Comparaisons santé : le Québec et la France

Ce texte a pour objectif de comparer le Québec et la France à partir de 16 indicateurs couvrant quatre champs de la santé et de ses déterminants : les conditions démographiques, les conditions socioéconomiques, les habitudes de vie et l’environnement et enfin la mortalité. Cette comparaison entre le Québec et la France fait partie d’une série de comparaisons entre le Québec et des populations ciblées.

Les conditions démographiques

Entre 2013 et 2017, la population du Québec a connu une croissance démographique annuelle moyenne de 6,4 pour 1 000 et la France de 5 pour 1 000. Cette croissance plus élevée au Québec qu’en France s’explique essentiellement par l’immigration. Au Québec, les échanges migratoires avec le reste du monde se sont soldés par un taux d’accroissement migratoire annuel moyen de 3,8 pour 1 000. En comparaison, pour la même période, le taux d’accroissement migratoire n’a été que de 1,0 pour 1 000 en France. En ce qui concerne l’accroissement naturel, soit la différence entre les naissances et les décès, le taux a été de l’ordre de 3 pour 1 000 dans les deux territoires.

 

 

En 1971, la proportion de la population âgée de 65 ans et plus était beaucoup plus faible au Québec qu’en France. En 1994, la différence entre les deux états était réduite de plus de la moitié. En 2017, le Québec a presque rejoint la France. Le vieillissement rapide de la population québécoise est le résultat combiné du faible niveau de fécondité, qui perdure depuis les années soixante-dix, et l’arrivée massive, depuis 2011, des baby-boomers dans le groupe d’âge des 65 ans et plus.

La hausse de la fécondité qu’a connue le Québec au milieu des années 2000 a été de courte durée et n’a pas permis d’atteindre le niveau observé en France. Alors que l’on enregistre actuellement une fécondité de 1,59 enfant par femme au Québec, la France affiche un niveau d’au moins 1,9 enfant par femme depuis une quinzaine d’années.

La comparaison de l’espérance de vie à la naissance entre le Québec et la France présente des résultats différents pour les hommes et pour les femmes. D’un côté, les Québécois affichent une durée de vie moyenne supérieure de 1,1 an à celle des Français. De l’autre, les Françaises vivent 0,9 an de plus que les Québécoises. Entre 2001 et 2017, les écarts entre les deux états ont montré peu de variations.

Les conditions socioéconomiques

Au Québec, 25,0 % des hommes âgées de 25 à 64 ans et 30 % des femmes du même âge possèdent un grade universitaire, des proportion qui semble relativement faibles par rapport à la moyenne canadienne, mais qui dépassent largement les proportions observées en France, 20 % chez les hommes et 21 % chez les femmes.

En 2017, le taux de chômage de la France, de l’ordre de 9,5 % chez les deux sexes, dépassait nettement celui du Québec qui s’établissait à 6,4 % chez les hommes et à 5,7 % chez les femmes.

L’évolution du produit intérieur brut par habitant entre 2007 et 2016 a favorisé la France par rapport au Québec. En 2007, le PIB de la France dépassait celui du Québec de 1 400$ alors qu’en 2016 l’avance de la France passait à plus de 4 000$.

Enfin, le revenu disponible des ménages par habitant, après déduction des différents impôts et cotisations, se situait en 2015 à 19 202 dollars américains au Québec et à 20 480 $ en France. L’écart entre les deux états a diminué de près de moitié entre 2005 et 2015 passant de 3 500$ à 1 300$.

Les habitudes de vie et l’environnement

Tant chez les hommes que chez les femmes, l’on retrouve une proportion plus élevée de fumeurs en France qu’au Québec. Entre 2003 et 2017, chez les Françaises, la prévalence du tabagisme a diminué de seulement 1,6 point de pourcentage alors qu’elle a diminué de 6 points de pourcentage chez les Québécoises et les Français et de près de 8 points chez les Québécois. En France comme au Québec, le tabagisme est plus répandu chez les hommes que chez les femmes.

Il se vend plus de litres d’alcool par habitant en France qu’au Québec. Cependant, l’écart entre les deux pays a diminué considérablement entre 2006 et 2016, la surconsommation d’alcool des Français par rapport au Québécois passant de 65 % à 41 %.

La prévalence de l’obésité est à la hausse en France et au Québec. Mais le Québec est beaucoup plus touché par ce problème. En 2015, 23 % des Québécois et 17 % des Québécoises souffraient d’obésité comparativement à 17 % des Français et des Françaises. Dans les deux états, les proportions sont légèrement plus élevées chez les femmes que chez les femmes.

Les émissions de gaz à effet de serre par habitant sont plus élevées au Québec qu’en France. Les deux territoires ont vu leurs émissions par habitant diminuer de l’ordre de 25 % entre 1990 et 2016. En ce qui concerne les émissions totales, sans égard à l’évolution de la population, entre 2005 et 2015, la France a enregistré une diminution de 17 % mais le Québec de seulement 2 %.

Les causes de mortalité

Le Québec et la France enregistrent des taux élevés de mortalité par tumeurs malignes. Chez les hommes, le taux est légèrement plus élevé en France qu’au Québec. Chez les femmes, c’est le Québec qui enregistre une surmortalité de l’ordre de 30 %. Entre 2000 et 2015, la diminution de la mortalité par tumeurs malignes a été plus forte au Québec qu’en France chez les hommes et en France qu’au Québec chez les femmes.

Dans les comparaisons internationales, la France et le Québec se situent parmi les pays de l’OCDE ayant les taux les plus faibles de mortalité par maladies de l’appareil circulatoire. Les écarts entre les deux territoires, en 2000 et en 2015, tant chez les hommes que chez les femmes, ne dépassent pas 12 %. Entre 2005 et 2015, les réductions de la mortalité par maladies de l’appareil circulatoire selon le sexe, tant au Québec qu’en France, se situent entre 45 et 50 %.

En 2015, le Québec montre, comparativement à la France, une surmortalité par maladies de l’appareil respiratoire de l’ordre de 60 % chez les hommes et de 110 % chez les femmes. Alors qu’entre 2000 et 2015, le taux a enregistré une diminution se situant entre 23 % et 34 % chez les hommes du Québec et les hommes et les femmes de la France,  il a augmenté de 17 % chez les Québécoises.

Tant en 2000 qu’en 2015, le taux de mortalité par suicide chez les hommes est légèrement plus faible au Québec qu’en France. Chez les femmes, le taux était plus élevé en France en 2000 et au Québec en 2015. Entre 2000 et 2015, le taux de suicide a chuté de l’ordre de 30 % chez les hommes du Québec et de la France et chez les femmes de la France. Il est demeuré stable chez les femmes du Québec.

En conclusion

Il existe de nombreux champs de coopération privilégies entre le Québec et la France, comme la culture, l’éducation, les échanges universitaires, la jeunesse, la science et les technologies. Dans ce contexte, il est intéressant de comparer ces deux territoires sous l’angle de la santé.

La comparaison montre des similitudes en ce qui concerne le revenu disponible par habitant de même que pour la mortalité par tumeurs et par maladies de l’appareil circulatoire.

Le Québec se compare avantageusement à la France en ce qui concerne la croissance démographique, l’espérance de vie chez les hommes, la scolarité universitaire, le chômage, le tabagisme et la consommation d’alcool et le suicide.

À l’inverse, la France présente une situation plus favorable en ce qui a trait au vieillissement de la population, à la fécondité, à l’espérance de vie chez les femmes, à la prévalence de l’obésité, aux émissions de gaz à effet de serre, à la mortalité par maladies de l’appareil respiratoire et à celle par tumeurs chez les femmes.

Mais globalement, entre le Québec et la France, aucun des deux territoires ne semblent se démarquer avantageusement de l’autre.

Comparaisons santé : le Québec et les pays scandinaves

Ce texte a pour objectif de comparer le Québec aux pays scandinaves à partir de 16 indicateurs couvrant quatre champs de la santé et de ses déterminants : les conditions démographiques, les conditions socioéconomiques, les habitudes de vie et l’environnement et enfin la mortalité. Les pays scandinaves qui sont comparés au Québec sont le Danemark, la Norvège, la Suède et la Finlande.

Cette comparaison entre le Québec et les pays scandinaves constitue la première d’une série de comparaisons entre le Québec et des populations ciblées.

Les conditions démographiques

Le Québec comprend une population de 8,4 millions d’habitants. Seule la Suède est plus nombreuse, avec 10 millions de personnes, alors qu’au Danemark, en Norvège et en Finlande, la taille de la population est de l’ordre de 5 à 6 millions d’habitants.

Au Québec, en 1971, la proportion de la population âgée de 65 ans et plus était de 7 %, une proportion beaucoup plus faible que celles observées dans les 4 pays scandinaves. En 2017, l’importance des personnes de 65 ans et plus au Québec a dépassé celle de la Norvège et se rapproche des niveaux observés au Danemark et en Suède..

Bien qu’au cours des dernières années, la fécondité au Québec ait retrouvé les niveaux observés au milieu des années 70, le nombre moyen d’enfant par femme demeure plus faible que dans trois des quatre pays scandinaves comparés. Cette situation peut être le reflet des régimes parentaux très généreux dans ces pays.

L’espérance de vie des hommes et des femmes du Québec se compare à celles des pays scandinaves. Chez les hommes, à 80,5 ans, l’espérance de vie des Québécois est légèrement inférieure à celle des Suédois et des Norvégiens mais surpasse largement celle des Danois et des Finlandais. Chez les femmes, avec une durée de vie de 84,4 ans, les Québécoises surclassent légèrement les Danoises, les Suédoises et les Norvégiennes et ne sont égalées que par les Finlandaises.

Les conditions socioéconomiques

En 2016, 27,4 % des personnes âgées de 25 à 64 ans détiennent un grade universitaire au Québec. Cette proportion est nettement inférieure à celles observées dans les quatre pays scandinaves.

En 2017, le Québec, la Suède et le Danemark affichent des taux de chômages comparables, de l’ordre de 6 à 7 %. La Norvège affiche le taux le plus faible, 4,2 %, et la Finlande, le plus élevé, 8,6 %.

