Comparaisons santé : le Canada et les États-Unis

Ce  texte a pour objectif de comparer le Canada et les États-Unis à partir de 20 indicateurs couvrant quatre champs de la santé et de ses déterminants : les conditions démographiques, les conditions socioéconomiques, les services services de santé, les habitudes de vie et l’environnement et enfin la mortalité.

Les conditions démographiques

Entre 2011 et 2016, la population du Canada a connu une croissance de 5,6 % et celle des États-Unis de 3,8 %. Au cours des 3 dernières périodes de 5 ans, la croissance de la population canadienne s’est intensifiée alors que celle des États-Unis a ralenti.

En 1967, la proportion de la population âgée de 65 ans et plus était plus faible au Canada qu’aux États-Unis. En 1992, les proportions étaient comparables tandis qu’en 2017, le vieillissement de la population était plus marqué au Canada avec 17 % de la population âgée de 65 ans et plus contre 16 % aux États-Unis.

Au milieu des années soixante, les deux pays affichaient une fécondité de près de 3 enfants par femmes. Par la suite, la baisse de la fécondité a été plus forte au Canada qu’aux États-Unis, de sorte que le nombre d’enfant par femme s’est retrouvé à un niveau nettement plus bas que le seuil de remplacement des générations.

En 2016, les Canadiens bénéficient d’une espérance de vie nettement plus élevée que les Américains. L’écart en faveur du Canada est de 3,8 ans chez les hommes et de 2,9 ans chez les femmes. En 2000, les hommes et les femmes du Canada pouvaient espérer vivre 2,5 ans de plus que les hommes et les femmes des États-Unis. Il est à noter que l’espérance de vie à la naissance n’a pas augmenté aux États-Unis depuis 2010.

Les conditions socioéconomiques

La proportion de la population âgée de 25 à 64 ans ayant un grade universitaire est plus élevée aux États-Unis qu’au Canada. En 2016, 35 % des Américains comparativement à 31 % des Canadiens détenaient un grade universitaire. Dans les deux pays, les pourcentages sont plus élevés chez les femmes que chez les hommes.

En 2017, le taux de chômage se situait à 4,4 % aux États-Unis et à 6,3 % au Canada. Depuis 2001, le taux de chômage a été généralement plus faible aux États-Unis qu’au Canada, sauf pour les années 2009 à 2013 alors que les États-Unis ont été particulièrement touchées par la crise économique de 2009.

Le revenu disponible des ménages après déductions des impôts et des différentes cotisations est nettement plus faible au Canada qu’aux États-Unis. L’écart entre les deux pays est de plus de 15 000$. Cependant, contrairement aux Américains, les Canadiens bénéficient d’un accès universel et gratuit à de nombreux services, entre autre ceux liés à la santé.

Enfin, le produit intérieur brut par habitant, qui représente une mesure du niveau d’activité économique d’un pays, est nettement plus marqué aux États-Unis qu’au Canada. L’écart entre les deux pays s’est même élargi passant de 8 500$ en 2007 à 12 500$ en 2016.

Les services de santé

Le gouvernement américain consacre pour les dépenses liées à la santé le double de dollars par habitant comparativement au gouvernement canadien. En 2017, les dépenses de santé par habitant se soldaient à 10 200$ aux États-Unis et à 4 800$ au Canada. Entre 2000 et 2017, les dépenses par habitant ont augmenté de 124 % aux États-Unis et de 99 % au Canada. Malgré un PIB par habitant nettement plus élevé aux États-Unis, la part du PIB consacré à la santé est de 17 % aux États-Unis comparativement à 10 % au Canada.

Malgré le fait que les dépenses gouvernementales en santé sont nettement plus élevées aux États-Unis qu’au Canada, seulement 36 % des Américains sont couverts par une assurance maladie publique comparativement à 100 % des Canadiens. Même en tenant compte des personnes couvertes par une assurance privée, près d’une personne sur dix aux États-Unis n’a aucune assurance maladie. Cependant, l’Obamacare (Patient Protection Affordable Care Act), qui constitue un mélange de subventions et de réglementation, a permis de faire passer la proportion d’Américains n’étant pas couvert par des assurances primaires publiques ou privées de 15 % à 9 %. L’objectif poursuivi lors de l’instauration de l’Obamacare, qui visait particulièrement les personnes dont l’employeur ne fournissait pas d’assurance santé ainsi que celles ne bénéficiant d’aucune couverture maladie gérée par le gouvernement, était de réduire à 5 % la proportion de personnes non couvertes par les assurances santé.

