Comparaisons santé : le Québec et la Wallonie

Ce texte a pour objectif de comparer le Québec et la Wallonie en matière de santé à partir de 16 indicateurs couvrant différents champs relatifs à la santé des populations :

  • les conditions démographiques,
  • les conditions socioéconomiques,
  • l’environnement social et l’environnement physique,
  • les habitudes de vie et l’état de santé.

 Cette comparaison entre le Québec et la Wallonie fait partie d’une série de comparaisons entre le Québec et des populations choisies.

Les populations du Québec et de la Wallonie partagent le fait d’être majoritairement francophones et de faire partie d’une région qui est minoritaire à l’intérieur d’un pays parlant une autre langue. En 2015, le Québec représentait 23 % de la population du Canada et la Wallonie, 32 % de la population de la Belgique. La Wallonie s’est retrouvée dans l’actualité à la fin du mois d’octobre 2016 lorsque son parlement a temporairement refusé d’approuver l’accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne.

Conditions démographiques

En 2015, la population du Québec, 8,3 millions d’habitants, était un peu plus du double de celle de la Wallonie, 3,6 millions. Le rythme de croissance de la population québécoise est plus soutenu que celui de la Wallonie. Cette dernière a connu un taux d’accroissement de 3 % durant les périodes 2005-2010 et 2010-2015. En comparaison, le taux de croissance de la population québécoise a été de 5 % durant la première période et de 4 % durant la suivante.

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La population du Québec vieillit beaucoup plus rapidement que celle de la Wallonie. En 2000, la proportion de la population âgée 65 ans et plus était de 13 % au Québec et de 17 % en Wallonie. En 2015,  les deux régions présentaient des proportions identiques. En 2030, on prévoit que le Québec présentera une proportion sensiblement plus élevée que la Wallonie, 24 % contre 21 %.

La fécondité des femmes québécoises est plus basses que celles des femmes wallonnes. En 2014, le nombre moyen d’enfants par femme s’établissait à 1,74 en Wallonie et à 1,62 au Québec. En 2000, l’écart était plus prononcé, favorisant la Wallonie par 0,21 enfant par femme.

Conditions socioéconomiques

Le pourcentage de la population active ayant au moins un diplôme de niveau secondaire est plus important au Québec qu’en Wallonie. En 2014, ce pourcentage était de 88 % au Québec et de 78 % en Wallonie. Le Québec est aussi favorisé comparativement à la Wallonie en  matière d’emploi. En 2015, le taux de chômage en Wallonie était de 1,5 fois celui du Québec.

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En 2013, le produit intérieur brut par habitant était nettement plus élevé au Québec qu’en Wallonie. Le PIB courant, qui ne tient pas compte de l’augmentation du coût de la vie, a augmenté de 17 % au Québec, entre 2005 et 2013, et de 27 % en Wallonie. Le PIB constant, ajusté pour les variations du coût de la vie,a augmenté de 2 % au Québec et de 3 % en Wallonie. Le revenu disponible des ménages par habitant est légèrement plus élevé au Québec qu’en Wallonie. De 2005 à 2013, le revenu moyen en dollars courant a augmenté de l’ordre de 20 % dans les deux régions. Cependant, en ce qui concerne le revenu constant, la hausse observée au Québec, 13 %, a été nettement plus forte, qu celle de la Wallonie, 2 %.

Environnement social et environnement physique

Comparativement à la Wallonie, le Québec semble légèrement plus favorisé en ce qui concerne les deux indicateurs choisis relativement à l’environnement social. Tout d’abord, on observe au Québec par rapport à la Wallonie une plus grande proportion de la population qui a accès, en cas de besoin, à un réseau de parents ou d’amis. De plus, le taux d’homicide est nettement plus faible au Québec qu’en Wallonie.

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Les indicateurs de l’environnement physique présentant des données récentes et comparables entre le Québec et la Wallonie ne sont pas nombreux. Deux mesures ont été retenues : le taux de véhicules particuliers par 100 habitants et le nombre moyen de particules fines. Compte tenu des plus longues distances à parcourir, le Québec affiche 26 % plus de véhicules par habitant que la Wallonie. Dans les deux régions, le taux a augmenté entre 2005 et 2013.

Le niveau moyen de particules fines dans l’air est beaucoup plus élevé en Wallonie qu’au Québec. Bien que le niveau ait diminué dans les deux régions entre 2003 et 2013, l’écart s’est accentué.

Habitudes de vie et état de santé

En 2014, tant chez les hommes que chez les femmes, le tabagisme est légèrement moins répandu au Québec qu’en Wallonie. Cette situation représente un changement de tendance par rapport à 2003 où les proportions de fumeurs étaient plus élevées au Québec. C’est l’évolution inverse qui s’est produite en ce qui concerne l’obésité. Les proportions de personnes obèses au Québec ont dépassé celles de la Wallonie entre 2003 et 2014. En 2014, les proportions observées étaient au Québec de 20 % chez les hommes et de 16 % chez les femmes et en Wallonie de 17 % chez les hommes et de 15 % chez les femmes.

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En ce qui concerne l’état de santé général de la population, les hommes et les femmes du Québec jouissent d’une espérance de vie à la naissance nettement plus élevée que les hommes et les femmes de la Wallonie. En 2014, l’écart en faveur du Québec est de 3,1 ans chez les hommes et de 1,6 an chez les femmes. Cet écart est demeuré stable par rapport à 2000. Enfin, le taux de mortalité infantile en 2014 est plus faible en Wallonie qu’au Québec alors qu’il était semblable en 2000.

En conclusion

Pour la majorité des indicateurs comparés, le Québec affiche une situation plus avantageuse que la Wallonie. La population s’accroît plus rapidement, les conditions socioéconomiques, tant du point de vue de la scolarité, de l’emploi, de la productivité et des revenus, sont plus favorables et l’espérance de vie est nettement plus élevée.

Mais cette comparaison fait également ressortir un enjeu majeur auquel le Québec est confronté, le vieillissement de sa population. En 2030, près du quart de sa population sera âgée de 65 ans et plus. Une proportion qui dépasse celle des régions, comme la Wallonie, où le processus de vieillissement a débuté depuis plus longtemps qu’au Québec. Les données sur la fécondité montrent que malgré l’instauration du régime parental en 2006, la hausse du nombre moyen d’enfants par femme observée par la suite n’a pas permis d’atteindre les niveaux de fécondité observés en Europe.

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