Comparaisons santé : le Québec et l’Ontario

Ce texte a pour objectif de comparer le Québec et l’Ontario à partir de 16 indicateurs couvrant quatre champs de la santé et de ses déterminants : les conditions démographiques, les conditions socioéconomiques, les habitudes de vie et l’environnement et enfin la mortalité. Cette comparaison entre le Québec et l’Ontario fait partie d’une série de comparaisons entre le Québec et des populations ciblées.

Les conditions démographiques

De 2011 à 2016, le Québec a enregistré un taux de croissance de 4 % et l’Ontario de 5 %. Alors qu’entre 2001 et 2006, le rythme de croissance de l’Ontario a été le double de celui du Québec, durant la période suivante, les deux provinces ont présenté un accroissement semblable de leur population.

En 2017, le vieillissement de la population est plus prononcé au Québec qu’en Ontario. En Ontario, la proportion de la population âgée de 65 ans et plus est de 16,7 % alors qu’elle est de 18,5 % au Québec. L’écart entre les deux provinces s’est accentué depuis 2001.

Depuis 2006, le Québec enregistre un nombre moyen d’enfant plus élevé qu’en Ontario. La fécondité plus élevée au Québec qu’en Ontario à partir de 2006 correspond à l’entrée en vigueur, cette année, du régime québécois d’assurance parentale qui prévoit des prestations à tous les travailleuses et travailleurs qui prennent un congé de maternité ou un congé parental. En Ontario, les personnes qui prennent ces congés n’ont droit qu’aux prestations de maternité et parentales de l’assurance-emploi du gouvernement du Canada. La fécondité est en baisse constante depuis 2009 au Québec et depuis 2012 en Ontario.

En 2013-2015, l’Ontario montre une espérance de vie, tant chez les hommes que chez les femmes, légèrement plus élevée qu’au Québec. Par rapport à 2000-2002, le retard du Québec sur l’Ontario est passé de 1,0 an à 0,3 an chez les hommes et de 0,1 an à 0,4 an chez les femmes..

Les conditions socioéconomiques

En matière de formation universitaire, le Québec accuse un retard important sur l’Ontario. Ainsi, en 2017, au Québec, 29 % de la population québécoise âgée de 25-64 ans avait un grade universitaire comparativement à 34 % en Ontario. L’écart entre les deux provinces a augmenté entre 2001 et 2017 et cela malgré le fait que les frais de scolarité universitaire demeurent beaucoup plus bas au Québec.

Avant 2009, le Québec présentait un taux de chômage supérieur à celui de l’Ontario. Cependant, la récession de 2009 a touché plus fortement l’Ontario de sorte que son taux a dépassé celui du Québec en 2009 et 2010. Le taux des deux provinces se situait au même niveau de 2011 à 2013. Depuis 2014, l’Ontario affiche un taux légèrement inférieur à celui du Québec. En 2017, le taux s’établissait à 6,1 % au Québec et à 6,0 % en Ontario.

Le revenu disponible des ménages après déductions des impôts et des différentes cotisations est plus élevé de 4 300$ en Ontario qu’au Québec en 2016. L’écart entre les deux provinces était semblable en 2007. Cela ne signifie pas nécessairement que les Québécois ont une moins grande marge manœuvre financière. Les coûts de certaines dépenses importantes, comme les frais reliés aux études universitaires ainsi qu’aux services de garderies, sont couverts en partie par les impôts prélevés au Québec.

La mesure de faible revenu après impôt (MFR) établit le seuil de revenu à 50 % de la médiane des revenus ajustés selon la taille des ménages.  Les données sur la MFR peuvent être disponibles annuellement à partir d’enquêtes ou aux cinq ans à partir du recensement. En 2016, la proportion de personnes à faible revenu est comparable au Québec et en Ontario. La proportion est généralement plus faible en Ontario qu’au Québec mais depuis 2009, l’écart entre les deux provinces est très faible.

Les habitudes de vie et l’environnement

Tant chez les hommes que chez les femmes, l’on retrouve une proportion plus élevée de fumeurs au Québec qu’en Ontario. Entre 2003 et 2015-2016, la prévalence du tabagisme a enregistré une baisse importante au Québec de sorte que l’écart entre les deux provinces a diminué de façon notable.

En 2004-2005, il se vendait au Québec et en Ontario autour de 8,0 litres d’alcool par habitant. En 2015-2016, l’Ontario enregistre la même quantité d’alcool vendu alors qu’au Québec la consommation est passée à  8,5 litres par personne.

La prévalence de l’obésité est à la hausse en Ontario et au Québec. En 2015-2016, chez les hommes, l’ampleur du phénomène atteint 23 %  au Québec et 29 % en Ontario, alors que chez les femmes, la proportion de personnes obèses est plus élevées chez les Québécoises, 24 % que chez les Ontariennes, 23 %.

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) par habitant sont plus élevées en Ontario qu’au Québec. En ce qui concerne les émissions totales, sans égard à l’évolution de la population, l’Ontario a enregistré une diminution de 10 % et le Québec de 8 % entre 1990 et 2015. De 2005 à 2015, les émissions de GES ont baissé de 19 % en Ontario et de 10 % au Québec.  Au cours des dernières années, la réduction des GES a donc été plus efficace en Ontario qu’au Québec.

Les causes de mortalité

En 2015, le Québec affiche par rapport à l’Ontario un excédent de mortalité par tumeurs de 18 % chez les hommes et de 13 % chez les femmes. Par rapport à 2000, l’excédent de mortalité du Québec est demeuré relativement stable chez les hommes et a augmenté chez les femmes. À l’opposé, la mortalité par maladies de l’appareil circulatoire est plus basse au Québec qu’en Ontario. En ce qui concerne les maladies chroniques des voies respiratoires inférieures, le Québec affiche en 2015, chez les hommes et chez les femmes une surmortalité de l’ordre de 15 % par rapport à l’Ontario. Cependant, l’écart entre les deux provinces a diminué de plus de la moitié chez les hommes entre 2000 et 2015. Enfin, les hommes du Québec sont désavantagés par rapport à ceux de l’Ontario avec un taux de suicide plus élevé de 18 % en 2015. En 2000, la surmortalité par suicide du Québec était de 121 %. Chez les femmes, les taux sont trop faibles pour dégager des tendances.

En conclusion

Il est intéressant de comparer sous l’angle de la santé le Québec à l’Ontario, cette province voisine qui a toujours présenté une situation économique plus reluisante.

Sans surprise, la comparaison favorise plus souvent l’Ontario mais dans plusieurs cas les écarts sont relativement faibles et ont même tendance à diminuer dans le temps. Par exemple, en ce qui concerne le taux de chômage et la proportion de personnes à faible revenu, le Québec a pratiquement comblé le retard qu’il avait sur l’Ontario. Cependant, le Québec se compare moins bien avec l’Ontario en termes de scolarité universitaire et de revenus.

D’un autre côté, la mise en place en 2006 du régime québécois d’assurance parental se traduit par une fécondité supérieure au Québec depuis son instauration. Entre 1990 et 2015, le Québec affiche une réduction plus importante des GES qu’en Ontario mais la situation s’est renversée au cours des dernières années.

La population ontarienne enregistre une durée de vie supérieure à celle de la population québécoise. Cette situation se reflète dans les taux de mortalité par cancer, par maladies de l’appareil respiratoire et par suicide plus élevés au Québec qu’en Ontario. Cependant, pour les maladies de l’appareil circulatoire, le Québec bénéficie d’une mortalité plus faible.

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