En matière de produit intérieur brut par habitant, le Québec se démarque défavorablement des quatre pays scandinaves. L’écart avec le pays affichant la valeur la plus près de celle du Québec, la Finlande, est de 5 200$. La Norvège trône au premier rang avec un PIB de 66 % supérieur à celui du Québec.

Cependant, les niveaux élevés de taxation en Scandinavie font en sorte que seule la Norvège et la Suède dépassent le Québec pour le revenu disponible des ménages par habitant après déduction des différentes catégories d’impôt. Cela ne signifie pas pour autant que les Québécois ont plus d’argent à leur disponibilité. Les impôts prélevés en Scandinavie peuvent couvrir des services pour lesquels les gens du Québec doivent débourser. Par exemple, les études universitaires sont gratuites dans les quatre pays scandinaves.

Les habitudes de vie et l’environnement

La proportion de fumeurs quotidiens est de 13 % au Québec. Dans les pays scandinaves, le pourcentage de fumeurs varie entre 11 %, en Suède et en Norvège, et 17 % au Danemark.

 

Comme pour le tabac, le nombre de litres d’alcool vendus au Québec se situe à la médiane des valeurs observées dans les pays scandinaves.

Le pourcentage de personnes obèses au Québec, 25 %, est plus élevé que dans les quatre pays scandinaves. En Norvège, la proportion observée est la moitié de celle du Québec. Il faut cependant noter que les valeurs pour le Québec ont été corrigées afin de tenir compte de la sous-estimation de la prévalence de l’obésité à partir des données autodéclarées  par les répondants. Ce qui n’est pas le cas pour les valeurs des 4 pays scandinaves.

En ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre (GES) par habitant, la Suède montre, de loin, le meilleur bilan avec des valeurs de l’ordre de 5,5 tonnes par habitant. Le Québec et les trois autres pays scandinaves présentent des émissions comparables qui varient entre 9 et 11 tonnes par habitant.

Les causes de mortalité

Plusieurs études montrent que le Québec affiche depuis plusieurs décennies une mortalité par tumeurs particulièrement élevée par rapport aux autres provinces canadiennes et aux pays de l’OCDE. Ainsi, parmi les pays scandinaves, seul le Danemark présente une mortalité par tumeurs malignes supérieure à celle du Québec.

À l’inverse, la mortalité par maladies de l’appareil circulatoire observée au Québec est nettement plus faible que dans les pays scandinaves.

En ce qui concerne les maladies de l’appareil respiratoire, le Québec occupe une position médiane par rapport aux quatre pays scandinaves. On remarque des variations importantes entre les pays scandinaves. Le taux observé au Danemark est le triple de celui enregistré en Finlande.

Ensemble, les tumeurs, les maladies de l’appareil circulatoires et les maladies de l’appareil respiratoire représentent les deux tiers des décès. Le Québec affiche, pour ces trois causes de maladies chroniques réunies, un taux plus faible que ceux des quatre pays scandinaves. Ceci explique en partie pourquoi l’espérance de vie au Québec se compare favorablement à celles des pays scandinaves.

Bien qu’elle demeure à un niveau élevé, la mortalité par suicide diminue depuis plusieurs années au Québec. Cependant, comparativement aux pays scandinaves, seule la Finlande affiche un taux aussi élevé que celui du Québec.

En conclusion

Les pays scandinaves sont souvent perçus comme un modèle de société égalitaire où l’on retrouve à la fois une gestion efficace des finances publiques et une large gamme de programmes sociaux.

Les comparaisons présentées plus haut montrent que pour certains aspects, le Québec se positionne relativement bien par rapport aux pays scandinaves.

Ainsi, le Québec se compare favorablement pour l’espérance de vie à la naissance, le revenu disponible des ménages par habitant et la mortalité par maladies de l’appareil circulatoire.

Par contre, le Québec montre un portrait désavantageux en ce qui concerne les valeurs relativement faibles de sa fécondité, de son PIB par habitant et du pourcentage de gradués universitaires ainsi que ses niveaux élevés d’obésité et de mortalité par tumeurs malignes.

Comparaisons santé : le Canada et les États-Unis

Ce  texte a pour objectif de comparer le Canada et les États-Unis à partir de 20 indicateurs couvrant quatre champs de la santé et de ses déterminants : les conditions démographiques, les conditions socioéconomiques, les services services de santé, les habitudes de vie et l’environnement et enfin la mortalité.

Les conditions démographiques

Entre 2011 et 2016, la population du Canada a connu une croissance de 5,6 % et celle des États-Unis de 3,8 %. Au cours des 3 dernières périodes de 5 ans, la croissance de la population canadienne s’est intensifiée alors que celle des États-Unis a ralenti.

En 1967, la proportion de la population âgée de 65 ans et plus était plus faible au Canada qu’aux États-Unis. En 1992, les proportions étaient comparables tandis qu’en 2017, le vieillissement de la population était plus marqué au Canada avec 17 % de la population âgée de 65 ans et plus contre 16 % aux États-Unis.

Au milieu des années soixante, les deux pays affichaient une fécondité de près de 3 enfants par femmes. Par la suite, la baisse de la fécondité a été plus forte au Canada qu’aux États-Unis, de sorte que le nombre d’enfant par femme s’est retrouvé à un niveau nettement plus bas que le seuil de remplacement des générations.

En 2016, les Canadiens bénéficient d’une espérance de vie nettement plus élevée que les Américains. L’écart en faveur du Canada est de 3,8 ans chez les hommes et de 2,9 ans chez les femmes. En 2000, les hommes et les femmes du Canada pouvaient espérer vivre 2,5 ans de plus que les hommes et les femmes des États-Unis. Il est à noter que l’espérance de vie à la naissance n’a pas augmenté aux États-Unis depuis 2010.

Les conditions socioéconomiques

La proportion de la population âgée de 25 à 64 ans ayant un grade universitaire est plus élevée aux États-Unis qu’au Canada. En 2016, 35 % des Américains comparativement à 31 % des Canadiens détenaient un grade universitaire. Dans les deux pays, les pourcentages sont plus élevés chez les femmes que chez les hommes.

En 2017, le taux de chômage se situait à 4,4 % aux États-Unis et à 6,3 % au Canada. Depuis 2001, le taux de chômage a été généralement plus faible aux États-Unis qu’au Canada, sauf pour les années 2009 à 2013 alors que les États-Unis ont été particulièrement touchées par la crise économique de 2009.

Le revenu disponible des ménages après déductions des impôts et des différentes cotisations est nettement plus faible au Canada qu’aux États-Unis. L’écart entre les deux pays est de plus de 15 000$. Cependant, contrairement aux Américains, les Canadiens bénéficient d’un accès universel et gratuit à de nombreux services, entre autre ceux liés à la santé.

Enfin, le produit intérieur brut par habitant, qui représente une mesure du niveau d’activité économique d’un pays, est nettement plus marqué aux États-Unis qu’au Canada. L’écart entre les deux pays s’est même élargi passant de 8 500$ en 2007 à 12 500$ en 2016.

Les services de santé

Le gouvernement américain consacre pour les dépenses liées à la santé le double de dollars par habitant comparativement au gouvernement canadien. En 2017, les dépenses de santé par habitant se soldaient à 10 200$ aux États-Unis et à 4 800$ au Canada. Entre 2000 et 2017, les dépenses par habitant ont augmenté de 124 % aux États-Unis et de 99 % au Canada. Malgré un PIB par habitant nettement plus élevé aux États-Unis, la part du PIB consacré à la santé est de 17 % aux États-Unis comparativement à 10 % au Canada.

Malgré le fait que les dépenses gouvernementales en santé sont nettement plus élevées aux États-Unis qu’au Canada, seulement 36 % des Américains sont couverts par une assurance maladie publique comparativement à 100 % des Canadiens. Même en tenant compte des personnes couvertes par une assurance privée, près d’une personne sur dix aux États-Unis n’a aucune assurance maladie. Cependant, l’Obamacare (Patient Protection Affordable Care Act), qui constitue un mélange de subventions et de réglementation, a permis de faire passer la proportion d’Américains n’étant pas couvert par des assurances primaires publiques ou privées de 15 % à 9 %. L’objectif poursuivi lors de l’instauration de l’Obamacare, qui visait particulièrement les personnes dont l’employeur ne fournissait pas d’assurance santé ainsi que celles ne bénéficiant d’aucune couverture maladie gérée par le gouvernement, était de réduire à 5 % la proportion de personnes non couvertes par les assurances santé.

En ce qui concerne le personnel de santé, l’on retrouve aux États-Unis plus de médecins spécialistes par habitants mais moins de médecins généralistes et de personnel infirmier.

Les habitudes de vie et l’environnement

Tant au Canada qu’aux États-Unis, le tabagisme a diminué considérablement au cours des dernières décennies. En 2017, la proportion de fumeurs chez les femmes, 10 %, et chez les hommes, 10 %, étaient comparables dans les deux pays.

En ce qui concerne la consommation d’alcool, le nombre de litres d’alcool vendus par habitant est plus élevé aux États-Unis, 9 litres par habitant, qu’au Canada, 8 litres par habitant. La vente d’alcool tend a être stable dans le temps dans les deux États.

La prévalence de l’obésité affiche une hausse importante au cours de la dernière décennie aux États-Unis et au Canada. Bien que le Canada affiche des valeurs élevées, aux États-Unis le pourcentage de personnes obèses atteints des niveaux inégalés ailleurs. En 2015, selon des données d’enquêtes mesurant le poids et la taille des répondants, 38 % des Américains et 42 % des Américaines souffraient d’obésité comparativement à 29 % des Canadiens et 25 % des Canadiennes.

Les États-Unis constitue l’un des pays émettant le plus de gaz à effet de serre. Mais lorsque l’on examine les émissions de gaz à effet de serre par habitant, l’on constate que le taux d’émission est plus élevé au Canada. De plus, entre 2005 et 2015, le taux d’émission par habitant a augmenté plus rapidement au Canada, 8 %, qu’aux États-Unis, 2,5 %.

