Comparaisons santé : Le Québec et le Canada

Ce texte a pour objectif de comparer le Québec à l’ensemble du Canada à partir de 16 indicateurs couvrant quatre champs de la santé et de ses déterminants : les conditions démographiques, les conditions socioéconomiques, les habitudes de vie et l’environnement et enfin la mortalité. Cette comparaison entre le Québec et le Canada fait partie d’une série de comparaisons entre le Québec et des populations ciblées.

Les conditions démographiques

La population du Québec s’accroît à un rythme plus faible que celle de l’ensemble du Canada. Pour la période la plus récente, celle allant de 2013 à 2018, le taux d’accroissement était de 3,4 % au Québec et de 5,6 % au Canada.

En 2000, l’importance relative des personnes âgées de 65 ans et plus dans l’ensemble de la population se situait à 13 % au Québec et au Canada. En 2018, elle passe à 19 % au Québec et à 17 % au Canada. Enfin, l’on prévoit pour 2031 des proportions de personnes âgées de 65 ans et plus de 25 % au Québec et de 23 % en Ontario.

Le nombre moyen d’enfant par femme au Québec dépasse la moyenne canadienne à partir de 2006, l’année d’entrée en vigueur du régime québécois d’assurance parentale qui prévoit des prestations à tous les travailleuses et travailleurs qui prennent un congé de maternité ou un congé parental. En 2017, l’écart entre les deux territoires est cependant très faible, 1,53 enfant au Québec et 1,50 enfant au Canada.

En 2015-2017, tant chez les hommes que chez les femmes, l’espérance de vie au Québec dépasse celle de l’ensemble du Canada, 0,7 année chez les hommes et 0,21 ans chez les femmes. En 2000-2002, les hommes du Québec affichaient au contraire un retard, comparativement à la moyenne canadienne, de 0,6 an alors que chez les femmes les valeurs étaient semblables.

Les conditions socioéconomiques

Le Québec se situe sous la moyenne canadienne en ce qui concerne la proportion de la population ayant un grade universitaire. En 2018, cette proportion était de 31,8 % au Canada et de 29,1 % au Québec. Le retard du Québec sur le Canada s’est accentué depuis 2001.

De 2002 à 2018, sauf pour 2010 et depuis 2017, le Québec a toujours enregistré un taux de chômage se situant au-dessus de la moyenne canadienne. Les données pour l’année 2018 montrent que le taux de chômage s’établit à 5,5 % au Québec et à 5,8 % au Canada.

Le revenu disponible des ménages après déductions des impôts et des différentes cotisations est au Québec inférieur de 3 500$ à la moyenne canadienne en 2017. L’écart entre le Québec et le Canada s’est légèrement approfondi par rapport à 2008. Cela ne signifie pas pour autant que les Québécois ont moins d’argent que l’ensemble des Canadiens pour subvenir à leurs besoins puisque le coût de certaines dépenses (logement, garderie, université) est beaucoup moins élevé au Québec.

Enfin, le Québec affiche systématiquement à chaque année une proportion de personnes à faible revenu inférieure à celle du Canada selon la Mesure du panier de consommation. En 2017, 9,0 % des personnes avaient un faible revenu au Québec comparativement à 9,5 % au Canada. La mesure du panier de consommation vise à établir un seuil qui se situe entre le niveau de subsistance et l’inclusion sociale tout en tenant compte des variations du coût de la vie entre les régions.

Les habitudes de vie et l’environnement

Entre 2003 et 2018, le tabagisme a diminué au Québec de sorte que l’écart comparativement au Canada a diminué de près de 50 % tant chez les hommes que chez les femmes.

En 2004-2005, il se vendait la même quantité de litres d’alcool par habitant au Québec et dans l’ensemble du Canada. Entre 2004-2005 et 2017-2018, la vente d’alcool a augmenté plus rapidement au Québec de sorte qu’elle se situe maintenant légèrement au-dessus de la moyenne canadienne.

Le Canada et le Québec n’échappent pas au phénomène de la hausse de l’obésité. Mais l’ampleur du problème est un peu moins marqué au Québec. En 2018, 26 % des Québécois et 24 % des Québécoises souffraient d’obésité comparativement à 28 % des Canadiens et à 26 % des Canadiennes. Les prévalences ont augmenté entre 2015 et 2018 dans les deux territoires chez les hommes et chez les femmes.

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) par habitant au Canada sont plus du double de celles du Québec. Les émissions totales, sans égard à l’évolution de la population, ont diminué de 24 % au Québec et de 10 % au Canada.

Les causes de mortalité

En 2017, le Québec affiche par rapport à l’ensemble du Canada un excédent de mortalité par tumeurs malignes de 7 % chez les hommes et de 10 % chez les femmes. Comparativement à 2000, l’excédent de mortalité du Québec a légèrement diminué chez les hommes et s’est accrue chez les femmes.

À l’inverse, pour la mortalité par maladies de l’appareil circulatoire, c’est le Canada qui présente un excédent de mortalité par rapport au Québec. Cette surmortalité est de 17 % chez les hommes et de 14 % chez les femmes et elle s’est intensifié par rapport à 2000.

En 2017, chez les hommes comme chez les femmes, la mortalité par maladies chroniques des voies respiratoires inférieures (emphysème, asthme, bronchite) est semblable au Québec et au Canada. En 2000, le Québec affichait une surmortalité par rapport à la moyenne canadienne de 26 % chez les hommes et de 7 % chez les femmes.

La maladie d’Alzheimer occasionne une mortalité plus élevée au Québec qu’au Canada. La surmortalité québécoise est de l’ordre de 50 % tant chez les hommes que chez les femmes et elle a augmenté depuis 2000.

En conclusion

La comparaison entre le Québec et le Canada permet de constater le peu d’écart qui sépare ces deux populations en matière de santé. Au cours de la dernière décennie, le Québec a réduit son retard en ce qui concerne certaines causes de décès. Il a même dépassé le Canada en ce qui a trait à l’espérance de vie à la naissance. Le vieillissement de la population est beaucoup plus marqué au Québec qu’au Canada.

Il subsiste encore des points où le Québec a du rattrapage à faire pour rejoindre le Canada, notamment en ce qui a trait à la scolarité universitaire, au revenu et à la réduction du tabagisme. Par contre, le taux de chômage est passé sous la moyenne canadienne depuis 2017.

Enfin, le Québec se positionne mieux que le Canada pour les émissions de GES et l’obésité.

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