En ce qui concerne le personnel de santé, l’on retrouve aux États-Unis plus de médecins spécialistes par habitants mais moins de médecins généralistes et de personnel infirmier.

Les habitudes de vie et l’environnement

Tant au Canada qu’aux États-Unis, le tabagisme a diminué considérablement au cours des dernières décennies. En 2017, la proportion de fumeurs chez les femmes, 10 %, et chez les hommes, 10 %, étaient comparables dans les deux pays.

En ce qui concerne la consommation d’alcool, le nombre de litres d’alcool vendus par habitant est plus élevé aux États-Unis, 9 litres par habitant, qu’au Canada, 8 litres par habitant. La vente d’alcool tend a être stable dans le temps dans les deux États.

La prévalence de l’obésité affiche une hausse importante au cours de la dernière décennie aux États-Unis et au Canada. Bien que le Canada affiche des valeurs élevées, aux États-Unis le pourcentage de personnes obèses atteints des niveaux inégalés ailleurs. En 2015, selon des données d’enquêtes mesurant le poids et la taille des répondants, 38 % des Américains et 42 % des Américaines souffraient d’obésité comparativement à 29 % des Canadiens et 25 % des Canadiennes.

Les États-Unis constitue l’un des pays émettant le plus de gaz à effet de serre. Mais lorsque l’on examine les émissions de gaz à effet de serre par habitant, l’on constate que le taux d’émission est plus élevé au Canada. De plus, entre 2005 et 2015, le taux d’émission par habitant a augmenté plus rapidement au Canada, 8 %, qu’aux États-Unis, 2,5 %.

Les causes de mortalité

En 2015, la mortalité par tumeurs était légèrement plus faible aux États-Unis qu’au Canada. Chez les hommes, entre 2000 et 2015, la baisse de la mortalité liée à cette cause a été de l’ordre de 20 % dans les deux pays alors que pour les femmes, la baisse a été de 13 % chez les Canadiennes comparativement à 19 % chez les Américaines.

 

Le Canada affiche une mortalité par maladies de l’appareil circulatoire nettement inférieure à celle des États-Unis. Dans ce pays, les taux de hommes et des femmes dépassent de plus de 40 % ceux du Canada. Entre 2005 et 2015, la baisse des taux a été de 40 % au Canada et de 35 % aux États-Unis.

Les États-Unis affichent également une mortalité par maladies de l’appareil respiratoire plus élevée que le Canada. En 2015, le taux des Américains dépassent celui des Canadiens de 27 % alors que les Américaines ont surmortalité de 36 % par rapport aux Canadiennes. Dans les deux pays, la mortalité a diminué de façon plus importante chez les hommes que chez les femmes.

En 2015, chez les hommes, le taux de mortalité par suicide est plus élevé aux États-Unis qu’au Canada alors que chez les femmes, il est identique. Chez les hommes, le taux a augmenté de 18 % chez les Américains alors qu’il est demeurés stable chez les Canadiens. Chez les femmes, le taux a augmenté de 20 % au Canada et de 50 % aux États-Unis.

En conclusion

Le Canada et les États-Unis partagent la plus longue frontière terrestre au monde. Dans la comparaison de 20 indicateurs liés à la santé et ses déterminants l’on observe entre les deux pays plus de différences que de similarités.

La comparaison avantage les États-Unis en ce qui concerne surtout les indicateurs économiques : scolarité universitaire, revenu et PIB plus élevés, chômages plus faibles. Les États-Unis affichent également une situation plus favorable avec une fécondité plus forte et un vieillissement de la population moins prononcé.

À l’inverse, le Canada montre un portrait nettement plus reluisant que les États-Unis en ce qui concerne les indicateurs plus directement liés à la santé. En premier lieu, la population canadienne peut espérer vivre à la naissance 3 ans de plus que la population américaine. De plus, tous les Canadiens ont accès gratuitement à une assurance santé de base comparativement à seulement 36 % des Américains. L’obésité, bien que présentant une forte prévalence dans la population canadienne, est nettement moins répandue que dans la population américaine. Enfin, sauf pour les tumeurs, les taux de mortalité des principales causes de décès sont beaucoup moins élevés au Canada qu’aux États-Unis.

Cette comparaison montre qu’en matière de développement humain et de santé durable, le Canada affiche certainement des résultats nettement plus positifs que les États-Unis. Ce dernier pays ne présente un portrait favorable que pour les indicateurs économiques. Mais souvent ces indicateurs correspondent à des valeurs moyennes qui ne prennent pas en compte les disparités importantes au sein de la société américaine.

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