Les causes de mortalité

En 2015, la mortalité par tumeurs était légèrement plus faible aux États-Unis qu’au Canada. Chez les hommes, entre 2000 et 2015, la baisse de la mortalité liée à cette cause a été de l’ordre de 20 % dans les deux pays alors que pour les femmes, la baisse a été de 13 % chez les Canadiennes comparativement à 19 % chez les Américaines.

 

Le Canada affiche une mortalité par maladies de l’appareil circulatoire nettement inférieure à celle des États-Unis. Dans ce pays, les taux de hommes et des femmes dépassent de plus de 40 % ceux du Canada. Entre 2005 et 2015, la baisse des taux a été de 40 % au Canada et de 35 % aux États-Unis.

Les États-Unis affichent également une mortalité par maladies de l’appareil respiratoire plus élevée que le Canada. En 2015, le taux des Américains dépassent celui des Canadiens de 27 % alors que les Américaines ont surmortalité de 36 % par rapport aux Canadiennes. Dans les deux pays, la mortalité a diminué de façon plus importante chez les hommes que chez les femmes.

En 2015, chez les hommes, le taux de mortalité par suicide est plus élevé aux États-Unis qu’au Canada alors que chez les femmes, il est identique. Chez les hommes, le taux a augmenté de 18 % chez les Américains alors qu’il est demeurés stable chez les Canadiens. Chez les femmes, le taux a augmenté de 20 % au Canada et de 50 % aux États-Unis.

En conclusion

Le Canada et les États-Unis partagent la plus longue frontière terrestre au monde. Dans la comparaison de 20 indicateurs liés à la santé et ses déterminants l’on observe entre les deux pays plus de différences que de similarités.

La comparaison avantage les États-Unis en ce qui concerne surtout les indicateurs économiques : scolarité universitaire, revenu et PIB plus élevés, chômages plus faibles. Les États-Unis affichent également une situation plus favorable avec une fécondité plus forte et un vieillissement de la population moins prononcé.

À l’inverse, le Canada montre un portrait nettement plus reluisant que les États-Unis en ce qui concerne les indicateurs plus directement liés à la santé. En premier lieu, la population canadienne peut espérer vivre à la naissance 3 ans de plus que la population américaine. De plus, tous les Canadiens ont accès gratuitement à une assurance santé de base comparativement à seulement 36 % des Américains. L’obésité, bien que présentant une forte prévalence dans la population canadienne, est nettement moins répandue que dans la population américaine. Enfin, sauf pour les tumeurs, les taux de mortalité des principales causes de décès sont beaucoup moins élevés au Canada qu’aux États-Unis.

Cette comparaison montre qu’en matière de développement humain et de santé durable, le Canada affiche certainement des résultats nettement plus positifs que les États-Unis. Ce dernier pays ne présente un portrait favorable que pour les indicateurs économiques. Mais souvent ces indicateurs correspondent à des valeurs moyennes qui ne prennent pas en compte les disparités importantes au sein de la société américaine.

Comparaisons santé : les régions métropolitaines de Montréal, Toronto et Vancouver

Ce texte vise à comparer les trois plus grandes régions métropolitaines de recensement du Canada, Montréal, Toronto et Vancouver, à partir de 20 indicateurs couvrant cinq champs de la santé et de ses déterminants : les conditions démographiques, les conditions socioéconomiques, les facteurs de risque, l’état de santé et les causes de mortalité.

Les conditions démographiques

Les régions métropolitaines de recensement représentent des entités territoriales comprenant au moins 100 000 habitants constituées d’une ou de plusieurs municipalités adjacentes situées autour d’une grande région urbaine. Les trois régions métropolitaines retenues ici comprennent chacune plus de 2 millions d’habitants en 2017, Toronto, 6,3 millions, Montréal, 4,1 millions et Vancouver, 2,6 millions.

Entre 2013 et 2017, le taux de croissance de la population a été un peu plus élevé à Toronto, 6 %, qu’à Vancouver, 5 % et Montréal, 4 %. En 2017, la proportion de personnes âgées de 65 ans et plus s’établit à 16,3 % à Montréal, 15,7 % à Vancouver et 14,5 % à Toronto. La part des immigrants dans l’ensemble de la population atteint en 2016, 46 % à Toronto, 41 % à Vancouver et 23 % à Montréal.

Les conditions socioéconomiques

En 2016, le pourcentage de personnes âgées de 20-64 ans ayant un grade universitaire est plus faible à Montréal, 32 %, qu’à Vancouver, 38 % et à Toronto, 41 %.

Les données sur le chômage pour l’ensemble de l’année 2017 indiquent des taux comparables de l’ordre de 6,5 % pour les régions métropolitaine de Montréal et de Toronto. La région de Vancouver se démarque avec un taux inférieur à 5 %.

En 2015, le revenu médian après impôt des ménages privés est de seulement 53 700$ à Montréal, comparativement à 63 400$ à Vancouver et de 68 600$ à Toronto.

La mesure du panier de consommation constitue une mesure de faible revenu basée sur le coût d’un panier de biens et de services correspondant à un niveau de vie de base. Cette mesure est plus précise que les autres mesures de faible revenu puisqu’elle tient compte des différences géographiques dans le coût du panier. Selon cette mesure, Montréal se démarque en 2015 avec un pourcentage de personnes à faible revenu de 12,5 %, un niveau nettement plus bas qu’à Toronto et à Vancouver, ou  le pourcentage est de 17 %.

Les facteurs de risque

Quatre indicateurs ont été choisis pour comparer les facteurs risques à la santé dans les trois plus grandes régions métropolitaines du Canada : les fumeurs quotidiens, les personnes actives physiquement, les personnes ayant un fort sentiment d’appartenance à leur communauté locale et les personnes ayant accès régulièrement à un professionnel de la santé. Ces indicateurs se rapportent ainsi aux habitudes de vie, au réseau social et à l’accès au réseau de santé.

En 2015-2016, la proportion de personnes qui fument tous les jours dans la région de Montréal, bien qu’étant relativement faible, 12 %, dépasse nettement celles observées à Toronto, 9 %, et à Vancouver, 7 %.

Vancouver se démarque avec un pourcentage de personnes actives physiquement de 65 %, comparativement à 57 % de la population à Montréal et à 55 % à Toronto.

L’importance relative de la population ayant un fort sentiment d’appartenance à sa communauté locale avoisine 70 % à Toronto et Vancouver alors qu’elle est inférieure à 60 % à Montréal.

Moins de 70 % de la population a accès régulièrement à un professionnel de la santé à Montréal alors que le pourcentage dépasse 80 % à Vancouver et atteint 90 % à Toronto.

L’état de santé

En 2015-2016, la proportion de personnes ne se percevant pas en bonne santé est plus faible à Montréal, 9 %, qu’à Toronto et Vancouver, 11 %.

La proportion de personnes obèses est de 23 % à Montréal,  de 21 % à Toronto et de 17 % à Vancouver. L’importance des personnes ne se percevant pas en bonne santé mentale est plus élevée à Vancouver, 7,5 %, qu’à Toronto, 6,2 % et Montréal, 7,1 %. Dans la grande région de Montréal, plus de personnes perçoivent un stress intense, 25 %, qu’à Toronto, 23 % ou Vancouver, 20 %.

Les causes de mortalité

En 2010-2012, la mortalité par tumeurs malignes est beaucoup plus élevée à Montréal qu’à Toronto ou Vancouver.

Montreal-Toronto-Vancouver 5

Toronto se démarque de Vancouver et Montréal par des taux de mortalité par maladies de l’appareil circulatoire et par maladies l’appareil respiratoire sensiblement plus bas.

Le taux de mortalité par suicide est plus important à Montréal que dans les deux autres régions.

En conclusion

Pour la plupart des 20 indicateurs examinés, Montréal se compare défavorablement à Toronto et Vancouver. Tout d’abord, en ce qui concerne la démographie, Montréal affiche, par rapport aux deux autres régions, une croissance de la population plus faible, un vieillissement de la structure par âge plus prononcé et un apport de l’immigration moins important.

Les conditions socioéconomiques sont également plus difficiles à Montréal. La proportion de personnes ayant un grade universitaire est moins élevée que dans les deux autres régions malgré la présence de quatre universités et des frais de scolarité universitaire beaucoup moins élevés qu’à Toronto ou Vancouver. Les revenus sont également plus bas. Cependant, l’importance relative de la pauvreté est plus faible qu’à Toronto et Vancouver où le coût de la vie y est beaucoup plus élevé.

La région de Montréal présente également une position désavantageuse relativement aux facteurs de risque à la santé : plus de fumeurs, moins de personnes ayant un fort sentiment d’appartenance à leur communauté et moins de personnes ayant accès régulièrement à un professionnel de la santé.

Si Montréal ne semble pas se comparer défavorablement aux deux autres régions en ce qui concerne la perception qu’a la population de la santé en général ainsi que de la santé mentale, elle montre une proportion plus élevée de personnes obèses et de personne déclarant un stress intense.

Enfin, pour les causes de mortalité, dont les données les plus récentes datent de 2010-2012, Montréal se distingue avec des taux de mortalité par tumeurs et par suicide plus élevés que dans les deux autres régions métropolitaines.

Concernant l’état de santé et les causes de mortalité, la situation moins favorable à Montréal peut dépendre en partie du fait que la part relative de la population immigrante est moins importante qu’à Toronto et Vancouver. Les personnes nées à l’extérieur du Canada sont souvent en meilleure santé que celles nées aux pays. Ainsi, il faut souvent une bonne santé physique ou mentale pour entamer un processus d’immigration et franchir les diverses étapes du processus de sélection pour entrer au Canada.

Enfin, parmi Toronto et Vancouver, la première se positionne en général plus favorablement, en particulier pour la démographie, l’état de santé et la mortalité. Mais Vancouver se distingue avec une faible proportion de fumeurs, une plus forte proportion de personnes actives physiquement ainsi que par un taux de chômage très bas.

Comparaisons santé : Le Québec et le Canada

Ce texte a pour objectif de comparer le Québec à l’ensemble du Canada à partir de 16 indicateurs couvrant quatre champs de la santé et de ses déterminants : les conditions démographiques, les conditions socioéconomiques, les habitudes de vie et l’environnement et enfin la mortalité. Cette comparaison entre le Québec et le Canada fait partie d’une série de comparaisons entre le Québec et des populations ciblées.

