Comparaisons santé : le Québec et l’Ontario

Ce texte a pour objectif de comparer le Québec et l’Ontario à partir de 16 indicateurs couvrant quatre champs de la santé et de ses déterminants : les conditions démographiques, les conditions socioéconomiques, les habitudes de vie et l’environnement et enfin la mortalité. Cette comparaison entre le Québec et l’Ontario fait partie d’une série de comparaisons entre le Québec et des populations ciblées.

Les conditions démographiques

De 2013 à 2018, le Québec a enregistré un taux de croissance de 3,4 % et l’Ontario de 6 %. Alors qu’entre 2003 et 2008, le rythme de croissance de l’Ontario a été 1,4 fois celui du Québec, durant la période suivante, les deux provinces ont présenté un accroissement semblable de leur population.

En 2018, le vieillissement de la population est plus prononcé au Québec qu’en Ontario. En Ontario, la proportion de la population âgée de 65 ans et plus est de 16,9 % alors qu’elle est de 18,8 % au Québec. L’écart entre les deux provinces s’est accentué depuis 2001 et s’intensifiera d’ici 2031.

Depuis 2006, le Québec enregistre un nombre moyen d’enfant plus élevé qu’en Ontario. La fécondité plus élevée au Québec qu’en Ontario à partir de 2006 correspond à l’entrée en vigueur, cette année, du régime québécois d’assurance parentale qui prévoit des prestations à tous les travailleuses et travailleurs qui prennent un congé de maternité ou un congé parental. En Ontario, les personnes qui prennent ces congés n’ont droit qu’aux prestations de maternité et parentales de l’assurance-emploi du gouvernement du Canada. La fécondité est en baisse constante depuis 2009 au Québec et depuis 2012 en Ontario. En 2017, l’on comptait au Québec 1,53 enfant par femme et en Ontario 1,43 enfant par femme.

En 2015-2017, pour la première fois, l’espérance de vie chez les hommes est plus élevée au Québec qu’en Ontario. Chez les femmes, l’Ontario continue de dépasser le Québec. En 2002-2002, l’avance de l’Ontario sur le Québec était de près d’un an chez les hommes et de seulement 0,09 ans chez les femmes.

Les conditions socioéconomiques

En matière de formation universitaire, le Québec accuse un retard important sur l’Ontario. Ainsi, en 2018, au Québec, 29,1 % de la population québécoise âgée de 25-64 ans avait un grade universitaire comparativement à 35,5 % en Ontario. L’écart entre les deux provinces a augmenté entre 2000 et 2018 et cela malgré le fait que les frais de scolarité universitaire demeurent beaucoup plus bas au Québec.

Avant 2009, le Québec présentait un taux de chômage supérieur à celui de l’Ontario. Cependant, la récession de 2009 a touché plus fortement l’Ontario de sorte que son taux a dépassé celui du Québec en 2009 et 2010. Le taux des deux provinces se situait au même niveau de 2011 à 2013. En 2018, pour la première fois depuis 2012, le taux du Québec passe sous celui de l’Ontario.

Le revenu disponible des ménages après déductions des impôts et des différentes cotisations est plus élevé de 3 900$ en Ontario qu’au Québec en 2017. L’écart entre les deux provinces était semblable en 2008. Cela ne signifie pas nécessairement que les Québécois ont une moins grande marge manœuvre financière. Les coûts de certaines dépenses importantes, comme les frais reliés aux études universitaires ainsi qu’aux services de garderies, sont couverts en partie par les impôts prélevés au Québec.

La mesure du panier de consommation vise à établir un seuil qui se situe entre le niveau de subsistance et l’inclusion sociale tout en tenant compte des variations du coût de la vie entre les régions. De 2006 à 2017, la proportion de personnes à faible revenu est systématiquement plus élevé en Ontario qu’au Québec. En 2017, Cette proportion est de 10 % en Ontario et de 9 % au Québec.

Les habitudes de vie et l’environnement

Tant chez les hommes que chez les femmes, l’on retrouve une proportion plus élevée de fumeurs au Québec qu’en Ontario. Entre 2003 et 2018, la prévalence du tabagisme a enregistré une baisse importante au Québec de sorte que l’écart absolu entre les deux provinces a diminué de façon notable.

En 2004-2005, il se vendait au Québec et en Ontario autour de 8,0 litres d’alcool par habitant. En 2017-2018, l’Ontario enregistre la même quantité d’alcool vendu alors qu’au Québec la consommation est passée à  8,5 litres par personne.

La prévalence de l’obésité a augmenté en Ontario et au Québec entre 2015 et 2018. En 2018, chez les hommes, l’ampleur du phénomène atteint 26 %  au Québec et 27 % en Ontario, tandis que chez les femmes, les proportion sont de 24 % au Québec et 25 % en Ontario.

En 2017, les émissions de gaz à effet de serre (GES) par habitant sont plus élevées en Ontario qu’au Québec. Cependant, la diminution des taux par habitant a été plus forte en Ontario de sorte que l’écart entre les deux territoires a sensiblement diminué.

Les causes de mortalité

En 2017, le Québec affiche par rapport à l’Ontario un excédent de mortalité par tumeurs de 13 % chez les hommes et de 16 % chez les femmes. Par rapport à 2000, l’excédent de mortalité du Québec a diminué chez les hommes et a augmenté chez les femmes. À l’opposé, la mortalité par maladies de l’appareil circulatoire est plus basse au Québec qu’en Ontario. En ce qui concerne les maladies chroniques des voies respiratoires inférieures, le Québec affiche en 2017, chez les hommes et chez les femmes une surmortalité de l’ordre de 10 % par rapport à l’Ontario. Cependant, l’écart entre les deux provinces a diminué de plus de 30 % chez les hommes entre 2000 et 2017. Enfin, tant chez les hommes que chez les femmes, la maladie d’Alzheimer entraîne une mortalité plus élevée au Québec qu’en Ontario. L’écart entre les deux provinces s’est accentué depuis 2000 de sorte qu’en 2018, les taux québécois sont le double de ceux de l’Ontario.

En conclusion

Il est intéressant de comparer sous l’angle de la santé le Québec à l’Ontario, cette province voisine qui a toujours présenté une situation économique plus reluisante.

Sans surprise, la comparaison favorise plus souvent l’Ontario mais dans plusieurs cas les écarts sont relativement faibles et ont même tendance à diminuer dans le temps. Par exemple, en ce qui concerne le taux de chômage et la proportion de personnes à faible revenu, le Québec a comblé le retard qu’il avait sur l’Ontario et présente maintenant une situation plus avantageuse. Cependant, le Québec se compare moins bien avec l’Ontario en termes de scolarité universitaire et de revenus.

D’un autre côté, la mise en place en 2006 du régime québécois d’assurance parental se traduit par une fécondité supérieure au Québec depuis son instauration. Entre 1990 et 2017, l’Ontario affiche une réduction plus importante des gaz à effet de serre qu’en Ontario mais les émissions par habitant demeurent plus faibles au Québec.

L’espérance de vie des hommes est maintenant plus élevée au Québec qu’en Ontario. Cette situation s’explique principalement par les taux nettement plus bas de maladies par maladies de l’appareil circulatoire au Québec. Cependant, le Québec continue d’afficher des taux plus élevés de mortalité pour les tumeurs, les maladies respiratoires chroniques et l’Alzheimer.

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