prononcé et un apport de l’immigration moins important.

Les conditions socioéconomiques sont également plus difficiles à Montréal. La proportion de personnes ayant un grade universitaire est moins élevée que dans les deux autres régions malgré la présence de quatre universités et des frais de scolarité universitaire beaucoup moins élevés qu’à Toronto ou Vancouver. Les revenus sont également plus bas. Cependant, l’importance relative de la pauvreté est plus faible qu’à Toronto et Vancouver où le coût de la vie y est beaucoup plus élevé.

La région de Montréal présente également une position désavantageuse relativement aux facteurs de risque à la santé : plus de fumeurs, moins de personnes ayant un fort sentiment d’appartenance à leur communauté et moins de personnes ayant accès régulièrement à un professionnel de la santé.

Si Montréal ne semble pas se comparer défavorablement aux deux autres régions en ce qui concerne la perception qu’a la population de la santé en général ainsi que de la santé mentale, elle montre une proportion plus élevée de personnes obèses et de personne déclarant un stress intense.

Enfin, pour les causes de mortalité, dont les données les plus récentes datent de 2010-2012, Montréal se distingue avec des taux de mortalité par tumeurs et par suicide plus élevés que dans les deux autres régions métropolitaines.

Concernant l’état de santé et les causes de mortalité, la situation moins favorable à Montréal peut dépendre en partie du fait que la part relative de la population immigrante est moins importante qu’à Toronto et Vancouver. Les personnes nées à l’extérieur du Canada sont souvent en meilleure santé que celles nées aux pays. Ainsi, il faut souvent une bonne santé physique ou mentale pour entamer un processus d’immigration et franchir les diverses étapes du processus de sélection pour entrer au Canada.

Enfin, parmi Toronto et Vancouver, la première se positionne en général plus favorablement, en particulier pour la démographie, l’état de santé et la mortalité. Mais Vancouver se distingue avec une faible proportion de fumeurs, une plus forte proportion de personnes actives physiquement ainsi que par un taux de chômage très bas.

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