Les conditions démographiques

La population du Québec s’accroît à un rythme plus faible que celle de l’ensemble du Canada. Pour la période la plus récente, celle allant de 2011 à 2016, le taux d’accroissement était de 4 % au Québec et de 6 % au Canada.

En 2001, l’importance relative des personnes âgées de 65 ans et plus dans l’ensemble de la population se situait à 13 % au Québec et au Canada. En 2017, elle passe à 18,5 % au Québec et à 16,9 % au Canada.

Le nombre moyen d’enfant par femme au Québec dépasse la moyenne canadienne à partir de 2006, l’année d’entrée en vigueur du régime québécois d’assurance parentale qui prévoit des prestations à tous les travailleuses et travailleurs qui prennent un congé de maternité ou un congé parental.

En 2013-2015, tant chez les hommes que chez les femmes, l’espérance de vie au Québec dépasse très légèrement celle de l’ensemble du Canada. En 2000-2002, les hommes du Québec affichaient au contraire un retard, comparativement à la moyenne canadienne, de 0,6 an  alors que chez les femmes les valeurs étaient semblables.

Les conditions socioéconomiques

Le Québec se situe sous la moyenne canadienne en ce qui concerne la proportion de la population ayant un grade universitaire. En 2017, cette proportion était de 31,2 % au Canada et de 29,0 % au Québec. Le retard du Québec sur le Canada s’est accentué depuis 2001.

De 2001 à 2017, sauf pour 2010 et 2017, le Québec a toujours enregistré un taux de chômage se situant au-dessus de la moyenne canadienne. Les données pour l’année 2017 montrent que le taux de chômage s’établit à 6,1 % au Québec et à 6,3 % au Canada.

Le revenu disponible des ménages après déductions des impôts et des différentes cotisations est au Québec inférieur de 4 000$ à la moyenne canadienne en 2016. L’écart entre le Québec et le Canada s’est approfondi par rapport à 2007. Cela ne signifie pas pour autant que les Québécois ont moins d’argent que l’ensemble des Canadiens pour subvenir à leurs besoins puisque le coût de certaines dépenses (logement, garderie, université), est beaucoup moins élevé au Québec.

Enfin, le Québec affiche systématiquement à chaque année, sauf en 2004, une proportion de personnes à faible revenu inférieure à celle du Canada selon la Mesure du faible revenu. En 2016, 14 % des personnes avaient un faible revenu au Québec comparativement à 13 % au Canada. La mesure de faible revenu après impôt (MFR) établit le seuil de revenu à 50 % de la médiane des revenus ajustés des ménages. Les seuils sont différenciés selon le nombre de personnes dans le ménage afin de refléter les économies d’échelle attribuables à la taille du ménage.

Les habitudes de vie et l’environnement

Entre 2003 et 2015-2016, le tabagisme a diminué au Québec de sorte que maintenant l’écart est pratiquement nul chez les hommes par rapport à l’ensemble du Canada. Chez les femmes, les Québécoises sont toujours plus nombreuses à fumer, 12 %, que l’ensemble des Canadiennes, 11 %.

En 2004-2005, il se vendait la même quantité de litres d’alcool par habitant au Québec et dans l’ensemble du Canada. Entre 2004-2005 et 2015-2016, la vente d’alcool a augmenté plus rapidement au Québec de sorte qu’elle se situe maintenant légèrement au-dessus de la moyenne canadienne.

Le Canada et le Québec n’échappent pas au phénomène de la hausse de l’obésité. Mais l’ampleur du problème est un peu moins marqué au Québec. En 2015, 23 % des Québécois et 24 % des Québécoises souffraient d’obésité comparativement à 29 % des Canadiens et à 25 % des Canadiennes.

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) par habitant au Canada sont plus du double de celles du Québec. Les émissions totales, sans égard à l’évolution de la population, ont diminué de 10 % au Québec mais ont augmenté de 18 % au Canada.

Les causes de mortalité

En 2015, le Québec affiche par rapport à l’ensemble du Canada un excédent de mortalité par tumeurs malignes de 11 % chez les hommes et de 8 % chez les femmes. Comparativement à 2000, l’excédent de mortalité du Québec a légèrement diminué chez les hommes et s’est accrue chez les femmes.

À l’inverse, pour la mortalité par maladies de l’appareil circulatoire, c’est le Canada qui présente un excédent de mortalité par rapport au Québec. Cette surmortalité est de l’ordre de 10 % chez les hommes et chez les femmes et elle a peu varié par rapport à 2000.

En 2015, chez les hommes comme chez les femmes, la mortalité par maladies chroniques des voies respiratoires inférieures (emphysème, asthme, bronchite) est semblable au Québec et au Canada. En 2000, le Québec affichait une surmortalité par rapport à la moyenne canadienne de 26 % chez les hommes et de 7 % chez les femmes.

Historiquement, le Québec a été l’une des provinces canadiennes les plus touchées par la mortalité par suicide. Chez les hommes, l’excédent de mortalité par suicide du Québec est passé de 49 % en 2000 à 11 % en 2015. Chez les femmes, les taux sont trop faibles pour dégager des tendances.

En conclusion

La comparaison entre le Québec et le Canada permet de constater le peu d’écart qui sépare ces deux populations en matière de santé. Au cours de la dernière décennie, le Québec a réduit son retard en ce qui concerne certaines causes de décès. Il a même comblé complètement l’écart en ce qui a trait à l’espérance de vie à la naissance.

Il subsiste encore des points où le Québec a du rattrapage à faire pour rejoindre le Canada, notamment en ce qui a trait à la scolarité universitaire, au revenu et à la réduction du tabagisme. Par contre, le taux de chômage est passé sous la moyenne canadienne en 2017.

Enfin, le Québec se positionne mieux que le Canada pour les émissions de GES et l’obésité.

Comparaisons santé : le Québec et l’Ontario

Ce texte a pour objectif de comparer le Québec et l’Ontario à partir de 16 indicateurs couvrant quatre champs de la santé et de ses déterminants : les conditions démographiques, les conditions socioéconomiques, les habitudes de vie et l’environnement et enfin la mortalité. Cette comparaison entre le Québec et l’Ontario fait partie d’une série de comparaisons entre le Québec et des populations ciblées.

Les conditions démographiques

De 2011 à 2016, le Québec a enregistré un taux de croissance de 4 % et l’Ontario de 5 %. Alors qu’entre 2001 et 2006, le rythme de croissance de l’Ontario a été le double de celui du Québec, durant la période suivante, les deux provinces ont présenté un accroissement semblable de leur population.

En 2017, le vieillissement de la population est plus prononcé au Québec qu’en Ontario. En Ontario, la proportion de la population âgée de 65 ans et plus est de 16,7 % alors qu’elle est de 18,5 % au Québec. L’écart entre les deux provinces s’est accentué depuis 2001.

Depuis 2006, le Québec enregistre un nombre moyen d’enfant plus élevé qu’en Ontario. La fécondité plus élevée au Québec qu’en Ontario à partir de 2006 correspond à l’entrée en vigueur, cette année, du régime québécois d’assurance parentale qui prévoit des prestations à tous les travailleuses et travailleurs qui prennent un congé de maternité ou un congé parental. En Ontario, les personnes qui prennent ces congés n’ont droit qu’aux prestations de maternité et parentales de l’assurance-emploi du gouvernement du Canada. La fécondité est en baisse constante depuis 2009 au Québec et depuis 2012 en Ontario.

En 2013-2015, l’Ontario montre une espérance de vie, tant chez les hommes que chez les femmes, légèrement plus élevée qu’au Québec. Par rapport à 2000-2002, le retard du Québec sur l’Ontario est passé de 1,0 an à 0,3 an chez les hommes et de 0,1 an à 0,4 an chez les femmes..

Les conditions socioéconomiques

En matière de formation universitaire, le Québec accuse un retard important sur l’Ontario. Ainsi, en 2017, au Québec, 29 % de la population québécoise âgée de 25-64 ans avait un grade universitaire comparativement à 34 % en Ontario. L’écart entre les deux provinces a augmenté entre 2001 et 2017 et cela malgré le fait que les frais de scolarité universitaire demeurent beaucoup plus bas au Québec.

Avant 2009, le Québec présentait un taux de chômage supérieur à celui de l’Ontario. Cependant, la récession de 2009 a touché plus fortement l’Ontario de sorte que son taux a dépassé celui du Québec en 2009 et 2010. Le taux des deux provinces se situait au même niveau de 2011 à 2013. Depuis 2014, l’Ontario affiche un taux légèrement inférieur à celui du Québec. En 2017, le taux s’établissait à 6,1 % au Québec et à 6,0 % en Ontario.

Le revenu disponible des ménages après déductions des impôts et des différentes cotisations est plus élevé de 4 300$ en Ontario qu’au Québec en 2016. L’écart entre les deux provinces était semblable en 2007. Cela ne signifie pas nécessairement que les Québécois ont une moins grande marge manœuvre financière. Les coûts de certaines dépenses importantes, comme les frais reliés aux études universitaires ainsi qu’aux services de garderies, sont couverts en partie par les impôts prélevés au Québec.

La mesure de faible revenu après impôt (MFR) établit le seuil de revenu à 50 % de la médiane des revenus ajustés selon la taille des ménages.  Les données sur la MFR peuvent être disponibles annuellement à partir d’enquêtes ou aux cinq ans à partir du recensement. En 2016, la proportion de personnes à faible revenu est comparable au Québec et en Ontario. La proportion est généralement plus faible en Ontario qu’au Québec mais depuis 2009, l’écart entre les deux provinces est très faible.

Les habitudes de vie et l’environnement

Tant chez les hommes que chez les femmes, l’on retrouve une proportion plus élevée de fumeurs au Québec qu’en Ontario. Entre 2003 et 2015-2016, la prévalence du tabagisme a enregistré une baisse importante au Québec de sorte que l’écart entre les deux provinces a diminué de façon notable.

En 2004-2005, il se vendait au Québec et en Ontario autour de 8,0 litres d’alcool par habitant. En 2015-2016, l’Ontario enregistre la même quantité d’alcool vendu alors qu’au Québec la consommation est passée à  8,5 litres par personne.

La prévalence de l’obésité est à la hausse en Ontario et au Québec. En 2015-2016, chez les hommes, l’ampleur du phénomène atteint 23 %  au Québec et 29 % en Ontario, alors que chez les femmes, la proportion de personnes obèses est plus élevées chez les Québécoises, 24 % que chez les Ontariennes, 23 %.

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) par habitant sont plus élevées en Ontario qu’au Québec. En ce qui concerne les émissions totales, sans égard à l’évolution de la population, l’Ontario a enregistré une diminution de 10 % et le Québec de 8 % entre 1990 et 2015. De 2005 à 2015, les émissions de GES ont baissé de 19 % en Ontario et de 10 % au Québec.  Au cours des dernières années, la réduction des GES a donc été plus efficace en Ontario qu’au Québec.

Les causes de mortalité

En 2015, le Québec affiche par rapport à l’Ontario un excédent de mortalité par tumeurs de 18 % chez les hommes et de 13 % chez les femmes. Par rapport à 2000, l’excédent de mortalité du Québec est demeuré relativement stable chez les hommes et a augmenté chez les femmes. À l’opposé, la mortalité par maladies de l’appareil circulatoire est plus basse au Québec qu’en Ontario. En ce qui concerne les maladies chroniques des voies respiratoires inférieures, le Québec affiche en 2015, chez les hommes et chez les femmes une surmortalité de l’ordre de 15 % par rapport à l’Ontario. Cependant, l’écart entre les deux provinces a diminué de plus de la moitié chez les hommes entre 2000 et 2015. Enfin, les hommes du Québec sont désavantagés par rapport à ceux de l’Ontario avec un taux de suicide plus élevé de 18 % en 2015. En 2000, la surmortalité par suicide du Québec était de 121 %. Chez les femmes, les taux sont trop faibles pour dégager des tendances.

En conclusion

Il est intéressant de comparer sous l’angle de la santé le Québec à l’Ontario, cette province voisine qui a toujours présenté une situation économique plus reluisante.

Sans surprise, la comparaison favorise plus souvent l’Ontario mais dans plusieurs cas les écarts sont relativement faibles et ont même tendance à diminuer dans le temps. Par exemple, en ce qui concerne le taux de chômage et la proportion de personnes à faible revenu, le Québec a pratiquement comblé le retard qu’il avait sur l’Ontario. Cependant, le Québec se compare moins bien avec l’Ontario en termes de scolarité universitaire et de revenus.

D’un autre côté, la mise en place en 2006 du régime québécois d’assurance parental se traduit par une fécondité supérieure au Québec depuis son instauration. Entre 1990 et 2015, le Québec affiche une réduction plus importante des GES qu’en Ontario mais la situation s’est renversée au cours des dernières années.

La population ontarienne enregistre une durée de vie supérieure à celle de la population québécoise. Cette situation se reflète dans les taux de mortalité par cancer, par maladies de l’appareil respiratoire et par suicide plus élevés au Québec qu’en Ontario. Cependant, pour les maladies de l’appareil circulatoire, le Québec bénéficie d’une mortalité plus faible.

Comparaisons santé : le Québec et la Wallonie

Ce texte a pour objectif de comparer le Québec et la Wallonie en matière de santé à partir de 16 indicateurs couvrant différents champs relatifs à la santé des populations :

  • les conditions démographiques,
  • les conditions socioéconomiques,
  • l’environnement social et l’environnement physique,
  • les habitudes de vie et l’état de santé.

 Cette comparaison entre le Québec et la Wallonie fait partie d’une série de comparaisons entre le Québec et des populations choisies.

Les populations du Québec et de la Wallonie partagent le fait d’être majoritairement francophones et de faire partie d’une région qui est minoritaire à l’intérieur d’un pays parlant une autre langue. En 2015, le Québec représentait 23 % de la population du Canada et la Wallonie, 32 % de la population de la Belgique. La Wallonie s’est retrouvée dans l’actualité à la fin du mois d’octobre 2016 lorsque son parlement a temporairement refusé d’approuver l’accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne.

Conditions démographiques

En 2015, la population du Québec, 8,3 millions d’habitants, était un peu plus du double de celle de la Wallonie, 3,6 millions. Le rythme de croissance de la population québécoise est plus soutenu que celui de la Wallonie. Cette dernière a connu un taux d’accroissement de 3 % durant les périodes 2005-2010 et 2010-2015. En comparaison, le taux de croissance de la population québécoise a été de 5 % durant la première période et de 4 % durant la suivante.

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La population du Québec vieillit beaucoup plus rapidement que celle de la Wallonie. En 2000, la proportion de la population âgée 65 ans et plus était de 13 % au Québec et de 17 % en Wallonie. En 2015,  les deux régions présentaient des proportions identiques. En 2030, on prévoit que le Québec présentera une proportion sensiblement plus élevée que la Wallonie, 24 % contre 21 %.

La fécondité des femmes québécoises est plus basses que celles des femmes wallonnes. En 2014, le nombre moyen d’enfants par femme s’établissait à 1,74 en Wallonie et à 1,62 au Québec. En 2000, l’écart était plus prononcé, favorisant la Wallonie par 0,21 enfant par femme.

Conditions socioéconomiques

Le pourcentage de la population active ayant au moins un diplôme de niveau secondaire est plus important au Québec qu’en Wallonie. En 2014, ce pourcentage était de 88 % au Québec et de 78 % en Wallonie. Le Québec est aussi favorisé comparativement à la Wallonie en  matière d’emploi. En 2015, le taux de chômage en Wallonie était de 1,5 fois celui du Québec.

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En 2013, le produit intérieur brut par habitant était nettement plus élevé au Québec qu’en Wallonie. Le PIB courant, qui ne tient pas compte de l’augmentation du coût de la vie, a augmenté de 17 % au Québec, entre 2005 et 2013, et de 27 % en Wallonie. Le PIB constant, ajusté pour les variations du coût de la vie,a augmenté de 2 % au Québec et de 3 % en Wallonie. Le revenu disponible des ménages par habitant est légèrement plus élevé au Québec qu’en Wallonie. De 2005 à 2013, le revenu moyen en dollars courant a augmenté de l’ordre de 20 % dans les deux régions. Cependant, en ce qui concerne le revenu constant, la hausse observée au Québec, 13 %, a été nettement plus forte, qu celle de la Wallonie, 2 %.

Environnement social et environnement physique

Comparativement à la Wallonie, le Québec semble légèrement plus favorisé en ce qui concerne les deux indicateurs choisis relativement à l’environnement social. Tout d’abord, on observe au Québec par rapport à la Wallonie une plus grande proportion de la population qui a accès, en cas de besoin, à un réseau de parents ou d’amis. De plus, le taux d’homicide est nettement plus faible au Québec qu’en Wallonie.

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Les indicateurs de l’environnement physique présentant des données récentes et comparables entre le Québec et la Wallonie ne sont pas nombreux. Deux mesures ont été retenues : le taux de véhicules particuliers par 100 habitants et le nombre moyen de particules fines. Compte tenu des plus longues distances à parcourir, le Québec affiche 26 % plus de véhicules par habitant que la Wallonie. Dans les deux régions, le taux a augmenté entre 2005 et 2013.

Le niveau moyen de particules fines dans l’air est beaucoup plus élevé en Wallonie qu’au Québec. Bien que le niveau ait diminué dans les deux régions entre 2003 et 2013, l’écart s’est accentué.

Habitudes de vie et état de santé

En 2014, tant chez les hommes que chez les femmes, le tabagisme est légèrement moins répandu au Québec qu’en Wallonie. Cette situation représente un changement de tendance par rapport à 2003 où les proportions de fumeurs étaient plus élevées au Québec. C’est l’évolution inverse qui s’est produite en ce qui concerne l’obésité. Les proportions de personnes obèses au Québec ont dépassé celles de la Wallonie entre 2003 et 2014. En 2014, les proportions observées étaient au Québec de 20 % chez les hommes et de 16 % chez les femmes et en Wallonie de 17 % chez les hommes et de 15 % chez les femmes.

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En ce qui concerne l’état de santé général de la population, les hommes et les femmes du Québec jouissent d’une espérance de vie à la naissance nettement plus élevée que les hommes et les femmes de la Wallonie. En 2014, l’écart en faveur du Québec est de 3,1 ans chez les hommes et de 1,6 an chez les femmes. Cet écart est demeuré stable par rapport à 2000. Enfin, le taux de mortalité infantile en 2014 est plus faible en Wallonie qu’au Québec alors qu’il était semblable en 2000.

En conclusion

Pour la majorité des indicateurs comparés, le Québec affiche une situation plus avantageuse que la Wallonie. La population s’accroît plus rapidement, les conditions socioéconomiques, tant du point de vue de la scolarité, de l’emploi, de la productivité et des revenus, sont plus favorables et l’espérance de vie est nettement plus élevée.

Mais cette comparaison fait également ressortir un enjeu majeur auquel le Québec est confronté, le vieillissement de sa population. En 2030, près du quart de sa population sera âgée de 65 ans et plus. Une proportion qui dépasse celle des régions, comme la Wallonie, où le processus de vieillissement a débuté depuis plus longtemps qu’au Québec. Les données sur la fécondité montrent que malgré l’instauration du régime parental en 2006, la hausse du nombre moyen d’enfants par femme observée par la suite n’a pas permis d’atteindre les niveaux de fécondité observés en Europe.

Comparaisons santé : le Québec et l’Écosse

Ce texte a pour objectif de comparer le Québec et l’Écosse à partir de 16 indicateurs couvrant quatre champs de la santé et de ses déterminants : les conditions démographiques, les conditions socioéconomiques, les habitudes de vie et l’environnement et enfin les causes de décès. Cette comparaison entre le Québec et l’Écosse fait partie d’une série de comparaisons entre le Québec et des populations ciblées.

Les conditions démographiques

En 2015, la population du Québec s’établissait à 8,3 millions d’habitants et celle de l’Écosse à 5,4 millions. Entre 2010 et 2015, le rythme de croissance de la population québécoise, 4,2 %, a été le double de celui de la population écossaise, 2,1 %. Durant la période précédente, l’accroissement de la population a aussi été plus soutenu au Québec qu’en Écosse. En 2000, on compte 13 % de personnes âgées de 65 ans et plus au Québec, comparativement à 16 % en Écosse. Cet écart de 3 % entre les deux régions est réduit à moins de 1 % en 2015. Les prévisions pour 2034 établissent la part des personnes de 65 ans et plus à 25 % pour les deux populations. Le vieillissement plus rapide la population québécoise s’explique par l’arrivée massive dans le groupe des personnes de 65 ans et plus, à partir de 2011, des enfants nés durant le baby-boom des années 1946 à 1966.

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Si la fécondité a été nettement plus élevée au Québec qu’en Écosse durant les années d’après-guerre, les données plus récentes montrent une similarité dans l’évolution du nombre moyen d’enfants par femme qui se situait à moins de 1,5 en 2000 et à 1,6 en 2014. Les données sur l’espérance de vie à la naissance montrent un avantage marqué pour le Québec par rapport à l’Écosse. Tant en 2000 qu’en 2013, les hommes vivaient près de 3 ans de plus au Québec qu’en Écosse alors que chez les femmes, l’écart en faveur du Québec s’est rétréci passant de 3,4 ans à 2,9 ans.

Les conditions socioéconomiques

En 2014, la proportion de la population active ayant au moins un diplôme du secondaire était de 88 % au Québec et de 83 % en Écosse. En 2000, les proportions étaient respectivement de 80 % au Québec et de 72 % en Écosse. Tant en 2005 qu’en 2014, l’Écosse affiche un taux de chômage plus faible que le Québec. Dans les deux régions, le taux est plus bas en 2014 qu’en 2005.

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Le produit intérieur brut par habitant présente peu de différence entre le Québec et l’Écosse. En 2005, le PIB de l’Écosse était légèrement supérieur à celui du Québec alors qu’en 2013, c’est l’inverse qui se produit. Le PIB courant, qui ne tient pas compte de l’augmentation du coût de la vie, a augmenté de 17 % au Québec et de 11 % en Écosse. Le PIB constant, ajusté pour les variations du coût de la vie, a augmenté de 2 % au Québec alors qu’il a diminué de 3 % en Écosse. Les comparaisons du revenu disponible des ménages par habitant favorisent l’Écosse par rapport au Québec. L’écart a cependant diminué dans le temps. En 2005, le revenu courant était supérieur de 20 % en Écosse par rapport au Québec et le revenu constant de 17 %. En 2013, l’avantage de l’Écosse est de 7 % pour le revenu constant et de 4 % pour le revenu courant. De 2005 à 2013, l’évolution du revenu constant, qui tient compte de l’augmentation du coût de la vie, a fait augmenter le pouvoir d’achat des ménages de 13 % au Québec mais de seulement 3 % en Écosse.

Les habitudes de vie et l’environnement

En ce qui concerne les habitudes de vie, le tabagisme est beaucoup plus répandu en Écosse qu’au Québec. En 2014, 25 % des hommes écossais et 22 % des femmes écossaises fumaient à tous les jours comparativement à 16 % des Québécois et 14 % des Québécoises. Dans les deux régions, le tabagisme a diminué au cours des dix dernières années. La diminution a été plus importante au Québec de sorte que l’écart entre les deux régions s’est accru.

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L’Écosse affiche également des taux d’obésité plus élevés que le Québec, surtout chez les femmes. Chez celles-ci, en 2014, la prévalence de l’obésité est de 29 % en Écosse comparativement à 16 % au Québec. Chez les hommes, la différence est moins grande, 25 % en Écosse comparativement à 20 % au Québec. Dans les deux régions, le phénomène de l’obésité à pris de l ‘ampleur au cours des dix dernières années. La hausse a été plus marquée au Québec.

Les causes de mortalité

Le Québec affiche, comparativement aux pays les plus développés et autres provinces canadiennes, un des taux les plus élevés de mortalité par tumeurs. Cependant, l’Écosse affiche un taux encore plus élevé. De plus, la surmortalité de l’Écosse par rapport à celle du Québec s’est accentuée entre 2001 et 2012 passant de 4 % à 10 % chez les hommes et de 11 % à 17 % chez les femmes.

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La surmortalité de l’Écosse par rapport à celle du Québec est encore plus forte pour les maladies de l’appareil circulatoire. Elle se situe autour de 50 % chez les hommes et de 60 % chez les femmes. L’Écosse est également défavorisée en ce qui concerne les maladies de l’appareil respiratoire. En 2012, les taux écossais dépassent ceux du Québec de 60 % chez les hommes et de 90 % chez les femmes. Enfin, pour le suicide, le Québec enregistre des taux supérieurs à ceux de l’Écosse. La surmortalité Québécoise est de l’ordre de 30 % chez les hommes et de 20 % chez les femmes.

En conclusion

La comparaison entre le Québec et l’Écosse relativement aux indicateurs reliés à la santé favorisent majoritairement le Québec. Les deux régions montrent des situations similaires en ce qui concerne le vieillissement prévu de la population et le niveau de la fécondité. mais le Québec est nettement avantagée pour l’espérance de vie à la naissance.

En matière de conditions socioéconomiques, le Québec présente une proportion plus élevée de personnes ayant un diplôme du secondaire, alors que l’Écosse est mieux positionnée relativement aux taux de chômage et aux revenus disponibles des ménages.

Le Québec devance nettement l’Écosse en ce qui concerne les saines habitudes de vie tandis que du côté de l’environnement, aucune des deux régions se démarque.

Enfin, en ce qui concerne les causes de mortalité, sauf pour le suicide, les taux québécois sont nettement plus faibles que ceux de l’Écosse.

 

Indice de santé durable : le Québec comparé au Canada et aux pays de l’OCDE

Introduction

À partir des données publiées par différents organismes statistiques québécois, canadiens et internationaux,  il est possible de comparer le Québec au Canada et aux pays de l’OCDE en matière de santé. Ces données permettent d’établir des comparaisons sur des sujets très variés tels que la structure par âge, la fécondité, la scolarité, le revenu, les habitudes de vie, les émissions de gaz à effet de serre, l’espérance de vie ou les causes de mortalité. Mais il n’existe pas d’indice, construit à partir de données sur les différentes dimensions de la santé, qui fournisse une mesure synthèse de la santé d’une population.

On retrouve bien quelques indices combinant plusieurs dimensions qui présentent un classement des pays selon différents approches. On pense par exemple à l’indice le plus connu, l’indice de développement humain créé par le programme des Nations Unies pour le développement qui considère trois dimensions, la durée de vie, le niveau d’éducation et le revenu.

L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), a défini, de son côté, un ensemble de mesures du bien-être pour les pays membres et leurs régions mais ne propose pas une pondération définitive menant à un indice global. Il existe, enfin, quelques indices de qualité de vie développés par différents organismes (Nation Ranking, International Living, Economist Intelligence Unit, Numbeo, etc) mais qui ne couvrent que certaines dimensions de la santé.

Bien que ces indices comprennent tous une dimension relative à la santé, leur calcul accorde une importance plus grande au développement économique. De plus, les données pour le Québec ne sont pas toujours comparables ou disponibles. Enfin, ces indices sont souvent construits pour comparer tous les pays du monde et ne sont donc pas spécifiques aux pays industrialisés qui présentent souvent des valeurs comparables.

L’approche que nous préconisons ici consiste à définir un indice qui tienne compte, d’une part, de l’état de santé actuel, et, d’autre part, des déterminants qui agiront sur l’état de santé durant les prochaines décennies. Le concept de développement durable fait place ici à celui de santé durable, le qualificatif durable faisant référence à la notion de permanence, de maintien et d’amélioration de la santé. Une santé durable signifie également qu’il y a une volonté politique et sociale et des actions mesurables de maintien et d’amélioration de la santé.

L’indice proposé se limite aux pays les plus développés et vise à couvrir plusieurs champs relatifs à la santé des populations : la démographie, les conditions socioéconomiques, les habitudes de vie, l’environnement physique, l’environnement psychosociale et l’état de santé.

Choix des pays

En plus du Canada, 18 autres pays ont été choisis pour être comparés au Québec. Ces pays sont les suivants : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Irlande, Italie, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède et Suisse. Le choix des pays a été basé sur trois critères :

  1. Les pays doivent faire partie de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) afin que des données comparables soient disponibles à partir de la base OECD.StatExtracts.
  2. Ces pays doivent se classer avec le Canada parmi les 19 pays de l’OCDE ayant les PIB par habitant les plus élevés en parité du pouvoir d’achat en 2013.
  3. Chaque pays doit comprendre une population supérieure à 3 millions d’habitants de sorte que les données présentent une bonne précision statistique.

Dimensions et indicateurs retenus

Afin de couvrir le mieux possible le concept de santé durable,  six dimensions ont été retenues selon la disponibilité et la comparabilité des données : la démographie, les conditions socioéconomiques, les habitudes de vie, l’environnement physique, l’environnement psychosocial et l’état de santé. Les dimensions sont définies à partir d’un ou de plusieurs indicateurs.

Pour chaque indicateur compris dans le calcul de l’indice, les pays obtiennent un score se situant entre 0 (la valeur la plus défavorable) et 1 (la valeur la plus favorable) selon la valeur  de l’indicateur retenu. Le score du pays est obtenu selon la formule suivante lorsque la valeur la plus élevée de l’indicateur correspond à la situation la plus favorable :

(valeur du pays – valeur minimale) / (valeur maximale – valeur minimale).

Lorsque la valeur la plus faible constitue la situation la plus favorable, l’équation revêt la forme suivante :

1 – ((valeur du pays – valeur minimale) / (valeur maximale – valeur minimale))

Pour les dimensions définies à partir de plusieurs indicateurs, le score de la dimension correspond à la moyenne arithmétique des scores de chaque indicateur.

L’indice est relatif puisque la valeur qu’il prend pour un pays donné dépend des valeurs minimales et maximales obtenues parmi les pays comparés. L’indice ne peut être calculé pour un pays pris séparément et varie en fonction des pays comparés.

Dimension démographique

Une population démographiquement en santé  est celle qui réussit à combiner une augmentation de la durée de vie des aînés à une forte croissance des jeunes.  Ainsi, les populations ayant une proportion élevée de jeunes bénéficient pour les décennies à venir, d’une main-d’œuvre abondante qui pourra s’adapter aux changements rapides du marché du travail et subvenir aux besoins des personnes les plus âgées. De plus, une population «jeune» est moins touchée par le fardeau économique et épidémiologique des maladies chroniques. L’indicateur retenu pour définir la dimension démographique est la proportion de la population âgée de moins de 20 ans.

indice sante durable demo

Score du Québec = (20,899 – 17,364) / (28,092 – 17,364) = 0,329.

Dimension socioéconomique

Les conditions socioéconomiques constituent des déterminants importants de l’état de santé tant à l’échelle individuelle que populationnelle. Trois indicateurs ont été sélectionnés pour définir les conditions socioéconomiques des populations : la proportion de personnes âgées de 25 à 64 ans ayant un grade universitaire, le taux d’emploi de la population de 15 ans et plus et le produit intérieur brut par habitant. Une scolarité élevée améliore l’accès à des emplois bien rémunérés et à un milieu de travail enrichissant professionnellement.  Elle fournit également les outils permettant de mieux prendre en main sa santé par la connaissance des comportements préventifs appropriés.

Le taux d’emploi reflète à la fois la vitalité du marché de l’emploi et l’importance relative de la population en âge de travailler. Enfin, le produit intérieur brut par habitant illustre la richesse globale d’une population ainsi que la vigueur de son économie. Une société économiquement forte peut s’offrir une gamme plus large de services sociaux et de santé.

indice sante durable econo

Score du Québec = (((26,5 – 14,4) / (40,2 – 14,4)) + ((59,8 – 42,9) / (65,6 – 42,9)) + ((36216 – 32 765) / (67169 – 32765))) / 3

= (0,469 + 0,744 + 0,100) / 3 = 0,438.

Dimension habitudes de vie

La pratique de bonnes habitudes de vie joue un rôle prépondérant sur la santé des individus.  Deux indicateurs relatifs à des habitudes de vie néfastes à la santé ont été sélectionnés : la proportion de fumeurs quotidiens et la proportion de personnes obèses. Le tabagisme est attribuable à plus de 40 % des décès prématurés dans les pays industrialisés. De son côté, l’obésité constitue un fléau qui ne cesse d’augmenter depuis plusieurs décennies. L’obésité constitue à la fois un problème de santé et un facteur de risque de nombreuses maladies chroniques.

indice sante durable habitudes vie

Score du Québec = ((1 – ((15,2 – 10,7) / (24,1 – 10,7))) + (1 – ((18,2 – 2,7) / (28,7 – 2,7)))) / 2

=  (0,664 + 0,404) / 2 = 0,534.

Dimension environnement physique

L’impact de l’environnement physique sur la santé des populations est de plus en plus documenté et interpelle les acteurs politiques tant à l’échelle locale que mondiale. Les deux indicateurs qui ont été choisis sont : les émissions de gaz à effet de serre (GES) par habitant et les émissions cumulées des oxydes de soufre, des oxydes d’azote, des composés organiques volatils et de monoxyde de carbone par habitant.

Les deux indicateurs portent sur les émissions atmosphériques par habitant plutôt que sur la qualité de l’air. L’accent est mis ici sur la performance des états face à la lutte aux changements climatiques et à la pollution. Un pays ayant une faible densité de population peut ainsi obtenir un score plus défavorable en termes de production de GES et de polluants  par habitant qu’un autres pays plus populeux présentant des quantités d’émissions plus élevées.

indice sante durable env phys

Score du Québec = ((1 – ((9,69 – 6,05) / (23,97 – 6,05))) + (1 – ((300,00 – 48,15) / (354,56 – 48,15)))) / 2

=  (0,797 + 0,178) / 2 = 0,488.

Dimension environnement psychosocial

L’environnement psychosocial tel que l’école, le travail, la famille, les loisirs ou la sécurité joue un rôle important sur la santé sociale et mentale d’une population. En l’absence de données comparables sur l’environnement psychosocial, nous avons retenu deux indicateurs relatifs aux conséquences des environnements  psychosociaux défavorables : le taux de suicide et le taux d’homicide. Le premier se réfère à la santé mentale des individus ainsi qu’au sentiment d’appartenance à la communauté alors que le deuxième constitue une mesure de la violence et de la sécurité.

indice sante durable env psychosocial

Score du Québec = ((1 – ((13,3 – 6,2) / (20,9 – 6,2))) + (1 – ((1,2 – 0,3) / (5,2 – 0,3)))) / 2

=  (0,518 + 0,807) / 2 = 0,662.

Dimension état de santé

L’espérance de vie en santé, qui tient compte à la fois des niveaux de mortalité et de morbidité d’une population, constitue un des indicateurs les plus complets pour mesurer l’état de santé d’une population. En l’absence d’une mesure comparable entre pays, nous avons retenu l’espérance de vie à la naissance. L’espérance de vie à la naissance reflète l’état de santé actuel de la population compte tenu des facteurs de risque auxquels ont été soumises au cours de leur vie les générations actuelles. Les indices ont été calculés séparément pour les hommes et pour les femmes afin de refléter les écarts selon le sexe qui peuvent varier beaucoup d’un pays à l’autre.

indice sante durable etat sante

Score du Québec = (((79,8 – 76,3) / (80,6 – 76,3)) + ((83,8 – 81,1) / (86,4 – 81,1))) / 2

= (0,814 + 0,509) / 3 = 0,662.

Calcul final de l’indice

Le calcul d’un indice global de santé se fait à partir des scores de chaque dimension composant l’indice en appliquant une pondération pour chacune de celle-ci. Cette démarche mène évidemment à des choix arbitraires car il est difficile de déterminer le rôle spécifique de chacune des dimensions sur la santé actuelle et future de la population.

Comme point de départ, on peut penser que la santé future d’une population découle à la base de l’état de santé actuel. Un poids plus important peut donc être attribué à la dimension état de santé par rapport aux autres dimensions. Cette dimension se voit donc allouer un poids de 30 %.

L’état actuel des connaissances scientifiques nous enseigne que les habitudes de vie et les déterminants socioéconomiques jouent un rôle prépondérant sur la santé des populations. Nous avons ainsi donné un poids de 20 % à chacune de ces dimensions.

En ce qui concerne l’environnement psychosocial, il est étroitement lié aux conditions socioéconomiques. C’est pourquoi nous attribuons seulement un poids de 10 % à cette dimension.

Enfin, à partir du 20 % restant, une solution simple et logique consiste à accorder un poids de 10 % aux dimensions démographie et environnement.

Le tableau suivant décrit les différents éléments pris en compte dans le calcul de l’indice de santé durable :

indice sante durable dimensions

Pour le calcul final, on obtient donc les scores suivants :

indice sante durable calcul final

 

ISD = 0,10*Démographie + 0,20*Socioéconomique + 0,20*Habitudes de vie + 0,10*Environnement physique + 0,10*Psychosocial + 0,30*État de santé.

Score du Québec = (10*0,359) + (20*0,509) + (20*0,534) + (10*0,488) + (10*0,662) +(30*0,662) = 54,995 %.

L’indice de santé durable a également été calculé pour une année antérieure, autour de 2004. On peut ainsi comparer dans le temps le classement de chacun des pays.

Résultats

Pour la période la plus récente, la Suisse se classe au premier rang des 20 états comparés en matière de santé durable. Suivent de près la Norvège et la Suède. Ces trois pays obtiennent des valeurs se situant entre 68 % et 73 %. Un pays qui obtiendrait la valeur la plus favorable pour chacun des 11 indicateurs composant l’indice se retrouverait avec un score de 100 alors que celui qui obtiendrait systématiquement  la valeur la plus défavorable afficherait un indice global de 0 %.

indice sante durable 2014 2004

Cinq pays se retrouvent avec des scores inférieurs à 50 %, la Finlande, la Belgique, l’Allemagne, l’Autriche, et les États-Unis. Ce dernier pays se démarque avec une valeur nettement plus faible que les autres.

Le Québec et le Canada obtiennent des valeurs similaires et se classent au milieu du classement.

Le classement favorable de la Suisse s’explique par des scores élevés pour les conditions socioéconomiques, l’environnement physique et l’état de santé. De son côté, la démographie, les conditions socioéconomiques et les habitudes de vie jouent en faveur de la Norvège. Enfin, la Suède se classe bien grâce à ses résultats relatifs aux habitudes de vie et à l’environnement physique. Enfin,

Les États-Unis se retrouvent à la queue avec des scores faibles pour l’environnement physique,  l’environnement psychosocial et surtout pour l’état de santé. L’Autriche se retrouve au bas du classement à cause de faibles notes pour les conditions socioéconomiques et les habitudes de vie et l’Allemagne à cause de sa démographie et de son état de santé. Enfin, la Belgique obtient un indice faible qui s’explique par ses scores peu élevés pour la dimension psychosociale et la santé.

Les résultats liés à l’environnement physique font baisser les indices du Canada et du Québec.

indice sante durable rangs 2014

En ce qui concerne la période précédente, les 3 mêmes pays trônent au sommet mais selon un ordre différent, la Norvège au premier rang, la Suède, au deuxième, et la Suisse, au troisième. Les 5 mêmes pays se retrouvent au bas du classement, mais là aussi selon un ordonnancement différent.

En 2004, le Canada fait mieux en se classant au 7e rang alors que le Québec se retrouve au 11e rang. Entre 2004 et 2014, le Canada a baissé de 5 rangs alors que le Québec a grimpé d’un rang. Avec la France, le Canada est le pays qui a descendu le plus au classement. Cette chute du Canada s’explique par une diminution de ses scores pour les dimensions démographie (vieillissement de la population) et les habitudes vie (hausse de l’obésité) et par le maintien d’un score défavorable pour l’environnement physique. Du côté du Québec, les baisses de 3 rangs pour les dimensions socioéconomiques et habitudes de vie ont été compensées par une hausse de 3 rangs pour l’état de santé.

Le pays qui a le plus augmenté au classement est le Royaume-Uni passant du 13e rang au 8e rang.

indice sante durable variation rang

Comparaison à d’autres indices

Enfin, il est possible de comparer le classement des pays selon l’indice de santé durable avec celui obtenu à partir d’autres indices : l’indice de développement humain, l’indice de qualité de vie et l’indice de bien-être.

Le tableau suivant décrit les dimensions et les indicateurs utilisés dans le calcul des différents indices.

indice sante durable dimensions indices compares

Cette comparaison ne prend pas en compte le Québec, pour lequel les données ne sont pas disponibles pour l’indice de développement humain et l’indice de qualité de vie. Pour l’indice de bien-être de l’OCDE, le Québec se classerait au 4e rang.

Le rang de chaque pays est déterminé en fonction des 19 pays considérés. D’un indice à l’autre la position des pays varie énormément. Pour la moitié des pays, la position au classement peut fluctuer de 10 rangs ou plus selon l’indice considéré. À l’inverse, pour 5 pays, la Belgique, le Danemark, la France, la Norvège et la Nouvelle-Zélande, la position selon l’indice varie de moins de 5 rangs.

indice sante durable rangs differents indices

Par rapport à l’indice de développement humain, l’indice de santé durable fait baisser de plus de 10 rangs au classement l’Allemagne et les États-Unis et fait augmenter de plus de 6 rangs le Japon, l’Italie, la Suède et l’Espagne. Quant au Canada, l’indice de santé durable le fait baisser de 3 rangs par rapport à l’indice de développement humain.

Comparativement à l’indice de qualité de vie, l’indice de santé durable fait dégringoler de plus de 10 rangs l’Autriche, l’Allemagne et la Finlande et fait propulser de plus de 7 rangs, l’Italie, le Royaume-Uni, le Japon, l’Australie et les Pays-Bas.

Par rapport à l’indice de santé et de bien-être de l’OCDE, l’indice de santé durable classe plus défavorablement de plus de 8 rangs la Finlande, l’Allemagne et le Canada et plus favorablement, de l’ordre de 10 rangs, l’Irlande, l’Italie, le Japon et la Suisse.

Enfin, l’indice de santé durable se démarque totale des trois autres indices en ce concerne le rang très bas de l’Allemagne, le rang médian de l’Italie et le rang élevé du Japon.

Il est à noter que l’indice de santé durable, est le seul, par rapport aux trois autres indices, qui prend en compte dans son calcul les dimensions démographie et habitudes de vie.

Conclusion

L’indice de santé durable permet de comparer, à partir d’une mesure synthèse, différentes populations en fonction de leur état de santé actuel et de leur capital santé pour les prochaines années. Les résultats obtenus montrent que le Québec et le Canada se situeraient au milieu du classement parmi les 20 pays sélectionnés membres de l’OCDE. Les trois pays se situant au haut du classement sont la Suisse, la Suède et la Norvège.  De 2004 à 2014, pour la plupart des pays, la position au classement a peu changé. Cependant, le Canada affiche la chute la plus importante avec une baisse de 5 rangs.

Par rapport à d’autres indices synthèses, l’indice de santé durable présente des écarts relativement importants en ce qui concerne le rang des différents pays. Ainsi, la position d’un pays varie, en moyenne, selon l’indice de santé durable, de 4 rangs par rapport à l’indice de développement humain,  de 5 rangs comparativement à l’indice de qualité de vie et de 6 rangs par rapport à l’indice de bien-être. L’indice de santé durable est le seul à inclure dans son calcul des indicateurs portant sur la démographie et les habitudes de vie.

Dans la construction de l’indice de santé durable, une dimension importante n’a pu être incluse, celle portant sur les services de santé et de bien-être, par manque de données comparables entre le Québec et les pays de l’OCDE.  Trois indicateurs, disponibles à l’échelle canadienne, pourraient être utilisés pour définir cette dimension : la proportion de la population ayant un médecin régulier, le taux d’hospitalisations pour des conditions propices aux soins ambulatoires et le taux de mortalité évitable pour des causes traitables. Ces trois indicateurs permettent de mesurer l’accessibilité à des soins appropriés en temps opportun. Il serait ainsi possible dans le calcul d’un indice de santé durable comparant les provinces canadiennes d’ajouter la dimension Services de santé afin d’obtenir une mesure plus complète. Ce sera l’objet d’un prochain article qui sera publié au début de 2016.

Notes

  1. En dollars américains, en parité du pouvoir d’achat.
  2. Le groupe d’âge de la population couverte varie d’un pays à l’autre. 12 ans et plus : Québec et Canada; 14 ans et plus : Australie; 15 ans et plus : Allemagne, Autriche, France, Belgique, Italie, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Espagne et Suisse; 15-64 ans: Finlande; 16 ans et plus : Danemark, Suède et Royaume-Uni; 16-74 ans : Norvège; 18 ans et plus : Irlande et États-Unis; 20 ans et plus : Japon. L’année couverte varie d’un pays à l’autre. 2014 : Danemark, Italie, Norvège et Nouvelle-Zélande; 2013-2014 : Canada et Québec: 2013 ; Allemagne, Australie, Belgique, États-Unis, Finlande, Japon, Pays-Bas et Suède ; 2012 : France, Royaume-Uni et Suisse; 2011 : Espagne; 2007 : Irlande; 2006 : Autriche.
  3. Le groupe d’âge de la population couverte varie d’un pays à l’autre. 15 ans et plus : Allemagne, Autriche, France, Pays-Bas; et Suisse; 15-64 ans : Finlande; 16 ans et plus : Danemark et Suède; 16-84 ans : Norvège;  18 ans et plus : Australie, Belgique, Canada, Espagne, Irlande, Italie et Québec; 20 ans et plus : États-Unis. L’année couverte varie d’un pays à l’autre : 2013-2014 : Canada et Québec; 2013 : Allemagne, Belgique, Danemark, États-Unis, Finlande, Italie, Japon, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède ; 2012 : France, Norvège et Suisse; 2011 : Espagne; 2007 : Australie et Irlande; 2006 : Autriche.  Pour le Japon, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni, les valeurs ont été estimées à partir du poids mesuré. Nous avons appliqué le rapport entre le poids déclaré et le poids mesuré obtenu pour les pays pour lesquels les deux mesures sont disponibles.
  4. Pour le calcul de l’indice de bien-être de l’OCDE, nous avons attribué un poids identique à chacune des dimensions.

Sources

Tableau 1 :

  • Statistique Canada (2015). Tableau CANSIM 051-0001 : Estimations de la population, selon le groupe d’âge et le sexe au 1er juillet, Canada, provinces et territoires, annuel.
  • OCDE (2015). OECD.Stat.Extracts http://stats.oecd.org/Index.aspx?lang=fr.

Tableau 2 :

  • Statistique Canada (2015). Tableau CANSIM 282-0002 : Enquête sur la population active (EPA), estimations selon le sexe et le groupe d’âge détaillé, annuel.
  • Statistique Canada (2015). Tableau CANSIM 282-0004 : Enquête sur la population active (EPA), estimations selon le niveau de scolarité atteint, le sexe et le groupe d’âge, annuel.
  • OCDE (2015). Regards sur l’éducation 2015. Les indicateurs de l’OCDE, Édition OCDE. http://dx.doi.org/10.178/eag-2015-fr.
  • Institut de la statistique (2015). Tableau 4.3. PIB aux prix du marché par habitant, 2004-2013. http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/economie/comparaisons-economiques/interprovinciales/chap4.pdf.OCDE (2015). OECD.Stat.Extracts http://stats.oecd.org/Index.aspx?lang=fr.
  • OCDE (2015). OECD.Stat.Extracts http://stats.oecd.org/Index.aspx?lang=fr.

Tableau 3 :

  • Statistique Canada (2015). Tableau CANSIM 105-0502 : Profil d’indicateurs de la santé, estimations pour une période de deux  ans , selon le groupe d’âge et le sexe, Canada, provinces, territoires, régions sociosanitaires.
  • OCDE (2015). OECD.StatExtracts http://stats.oecd.org/Index.aspx?lang=fr.

Tableau 4 :

  • Environnement Canada (2014). Données sur les émissions de gaz à effet de serre. En ligne : http://www.ec.gc.ca/indicateurs-indicators/default.asp?lang=fr&n=BFB1B398-1#ghg4.
  • Environnement Canada (2015). Recherche en ligne des données sur les émissions de polluants atmosphériques. http://www.ec.gc.ca/inrp-npri/donnees-data/ap/index.cfm?lang=Fr.
  • OCDE (2014). OECD.StatExtracts http://stats.oecd.org/Index.aspx?lang=fr.

Tableau 5 :

  • Institut de la statistique du Québec (2014). Décès et taux de mortalité selon la cause, le sexe et le groupe d’âge,  Québec, 2000-2011.
  • OCDE (2014). OECD StatExtracts http://stats.oecd.org/Index.aspx?lang=fr.

Tableau 6 :

  • Base de données sur la longévité canadienne. Département de démographie, Université de Montréal. En ligne : http://www.bdlc.umontreal.ca.
  • Institut de la statistique du Québec (2014). Espérance de vie à la naissance et à 65 ans selon le sexe, 1975-1977 à 2013. En ligne . http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/population-demographie/deces-mortalite/4p1.htm.
  • OCDE (2014). OECD.StatExtracts http://stats.oecd.org/Index.aspx?lang=fr.

Tableaux 11 et 12 :

  • UNITED NATIONS DEVELOPMENT PROGRAMME, Indice de développement humain. http://hdr.undp.org/fr/content/indice-de-d%C3%A9veloppement-humain-idh
  • OECD Regional Well Being. http://www.oecdregionalwellbeing.org/.
  • Nation Rankin. Quality of life index. https://nationranking.wordpress.com/2011/03/06/2011-qli/